Soigner le cancer 4/20 – Derrière l’image, il y a un patient réel qui passera sous une machine réelle

Frédéric, physicien médical

[…] Sur l’image, j’ai tous les paramètres de l’anatomie de la zone concernée et les limites de la tumeur. Elle représente, en quelque sorte, un patient virtuel que je transfère sur le système de planification de traitement TPS, Treatment Planning System. A partir de là, je vais mettre en place virtuellement le traitement, en essayant toutes sortes de combinaisons pour traiter le patient réel, qui passera sous la machine réelle.

Je délègue une partie de ce travail au dosimétriste qui est chargé d’apporter la bonne dose à la tumeur en épargnant au maximum les tissus sains : il détermine la trajectoire idéale des rayons et les bons paramètres dosimétriques et mécaniques de la machine. Il s’agit pour lui de faire en sorte que la couverture du rayonnement enveloppe bien la tumeur et épargne les organes qui sont autour. Certains organes ont, en effet, des tolérances limitées. Au final, il me revient de définir une irradiation des tissus sensibles qui ne dépasse pas les limites fixées par le radiothérapeute.[…] 

Je n’oublie jamais que, derrière mon écran, il y a des personnes. […] Quand j’ai découvert que je pouvais apporter quelque chose en alliant la médecine avec la physique, j’ai vraiment trouvé ma voie. En tant que pharmacien des rayons, même si je ne serre pas la main des patients parce que je ne les ai pas eus en consultation comme les radiothérapeutes, même si je ne les place pas sous la machine, je les connais, j’ai accès à leurs dossiers. Chaque image des organes qui vont être soumis aux rayonnements est clairement celle d’une personne singulière qui souffre et pour qui j’éprouve la même empathie que les autres personnels soignants. […] 

Frédéric, physicien médical

[…] Mon épouse me raconte à chaque fois comment elle est emprisonnée dans un masque lui-même agrafé sur une table en carbone. Ça lui comprime le visage. Les manipulateurs font toujours attention de ne pas trop forcer. Elle a ses manipulateurs préférés, qu’elle aime bien taquiner… 

Puis, il faut attendre que les repères se mettent en place par minuscules secousses. Ça bouge comme une monture qui prend ses marques avant de s’animer et de vous envelopper de bruits électroniques.  

Aujourd’hui, j’ai dû compulser plus longtemps les revues de la salle d’attente parce que le Clinac s’est arrêté inopinément. C’était la panne en plein milieu du traitement. Le physicien est venu, tout le monde s’est affairé autour de la machine. Épinglée sur sa table, mon épouse a patienté de longues minutes sous son masque, au milieu de l’agitation. Les manipulateurs l’ont bien réconfortée, mais ce n’était pas une bonne journée…

Pierre, accompagnant

Retour vers soigner le cancer 3/20 : Manon, manipulatrice en radiothérapie

À suivre … soigner le cancer 5/20 : Benoît, diététicien

Soigner le cancer, avant-propos par Pierre Madiot, présentation du livre à paraître aux Éditions de l’Atelier

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