Vacances

Un mot du travail, vu de la salle des profs, du bureau et même… en poésie

Le mois de mai, avec ses week-end à rallonge, c’était le début de la débandade…
Dans la salle des profs, une étrange hâte semblait pousser les collègues à explorer plus distraitement leur casier, à slalomer entre deux conseils de classe, deux paquets de copies à corriger, et le parking où les attendait leur voiture. Depuis un moment déjà, les élèves n’y croyaient plus… Les jeux étaient faits. Le soleil les invitait à l’insouciance et à l’impertinence.
Puis arrivait juin. Les derniers résultats étaient inscrits sur les bulletins scolaires, les orientations étaient bouclées. Pour peu que l’établissement fût centre d’examen, les élèves savaient qu’ils seraient libérés prématurément. En dépit des révisions et d’une vague angoisse d’avant les épreuves du bac ou du brevet des collèges, c’était la grande glissade vers la fin du mois.


On le savait tous. Ce n’était pas la peine de s’entêter à faire cours comme si de rien n’était. Il fallait pourtant tenir vaille que vaille… On aurait mieux fait de casser l’emploi du temps, organiser des activités, entreprendre des projets collectifs, inventer, créer. 
Trop compliqué, le prof ne sachant pas penser collectivement et l’établissement étant engoncé dans une organisation immuable, chacun s’enfermait dans sa classe pour maintenir un simulacre d’activité académique. Même les concertations de l’équipe pédagogique censées préparer la prochaine rentrée étaient vécues comme de pénibles pensums.
Il fallait tourner la page.
Enfin, les premiers jours de juillet sonnaient la fuite générale. 
La grande vacance… Jamais ce mot – au singulier comme au pluriel – ne m’a semblé mieux mériter son nom. 

Le temps des vacances, le travail se met en repos.
Le temps s’écoule sans réunions, sans CODIR, sans COPIL et sans collègues.
Vient le temps de lire, le temps des amis ou de la famille au grand complet, le temps d’autre chose.
Bonnes vacances se dit on avant de partir. Certains choisissent juillet d’autres le mois d’aout, ce qui leur vaut les surnoms de juilletistes et aoutiens. Leur temps des vacances est il à ce point différent ?
Le travail, ils y penseront quelques jours avant de rentrer. A moins qu’ils ne le quittent pas vraiment. Les réunions en visio sont toujours possibles et si le chef appelle, il est difficile de ne pas répondre. Et même parfois ce sont eux qui appelleront le bureau ou l’usine pour savoir si tout va bien. Pendant le temps des vacances, ils deviennent invisibles au travail, aussi la tentation de ne pas se faire oublier peut parfois les surprendre.  Ils oseront peut être un petit mail l’air de rien. Ou encore plus simple, ils s’accorderont une réponse à un mail  facile qui passait par là. La rentrée approche. Bien bronzé et reposé, il faut songer aux dossiers laissés sur le coin du bureau et se voir partir le matin pour recommencer.

Voir et admirer les oiseaux virevolte après une longue journée de travail V V V V V
Aimer me lever tôt, guetter l’écureuil ; me coucher tard ; aller au cinémA
Contempler la mer, assise sur le sable, accepter que mon sandwich crisse, pic-niC
Attendre que la huppe fasciée, telle une star, passe devant ma camérA
Ne rien faire, ou bien écrire ; ne rien faire, ou bien jardiner ; ne rien faire, mais le faire bieN
Continuer à bricoler et laisser s’accumuler, pour le plaisir des yeux, tout mon bric-à-braC
Établir un itinéraire avec mon aimé, découvrir une culture, une langue, partir en EspagnE
Sentir le vent souffler sur mon visage ; loin du fracas de l’usine, écouter les silenceS

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