L’hôpital ne souffre-t-il pas du travail confisqué ?

Publié en partenariat avec la plateforme Travailler au Futur : mettre le travail en débat à partir de récits

Contribution d’Olivier Frachon

Publiée par TaF en décembre 2021

Les luttes des soignants ont débuté avant la crise sanitaire, leurs mobilisations importantes, multiples ont revêtu plusieurs formes. De la grève des urgences à celle du codage des actes, des mobilisations et manifestations aux démissions administratives de chef-fe-s de services, les personnels de santé se sont mobilisés à de nombreuses reprises pour obtenir des moyens pour l’hôpital public, pour la reconnaissance de leur travail, et pour en finir avec le nouveau management public et ses conséquences sur la santé publique.

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« Je n’arrivais pas à faire miens les intérêts de l’entreprise » : génération démission !

Une émission à écouter en replay sur France Culture

Jérémy était analyste financier dans une grande banque, Mathilde était responsable du « verdissement » de la flotte de véhicules du Programme Alimentaire Mondial de l’ONU, Romain était consultant en énergie. Ils ont moins de trente ans, ils racontent leur travail et leur démission. C’était le 7 décembre 2021 dans  » les pieds sur terre », l’émission qui donne la parole sans blabla. Et sans illusion non plus : c’est plus facile quand on était sur une trajectoire d’élite, bardé de diplômes prestigieux.

La fabrication du récit : un moment où le narrateur prend la main sur son travail 

Publié en partenariat avec la plateforme Travailler au Futur : mettre le travail en débat à partir de récits

Contribution de Christine Depigny-Huet

Publiée par TaF en novembre 2021

Elle me le déclare d’emblée, elle est très honorée mais surprise que l’on vienne l’interviewer pour le livre en préparation sur le travail des soignants dans sa clinique d’oncologie. Elle, agent de service hospitalier, ne fait que passer la serpillère et servir les plateaux repas. Mais elle veut bien m’expliquer comment elle procède. Comment elle entre dans la chambre du patient, toujours en frappant. Mais différemment selon la personne qu’elle sait trouver derrière la porte. Selon les cas, son « toc-toc » pourra être tonitruant ou discret. 

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Mettre en mot des histoires de travail

Publié en partenariat avec la plateforme Travailler au Futur : mettre le travail en débat à partir de nos récits

Contribution de Christine Depigny-Huet et Pierre Madiot

Publiée par TaF en octobre 2021

Un bâtiment hospitalier ne soigne pas par lui-même. Une salle de classe n’enseigne pas. Les salades ne poussent pas toutes seules. De même, un train n’avance, un produit ne se fabrique ni ne se vend, un colis ne se livre … qu’avec du travail humain, vivant. Pour apporter le point de vue du travail, exprimé par ceux qui le font, dans les débats qui agitent notre société : santé, alimentation, enseignement, transport, énergie … nous avons créé l’association  La Compagnie Pourquoi se lever le matin ! qui se propose de recueillir et de mettre en forme les récits que chacun peut faire de son propre travail.

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L’enfant qui nous arrive

Sandrine, pédopsychiatre de secteur

Parole de juillet 2020, recueillie par Julien, mise en texte par Christine et Pierre, relue et revue par Sandrine en décembre 2021

Photo Philippe Bizouarn

Pour inaugurer un suivi au CMP, il faut que les parents appellent. Ce qui se joue ainsi en amont de la consultation, qui va se dire par téléphone à ce moment-là, est très important. Ça commence avec l’acuité de la secrétaire qui va sentir si ça se complexifie ou pas dès ce contact, et ouvrir les modalités d’accueil. Vaut-il mieux que le consultant soit médecin ou psychologue ? Est-ce mieux de recevoir l’enfant seul ? Avec ses parents ? Ses parents seuls ? Ces questions viennent pointer le « comment » on rencontre la problématique de l’enfant. Ensuite, on va recevoir l’enfant six, sept ou huit fois, pour se faire une idée clinique du tableau initial. On essaie de cibler ce qui sera le plus parlant. Faut-il plutôt favoriser ce qui se passe dans le dialogue singulier de cet enfant à ses parents ? L’enfant aurait-t-il besoin de parler à distance de ses parents, en privilégiant un espace de parole en individuel de type psychothérapique ?

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Autant que du pouvoir d’achat, les salarié.es veulent du pouvoir d’agir sur leur travail

Une tribune de Thomas Coutrot parue sur le blog convivialiste du Club de Médiapart

C’est la grande démission ! Soignant.es, aides à domicile, employé.es des restaurants ou ouvrier.es du nettoyage et du bâtiment, et même enseignant.es, fuient en masse un travail insoutenable.

Le Grenelle de la santé, malgré une hausse tangible des salaires, n’a en rien enrayé l’exode qui menace d’effondrement l’hôpital public : en pleine pandémie, des milliers de lits ferment, faute non plus de crédits mais de personnel.

Les magistrat.es ne veulent plus d’une justice en lambeaux.

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L’urgence c’est de vivre

En pod-cast sur « Vivre FM »

Le 22 novembre dernier, Pierre Madiot était l’invité du « Entre nous » de Vivre FM, radio associative qui émet depuis 2004. Un podcast à écouter et télécharger sur le site de la radio.

La radio Vivre FM est gérée par l’Association nationale pour la prévention des handicaps et pour l’information (ANPHI). Son équipe est composée de journalistes, animateurs et techniciens/réalisateurs valides et en situation de handicap.

« La crise du COVID n’était qu’un symptôme des maux de notre société »

Margot, Médecin anesthésiste-réanimatrice

Parole du 28 septembre 2021, mise en texte avec François

Quand j’ai eu à choisir mon orientation après mes études secondaires, j’avais le ferme désir de m’engager dans un métier qui aurait du sens, qui serait tourné vers les autres, avec une vision un peu stéréotypée. J’hésitais entre médecin et avocat. Cependant, après réflexion, à cet âge-là, je ne me voyais guère défendre des justiciables accusés de crimes odieux. En optant pour des études médicales, j’entrevoyais plutôt une spécialisation privilégiant une approche globale du soin de la personne. La psychiatrie répondait a priori à ce vœu mais j’ai été déçue, voire choquée, par les pratiques dont j’ai été témoin lors de ma formation. Quant à choisir la spécialisation « Médecine générale », je n’étais pas à l’aise avec l’apprentissage que j’en avais eu dans notre approche occidentale très technicienne, trop superficielle à mon goût, s’intéressant à l’aigu et à l’organe, peu à a personne.

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Soigner

Manifeste pour une reconquête de l’hôpital public et du soin

Ouvrage collectif – Les Furtifs

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C&F éditions 2021 – collection Interventions
15 € – 126 p.

La pandémie du covid a démontré l’urgence de faire vivre et développer le service public de santé et les pratiques du soin. Une telle reconquête demande une vaste réflexion collective incluant l’ensemble de la popula- tion, partant des besoins et du travail vivant.

«La santé, les services publics de santé, le prendre soin, avec l’épidémie, n’ont jamais été autant au cœur de nos vies. Aussi voulons-nous les remettre au cœur de la cité. Nous voulons en faire l’affaire de tous, une res publica. »

Cet ouvrage regroupe un manifeste collectif, un glossaire critique et des témoignages sur le travail du soin à l’hôpital et hors de ses murs. Il exprime un refus de voir périr l’hôpital public sous nos yeux, de voir se déliter le soin sous la pression de spécialistes financiers, d’experts en management et de cabinets de conseil, enfermés dans un langage qui nous échappe.

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Télétravail : je t’aime moi non plus

L’enquête nationale 2021 de l’UGICT CGT sur le télétravail confirme les tendance de l’édition 2020 et apporte de nouveaux éclairage

La comparaison entre les résultats 2020 et 2021 démontre que le télétravail en mode dégradé du premier confinement reste la norme … le temps et la charge de travail ont augmenté pour près de la moitié des répondants … pourtant … le télétravail est plébiscité comme vecteur de temps libéré et d’autonomie au travail. Il s’accompagne d’une redéfinition des priorités et d’une quête de sens sur le contenu et la finalité du travail. La quasi-totalité des répondant.e.s (15 000) souhaite ainsi continuer à télétravailler mais pas à temps plein

Voir dans le dossier de presse du 6 septembre 2021 l’ensemble des résultats, notamment les conséquences sur la santé (alerte rouge !), sur le fonctionnement des collectifs, sur le travail des managers …

« L’urgence c’est de vivre », notes de lecture d’Olivia Gross

Publiées dans la revue Éducation et socialisation – Les cahiers du CERFEE

Extrait :  » … Ce que nous apprennent ces entretiens, c’est que ces doutes ne semblent pas être partagés par ces professionnels. Le sens à leur travail, ils le trouvent évidemment dans les succès – et il y en a – mais aussi dans les petits riens du quotidien, dans le fait d’avoir facilité le parcours d’un malade, d’avoir pu l’aider un tant soit peu, de l’avoir déchargé des tracas, en particulier administratifs, ou d’avoir contribué à ce qu’un malade oublie pour quelques instants où il est (p. 66), retrouve des sensations oubliées (p. 96), oublie jusqu’à sa maladie (p. 96), ou au contraire l’accepte (p. 98). Finalement, changer l’état d’esprit des patients guide bien souvent le sens de l’action. Ils ont aussi tous rappelé à leur manière que « la médecine, c’est fait pour soigner, pas pour guérir à tout prix » (p. 149) … Mais une part importante de la satisfaction au travail est aussi étroitement liée au sentiment d’appartenance à une équipe … »

L’intégralité est disponible sur le site d’OpenEdition

Un centre de santé pas comme les autres : film documentaire

La vie au « château en santé » à Marseille

En décembre 2020, la Compagnie Pourquoi se lever le matin publiait, dans le cadre de son travail avec les Ateliers pour la refondation du service public hospitalier, le récit de travail d’Élisa « Nous étions devenues des personnes en mission humanitaire dans un des pays les plus riches de la planète ».

Ce 12 octobre 2021 est mis en ligne, ici en replay, par France 3 PACA le documentaire réalisé par Olivier Bertrand au Château en Santé, avec Élisa et ses collègues. Il a choisi le temps long pour raconter la vie au Château, le quotidien avec les patients, les consultations, si différentes de celles des cabinets médicaux classiques, les échanges et les interrogations des soignants. « Au départ ils ne voulaient pas spécialement de ce film. Ils fuyaient la lumière, préféraient s’enraciner dans le quartier » écrit le réalisateur. « Et puis ils ont fini par accepter l’idée que ce projet de soin innovant, ce projet politique, mérite d’essaimer. Alors ils m’ont ouvert toutes les portes, du centre, de leurs réunions, des consultations lorsque les patient.e.s le souhaitaient. Cette confiance m’a permis de filmer en immersion, à leurs côtés, cette aventure et ces combats ». Ainsi se dessine une chronique joyeuse, politique, parfois aussi décourageante, dure, où chacun trouve sa place pour agir.

J’adore travailler en binôme, c’est la garantie de soins de qualité pour nos petits patients.

Michel, aide-soignant en pédiatrie

Parole du 2 juin 2021, mise en texte avec François

Le CHU Robert Debré

Après mon service militaire en 1992, je suis rentré à l’APHP en qualité d’agent hospitalier à l’hôpital Robert Debré. À l’époque, les hôpitaux recrutaient massivement. Titularisé au bout de six mois, j’ai travaillé dans pas mal de services. J’ai été brancardier puis vaguemestre puis affecté dans des labos. A l’époque, les horaires de travail étaient clairement affichés et cela me permettait de pratiquer le rugby et d’enseigner la boxe dans un club. Mais, assez vite je me suis décidé à passer à autre chose.

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Ethnologie du bureau, un voyage du pupitre du copiste au télétravail

Note de lecture proposée par François

Ethnographie du bureau, Pascal Dibie, Paris, Editions Métaillé, 312 p., 21,50 €

Dans notre imaginaire, les ethnologues sont dédiés à l’observation et à l’analyse de peuples lointains souvent perçus comme en danger sous les coups de nos sociétés post-industrielles. Il existe pourtant des exceptions. Ainsi Pascal Dibie a produit à vingt-cinq ans de distance deux ouvrages : Le village retrouvé, ethnologie de l’intérieur (1979) et Le village métamorphosé, révolution dans la France profonde (2006). Il y analyse les transformations vécues par les habitants de Chichery, un modeste village de l’Yonne, espace emblématique des ruptures technologiques et sociales qui marquent l’espace rural français.

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Attention danger télétravail ?

Une série de 4 podcasts, réalisés par Amandine Mathivet, à écouter sur la plateforme de TaF

le podcast d’Amandine Mathivet

Au fil de quatre podcast, Amandine Mathivet questionne successivement des inspecteurs du travail, des médecins du travail, des syndicalistes et des sociologues sur les effets d’un travail à distances imposé brutalement, et massivement, un an et demi après le début de la crise sanitaire. C’est ici, sur la plateforme de Travailler au Futur, le podcast « au turbin »

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Un dimanche “ordinaire” aux urgences

Mélanie, infirmière aux urgences

Parole du 31 mai 2021, mise en texte avec Christine

« 93 entrées en 12 heures, une toutes les 8 minutes »

Ici, nous tournons sur les quatre postes : l’accueil avec le tri, les soins, les urgences vitales et le SMUR. Hier c’était dimanche, et j’étais affectée aux soins. Quand je suis arrivée à 7 heures, il restait seize patients de la nuit, dont cinq devaient sortir dans la matinée. J’ai commencé à faire le tour, repérer les patients visuellement, prendre leurs constantes, parler avec ceux qui ne dormaient pas … quand le premier camion pompier est arrivé. Il était 7h55 et ensuite ça n’a jamais désempli : 93 entrées en douze heures, une toutes les huit minutes ! Les pompiers et les ambulances arrivaient par flots de deux, trois, quatre, et même cinq équipages. Sans compter les personnes venues par leurs propres moyens – les piétons – qui attendait d’être vues par l’infirmier de tri.

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L’hôpital coule, coule doucement

Charlie, Secrétaire médicale dans un hôpital pour enfants

Parole du 28 mai 2021, mise en texte par François

Être secrétaire médicale dans un hôpital intégralement dédié aux enfants implique d’accueillir non seulement nos petits patients mais aussi leurs parents. Bien souvent ceux-ci sont angoissés et il faut donc d’abord se montrer calme et rassurante. 

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La santé a un coût mais pas de prix !

Fabrice, chef de service au CHU de La Timone

Parole du 7 mai 2021, mise en texte avec Olivier

Être utile au quotidien et travailler en équipe !

Je considère que l’hôpital public a pris une autre direction que celle qu’il avait quand je m’y suis engagé, celle d’un système de santé qui se voudrait rentable alors que par définition il ne peut l’être. Cela m’inquiète, bien qu’étant dans un secteur privilégié par rapport à d’autres secteurs hospitaliers car en réanimation le nombre d’infirmières est normé. Mais cela est un inconvénient puisque lorsque l’on manque de personnel, on ferme des lits, et on réduit l’offre de soins comme c’est le cas actuellement. Plusieurs fois par semaine nous annulons et reportons des interventions comme aujourd’hui. Cela crée des tensions avec les chirurgiens, avec les familles et rend les conditions de travail très difficiles.

Je suis à la tête d’un département d’anesthésie/réanimation pédiatrique, une grosse structure assez rare en France.

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Le combat pédagogique sur les valeurs est aussi important que les actions au coup par coup

Hélène – Comité de Défense de l’hôpital de Concarneau, membre du bureau de la Coordination Nationale 

Parole du 9 juin 2021 mise en texte avec Roxane. 

Depuis 2 ans je fais partie de la Commission des usagers de l’hôpital Quimper Concarneau. C’est une des instances considérées par le ministère de la Santé comme organisant la démocratie sanitaire en France.  La Commission des usagers travaille sur les réclamations courrier ou téléphoniques déposées à l’hôpital par les patients ou leur famille. Des réunions de conciliation peuvent être proposées entre le patient ou sa famille, un membre de la Direction, le médecin conciliateur et un représentant de l’usager.  Par exemple, une famille s’est plainte du manque d’empathie du service d’accueil en face du patient et de la famille en visite. Après étude des dossiers de l’année précédente, nous proposons des axes d’amélioration pour faire en sorte que les choses s’améliorent.

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L’enjeu d’aujourd’hui, ce ne sont pas seulement les fermetures de lits, c’est celui du droit à la santé

Rosine, militante au comité pour la défense de l’hôpital de Vire et à la coordination nationale pour la défense des hôpitaux et maternités de proximité

Parole du mardi 4 mai 2021, mise en texte avec Christine

J’en ai assez de la visioconférence. Même si je dois partir de chez moi à 6 heures et rentrer à 22 heures 30, je préfère largement aller à Paris, trois fois par an, pour les réunions du conseil d’administration et du bureau de la coordination. Ces réunions, ces échanges directs, me manquent. 

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« Aller là où l’on a besoin de nous ! »

Julie, Infirmière – Service des urgences pédiatriques, APHP

Parole recueillie le 7 mai 2021, mise en texte par François

Je suis infirmière aux Urgences pédiatriques depuis quatre ans. C’est mon premier poste. Nous avons encore la chance de pouvoir choisir notre affectation. Très tôt, durant ma formation, j’ai su que j’avais envie de travailler dans ce type de service, j’ai senti que cela pourrait me plaire, d’être auprès de petits et de leurs familles. Les parents ne viennent pas aux urgences par plaisir. Certains affirment que beaucoup de familles ne devraient pas y venir, qu’ils sont là “pour rien”. Moi, je ne suis pas d’accord avec cela, même s’il est vrai que certaines personnes en abusent. Nous accueillons surtout des parents perdus, angoissés, avec une réelle inquiétude, fondée ou non c’est un autre débat, et nous devons prendre en compte cette inquiétude.

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Il y a un moment où l’on se dit que la coupe est pleine

Anne-Claire, ex-infirmière aux urgences de Bicêtre

Parole de juin 2021, mise en texte avec Pierre

Le 18 novembre 2019, sous les objectifs des journalistes, les officiels débarquaient aux urgences de l’hôpital Bicêtre. Il y avait là le directeur de l’ARS Ile-de-France, celui de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris et quelques autres personnalités venues assister à la signature du premier « Contrat zéro brancard ». Tous se sont chaleureusement congratulés autour du champagne et des petits fours, se réjouissant d’inaugurer le premier dispositif destiné à désengorger les urgences et éviter que les patients y passent jusqu’à 70 heures dans les couloirs. Ce que ces responsables ont oublié, c’est que le projet qu’ils venaient inaugurer en grande pompe avait été pensé et écrit par les infirmiers et aides-soignants depuis 2015, qu’il avait été validé par les médecins en 2016 et que, depuis cette date, il était resté bloqué à l’ARS. Il avait fallu la grève des urgences de 2019 pour voir les décideurs sortir le projet de l’oubli en espérant calmer le mécontentement des soignants qui refusaient de tolérer que des patients meurent oubliés sur des brancards. 

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Il suffit d’un grain de sable et le planning déraille

Emma, secrétaire hospitalière

Parole du 7 mai 2021, recueillie et écrite avec Roxane

En tant que secrétaire hospitalière, j’organise les prises en charge des hospitalisations pour des examens pédiatriques. Pour le plus grand nombre des enfants, je travaille dans le cadre de leur première consultation avec les médecins du service. Nous nous déplaçons aussi dans les autres services pour effectuer des enregistrements du sommeil, chez des tout-petits qui sont déjà hospitalisés. Ceci implique une gestion du planning très rigoureuse.

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