Télétravail : je t’aime moi non plus

L’enquête nationale 2021 de l’UGICT CGT sur le télétravail confirme les tendance de l’édition 2020 et apporte de nouveaux éclairage

La comparaison entre les résultats 2020 et 2021 démontre que le télétravail en mode dégradé du premier confinement reste la norme … le temps et la charge de travail ont augmenté pour près de la moitié des répondants … pourtant … le télétravail est plébiscité comme vecteur de temps libéré et d’autonomie au travail. Il s’accompagne d’une redéfinition des priorités et d’une quête de sens sur le contenu et la finalité du travail. La quasi-totalité des répondant.e.s (15 000) souhaite ainsi continuer à télétravailler mais pas à temps plein

Voir dans le dossier de presse du 6 septembre 2021 l’ensemble des résultats, notamment les conséquences sur la santé (alerte rouge !), sur le fonctionnement des collectifs, sur le travail des managers …

« L’urgence c’est de vivre », notes de lecture d’Olivia Gross

Publiées dans la revue Éducation et socialisation – Les cahiers du CERFEE

Extrait :  » … Ce que nous apprennent ces entretiens, c’est que ces doutes ne semblent pas être partagés par ces professionnels. Le sens à leur travail, ils le trouvent évidemment dans les succès – et il y en a – mais aussi dans les petits riens du quotidien, dans le fait d’avoir facilité le parcours d’un malade, d’avoir pu l’aider un tant soit peu, de l’avoir déchargé des tracas, en particulier administratifs, ou d’avoir contribué à ce qu’un malade oublie pour quelques instants où il est (p. 66), retrouve des sensations oubliées (p. 96), oublie jusqu’à sa maladie (p. 96), ou au contraire l’accepte (p. 98). Finalement, changer l’état d’esprit des patients guide bien souvent le sens de l’action. Ils ont aussi tous rappelé à leur manière que « la médecine, c’est fait pour soigner, pas pour guérir à tout prix » (p. 149) … Mais une part importante de la satisfaction au travail est aussi étroitement liée au sentiment d’appartenance à une équipe … »

L’intégralité est disponible sur le site d’OpenEdition

Un centre de santé pas comme les autres : film documentaire

La vie au « château en santé » à Marseille

En décembre 2020, la Compagnie Pourquoi se lever le matin publiait, dans le cadre de son travail avec les Ateliers pour la refondation du service public hospitalier, le récit de travail d’Élisa « Nous étions devenues des personnes en mission humanitaire dans un des pays les plus riches de la planète ».

Ce 12 octobre 2021 est mis en ligne, ici en replay, par France 3 PACA le documentaire réalisé par Olivier Bertrand au Château en Santé, avec Élisa et ses collègues. Il a choisi le temps long pour raconter la vie au Château, le quotidien avec les patients, les consultations, si différentes de celles des cabinets médicaux classiques, les échanges et les interrogations des soignants. « Au départ ils ne voulaient pas spécialement de ce film. Ils fuyaient la lumière, préféraient s’enraciner dans le quartier » écrit le réalisateur. « Et puis ils ont fini par accepter l’idée que ce projet de soin innovant, ce projet politique, mérite d’essaimer. Alors ils m’ont ouvert toutes les portes, du centre, de leurs réunions, des consultations lorsque les patient.e.s le souhaitaient. Cette confiance m’a permis de filmer en immersion, à leurs côtés, cette aventure et ces combats ». Ainsi se dessine une chronique joyeuse, politique, parfois aussi décourageante, dure, où chacun trouve sa place pour agir.

J’adore travailler en binôme, c’est la garantie de soins de qualité pour nos petits patients.

Michel, aide-soignant en pédiatrie

Parole du 2 juin 2021, mise en texte avec François

Le CHU Robert Debré

Après mon service militaire en 1992, je suis rentré à l’APHP en qualité d’agent hospitalier à l’hôpital Robert Debré. À l’époque, les hôpitaux recrutaient massivement. Titularisé au bout de six mois, j’ai travaillé dans pas mal de services. J’ai été brancardier puis vaguemestre puis affecté dans des labos. A l’époque, les horaires de travail étaient clairement affichés et cela me permettait de pratiquer le rugby et d’enseigner la boxe dans un club. Mais, assez vite je me suis décidé à passer à autre chose.

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Ethnologie du bureau, un voyage du pupitre du copiste au télétravail

Note de lecture proposée par François

Ethnographie du bureau, Pascal Dibie, Paris, Editions Métaillé, 312 p., 21,50 €

Dans notre imaginaire, les ethnologues sont dédiés à l’observation et à l’analyse de peuples lointains souvent perçus comme en danger sous les coups de nos sociétés post-industrielles. Il existe pourtant des exceptions. Ainsi Pascal Dibie a produit à vingt-cinq ans de distance deux ouvrages : Le village retrouvé, ethnologie de l’intérieur (1979) et Le village métamorphosé, révolution dans la France profonde (2006). Il y analyse les transformations vécues par les habitants de Chichery, un modeste village de l’Yonne, espace emblématique des ruptures technologiques et sociales qui marquent l’espace rural français.

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Attention danger télétravail ?

Une série de 4 podcasts, réalisés par Amandine Mathivet, à écouter sur la plateforme de TaF

le podcast d’Amandine Mathivet

Au fil de quatre podcast, Amandine Mathivet questionne successivement des inspecteurs du travail, des médecins du travail, des syndicalistes et des sociologues sur les effets d’un travail à distances imposé brutalement, et massivement, un an et demi après le début de la crise sanitaire. C’est ici, sur la plateforme de Travailler au Futur, le podcast « au turbin »

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Un dimanche “ordinaire” aux urgences

Mélanie, infirmière aux urgences

Parole du 31 mai 2021, mise en texte avec Christine

« 93 entrées en 12 heures, une toutes les 8 minutes »

Ici, nous tournons sur les quatre postes : l’accueil avec le tri, les soins, les urgences vitales et le SMUR. Hier c’était dimanche, et j’étais affectée aux soins. Quand je suis arrivée à 7 heures, il restait seize patients de la nuit, dont cinq devaient sortir dans la matinée. J’ai commencé à faire le tour, repérer les patients visuellement, prendre leurs constantes, parler avec ceux qui ne dormaient pas … quand le premier camion pompier est arrivé. Il était 7h55 et ensuite ça n’a jamais désempli : 93 entrées en douze heures, une toutes les huit minutes ! Les pompiers et les ambulances arrivaient par flots de deux, trois, quatre, et même cinq équipages. Sans compter les personnes venues par leurs propres moyens – les piétons – qui attendait d’être vues par l’infirmier de tri.

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L’hôpital coule, coule doucement

Charlie, Secrétaire médicale dans un hôpital pour enfants

Parole du 28 mai 2021, mise en texte par François

Être secrétaire médicale dans un hôpital intégralement dédié aux enfants implique d’accueillir non seulement nos petits patients mais aussi leurs parents. Bien souvent ceux-ci sont angoissés et il faut donc d’abord se montrer calme et rassurante. 

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La santé a un coût mais pas de prix !

Fabrice, chef de service au CHU de La Timone

Parole du 7 mai 2021, mise en texte avec Olivier

Être utile au quotidien et travailler en équipe !

Je considère que l’hôpital public a pris une autre direction que celle qu’il avait quand je m’y suis engagé, celle d’un système de santé qui se voudrait rentable alors que par définition il ne peut l’être. Cela m’inquiète, bien qu’étant dans un secteur privilégié par rapport à d’autres secteurs hospitaliers car en réanimation le nombre d’infirmières est normé. Mais cela est un inconvénient puisque lorsque l’on manque de personnel, on ferme des lits, et on réduit l’offre de soins comme c’est le cas actuellement. Plusieurs fois par semaine nous annulons et reportons des interventions comme aujourd’hui. Cela crée des tensions avec les chirurgiens, avec les familles et rend les conditions de travail très difficiles.

Je suis à la tête d’un département d’anesthésie/réanimation pédiatrique, une grosse structure assez rare en France.

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Le combat pédagogique sur les valeurs est aussi important que les actions au coup par coup

Hélène – Comité de Défense de l’hôpital de Concarneau, membre du bureau de la Coordination Nationale 

Parole du 9 juin 2021 mise en texte avec Roxane. 

Depuis 2 ans je fais partie de la Commission des usagers de l’hôpital Quimper Concarneau. C’est une des instances considérées par le ministère de la Santé comme organisant la démocratie sanitaire en France.  La Commission des usagers travaille sur les réclamations courrier ou téléphoniques déposées à l’hôpital par les patients ou leur famille. Des réunions de conciliation peuvent être proposées entre le patient ou sa famille, un membre de la Direction, le médecin conciliateur et un représentant de l’usager.  Par exemple, une famille s’est plainte du manque d’empathie du service d’accueil en face du patient et de la famille en visite. Après étude des dossiers de l’année précédente, nous proposons des axes d’amélioration pour faire en sorte que les choses s’améliorent.

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L’enjeu d’aujourd’hui, ce ne sont pas seulement les fermetures de lits, c’est celui du droit à la santé

Rosine, militante au comité pour la défense de l’hôpital de Vire et à la coordination nationale pour la défense des hôpitaux et maternités de proximité

Parole du mardi 4 mai 2021, mise en texte avec Christine

J’en ai assez de la visioconférence. Même si je dois partir de chez moi à 6 heures et rentrer à 22 heures 30, je préfère largement aller à Paris, trois fois par an, pour les réunions du conseil d’administration et du bureau de la coordination. Ces réunions, ces échanges directs, me manquent. 

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« Aller là où l’on a besoin de nous ! »

Julie, Infirmière – Service des urgences pédiatriques, APHP

Parole recueillie le 7 mai 2021, mise en texte par François

Je suis infirmière aux Urgences pédiatriques depuis quatre ans. C’est mon premier poste. Nous avons encore la chance de pouvoir choisir notre affectation. Très tôt, durant ma formation, j’ai su que j’avais envie de travailler dans ce type de service, j’ai senti que cela pourrait me plaire, d’être auprès de petits et de leurs familles. Les parents ne viennent pas aux urgences par plaisir. Certains affirment que beaucoup de familles ne devraient pas y venir, qu’ils sont là “pour rien”. Moi, je ne suis pas d’accord avec cela, même s’il est vrai que certaines personnes en abusent. Nous accueillons surtout des parents perdus, angoissés, avec une réelle inquiétude, fondée ou non c’est un autre débat, et nous devons prendre en compte cette inquiétude.

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Il y a un moment où l’on se dit que la coupe est pleine

Anne-Claire, ex-infirmière aux urgences de Bicêtre

Parole de juin 2021, mise en texte avec Pierre

Le 18 novembre 2019, sous les objectifs des journalistes, les officiels débarquaient aux urgences de l’hôpital Bicêtre. Il y avait là le directeur de l’ARS Ile-de-France, celui de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris et quelques autres personnalités venues assister à la signature du premier « Contrat zéro brancard ». Tous se sont chaleureusement congratulés autour du champagne et des petits fours, se réjouissant d’inaugurer le premier dispositif destiné à désengorger les urgences et éviter que les patients y passent jusqu’à 70 heures dans les couloirs. Ce que ces responsables ont oublié, c’est que le projet qu’ils venaient inaugurer en grande pompe avait été pensé et écrit par les infirmiers et aides-soignants depuis 2015, qu’il avait été validé par les médecins en 2016 et que, depuis cette date, il était resté bloqué à l’ARS. Il avait fallu la grève des urgences de 2019 pour voir les décideurs sortir le projet de l’oubli en espérant calmer le mécontentement des soignants qui refusaient de tolérer que des patients meurent oubliés sur des brancards. 

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Il suffit d’un grain de sable et le planning déraille

Emma, secrétaire hospitalière

Parole du 7 mai 2021, recueillie et écrite avec Roxane

En tant que secrétaire hospitalière, j’organise les prises en charge des hospitalisations pour des examens pédiatriques. Pour le plus grand nombre des enfants, je travaille dans le cadre de leur première consultation avec les médecins du service. Nous nous déplaçons aussi dans les autres services pour effectuer des enregistrements du sommeil, chez des tout-petits qui sont déjà hospitalisés. Ceci implique une gestion du planning très rigoureuse.

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La santé communautaire : un artisanat de terrain qui a fait ses preuves

Anne, sociologue

Parole d’avril 2021, collectée par Martine et mise en texte par Christine

La santé communautaire s’est expérimentée dans un contexte de « catastrophes sanitaires et sociales » pour les usagers de drogues. Ce sont les termes du diagnostic posé par le rapport Henrion en 1994, rapport officiel à l’origine de la réduction des risques pour les usagers de drogues. La menace du sida était redoublée par une exclusion des soins qui avait des conséquences meurtrières.

Je me souviens d’une affichette aux urgences de l’hôpital St Antoine qui annonçait : « les toxicomanes ne sont pas acceptés ici ». C’était dans les années 80, années où l’héroïne s’est diffusée de plus en plus largement. A cette époque, les toxicomanes étaient à priori exclus des services hospitaliers, ils étaient orientés vers des services spécialisés qui ne connaissaient qu’une réponse : la désintoxication. On n’imaginait pas pouvoir soigner les personnes tant qu’elles n’étaient pas désintoxiquées. Faute d’un premier diagnostic, une septicémie pouvait passer inaperçue, comme je l’ai constaté en 1990 lors de la mort d’une jeune femme à la porte de l’hôpital.

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Les usagers ont du mal à obtenir les informations de gestion

Yves, militant au Comité pour la défense de l’hôpital de Douarnenez

Parole du 6 mai 2021, mise en texte avec Christine

Je n’hésite pas à foncer quand il le faut. Par exemple, au début de la bagarre pour sauver le service de chirurgie, nous avions appris qu’il se tenait une réunion avec un responsable de l’ARS, l’Agence Régionale de Santé, et le directeur de l’hôpital de Douarnenez. Je suis arrivé devant la porte, je l’ai ouverte, et tout le monde est entré derrière moi. Nous étions une trentaine. Nous avons retenu le responsable de l’ARS pendant quelques heures. Je crois qu’il ne l’a pas trop mal pris, et que d’une certaine façon il a compris.

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“ Ma spécialité, c’est vraiment de prendre en charge à la fois l’enfant et sa famille”

Estelle, infirmière puéricultrice aux Urgences dans un hôpital de l’Est

Parole du 5 mai mise en texte avec Jacques

Il y a quelques mois j’étais dans la lutte face à ma direction pour évoquer les problèmes récurrents dans le service : problèmes de lits, problèmes de confort pour les patients, problèmes d’architecture non prévue pour prendre en charge certains patients. Depuis une semaine je suis un peu résignée au travail. Je vais faire ma journée et pas forcément prendre soin de moi. Je vais enchaîner mes soins, faire au mieux pour avoir l’impression de ne pas être une machine de guerre, c’est-à-dire passer d’un patient à l’autre.  En ce moment, j’en ai ras le bol. Je pense que je commence à être un peu fatiguée.

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“On sait qu’à l’ hôpital la famille participe à 50 % à la thérapie. Le patient est l’acteur principal, il y a autour de lui les acteurs du soin et … sa famille. “

Candice, aide-soignante en réanimation médicale.

Parole du 3 mai 2021, mise en texte avec Roxane.

Quand j’arrive à l’hôpital, dans le secteur réanimation, il est 7 h, je me suis levée à 5. Quand le conteneur à poubelles, à l’entrée du service, est plein à craquer, je me dis que les collègues ont charbonné toute la nuit. Dans les couloirs, il y a une odeur de caca, de pipi, mélangée à celles de la crème, du fer – parce que l’odeur du fer rappelle celle du sang –  de café chaud, de produits pharmaceutiques. Tout ça se confond à tous les parfums que chacun a sur soi en arrivant le matin pour travailler. 

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« Construire, en équipe et avec chaque patient en situation de précarité, le parcours de soins le plus adapté et durable »

Thibaud, médecin généraliste au sein d’une PASS – Permanence d’Accès aux Soins de Santé – à Marseille

Parole de mai 2021, discutée avec l’équipe de la PASS, mise en texte par François

Pour cinquante pourcent de mon temps, je suis médecin généraliste au sein de la Permanence d’Accès aux Soins de Santé « Adultes » de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille (AP-HM). Très prochainement, j’assurerai l’autre partie de mon temps de travail en qualité de médecin urgentiste au Centre Hospitalier du Pays d’Aix.

Les PASS sont des dispositifs créés par la loi du 29 juillet 1998 de lutte contre l’exclusion, qui vise à garantir sur l’ensemble du territoire national l’accès pour tous aux « droits fondamentaux, dans les domaines de l’emploi, du logement, de la justice, de l’éducation, de la formation et de la culture, de la protection de la famille et de l’enfance, et de la protection de la santé« . Les missions des PASS sont énoncées dans le Code de Santé Publique, et présentées par une circulaire de la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) de 2013 … 15 ans après la loi.

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« L’urgence c’est de vivre » : un livre dont le sommaire dit, bien mieux qu’un discours, qui sont les acteurs engagés dans la chaîne des soins en oncologie

Voir les métiers exercés par les personnes qui prennent la parole dans le livre

Table des matières

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« Continuer à soigner encore »

Les personnels et les usagers des CHU de Rennes et de Nice répondent, en chanson, aux promesses non tenues

Continuer à soigner, continuer à danser … ce n’est pas tout à fait la même chanson, mais c’est la même musique qui fait le tour de France, signée par HK & Les Saltimbanks. Et qui résonne, à l’oreille comme la musique de La main d’or : « travailler encore »

Un clip à regarder et partager. Voir aussi les histoires de travail de ceux qui font tourner le système envers et contre tout : des textes écrits avec des travailleurs du service public de santé. Textes réalisés par la Compagnie Pourquoi se lever le matin !, dans le cadre de sa participation aux Ateliers pour la refondation du service public hospitalier.

Soigner dans les quartiers Nord de Marseille

Anne, rhumatologue, ancienne coordinatrice d’un espace santé des quartiers Nord de Marseille

Parole d’avril 2021, mise en texte avec Pierre

Cette femme d’une soixantaine d’années, accompagnée de son mari, de sa fille et de son petit-fils de dix ans, était arrivée à notre Espace santé des quartiers Nord de Marseille avec un gros ulcère à la jambe. Le service vasculaire de l’hôpital Nord nous l’avait adressée, sachant que notre infirmière avait la formation requise pour faire les pansements complexes dont cette femme avait besoin. Elle venait d’Europe de l’Est, son mari Turc avait imposé le voile à sa fille de trente ans et, la famille vivant plus ou moins dans la rue, sans papiers, le petit-fils n’était pas scolarisé. Personne ne parlait le français.

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