… des mots à discuter, parce qu’ils nous travaillent
Savez-vous ce que sont un « atineur », ou un « lamineur » ? Dans nos récits, on lira des mots de métier, parfois mystérieux. L’usage d’un mot n’est jamais neutre. Au travail, il y a ceux qu’il faut utiliser pour se comprendre, ou parce qu’ils sont dans l’air du temps. Leurs utilisations, les représentations qui y sont associées, traduisent des manières de voir, ou ne pas voir, le travail. Certains structurent la vie au travail, comme ceux qui désignent l’usine, le service ou l’uniforme. D’autres sont très chargés, comme les mots d’un métier ou ceux de la machine de gestion. Il y a les mots de la complicité professionnelle et ceux de la violence organisationnelle. Il y a les mots que l’on choisit, ceux que l’on évite et il y a ceux que l’on énonce sans même y penser. Certains ont disparu, d’autres se sont imposés, voire ont été dévoyés au fil des modes managériales, c’est la novlangue. Ils se terminent souvent en « ing » comme « reporting », ou en « ence » comme « efficience ». Il est des mots qui fâchent comme « indicateur », qui infantilisent comme « comportement », voire qui stigmatisent comme « déviance ». Les travailleurs (un mot en voie de disparition) y opposent une forme de résistance quand ils s’accrochent à leur langue de métier.
Au sein de la Cie Pourquoi se lever le matin, nous voulons creuser le sillon des mots du travail, clarifier les choses entre nous, et élargir ces discussions, voire ces controverses, à nos lecteurs. Nous vous proposons régulièrement des textes autour de quelques mots, dans cette rubrique. Nous attendons vos réactions, vos compléments et vos contradictions, comme vos suggestions pour des mots à creuser.
Chaque contribution, les nôtres comme les vôtres, n’engage que son auteur.
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un mot du travail à discuter : accueil
« Accueillir tout le monde, et toute la diversité du monde », une expérience d’agent de service public. « Assis-debout » décryptage des code de l’accueil entre hiérarchique et subordonné. « Attendez qu’on vous appelle« , quand l’hôpital remplace l’accueil par une machine. « Un lundi sur deux, je suis bénévole au Secours populaire« , avec les plus démunis. « Plus les gens sont dans la difficulté, moins ils sont en capacité de demander de l’aide » au service des impôts. À lire ici.
Voir aussi Accueil : une activité à part entière. Accueil, accueillir, être accueilli : ce que racontent nos récits de travail
Les mots déjà mis en discussion
- 1er mai : « Fête du Travail », ce n’est pas du tout « Journée internationale pour les droits des travailleuses et des travailleurs »
- Accueil
- Argent : tout ça pour quoi ?
- Bonne année : les voeux aux salariés, une cérémonie millimétrée. Rebonds : tentatives pour faire bref, sans langue de bois, pour sous-traiter à une IA. Un exercice pas si anodin. Les voeux d’un Président poète
- Cadre : une fiction pas si fictionnelle. Rebond : déserteur
- Cantine : C’est tout un monde que la cantine
- Collaborateur : inclusif ou piégé ? Un mot qui gomme les différences de statut au travail
- Fatigue : ponctuelle ou chronique, la fatigue au travail et du travail
- Indicateurs : des objets qui prolifèrent. Rebond : de l’indicateur au critère
- KPI : se prononce « KaPiHaï », pour Indicateur Clé de Performance. Rebond : du « KaPiHaï » au « KaPiAïe »
- Manager : un mot rare dans les récits de travail. Rebond : encadrement de proximité, entre marteau et enclume
- Perruque : l’activité clandestine bien entendu, pas le postiche capillaire
- Recruter, rebond : « Quand l’IA s’en mêle »
- Retour de congés : un mot du travail, un mot de la fin août, de 1936 à nos jours
- Temps : le temps qu’il faut, le temps qu’il me faut, le temps pressé
- Vacances : un mot du travail, vu de la salle des profs, du bureau et même… en poésie
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Ces textes m’ont surprise ce matin au café. Ils sont forts et poignants de par leur témoignage. J’aime cette façon d’écrire un des mot du travail
Roxane