Parole recueillie et mise en récit par Pierre M dans le cadre du projet “Travail et territoire” conduit avec le Centre de Culture Populaire de Saint-Nazaire

Le secret d’une bonne galette, c’est le beurre. Quand on met le beurre, on arrête la cuisson intérieure. Donc l’extérieur va continuer à gratiner, et l’intérieur va rester moelleux. Mais quand le temps est humide, c’est plus compliqué. Aujourd’hui, il pleut, la pâte accroche au rozell[1]. J’en ai partout… Quand je vide l’ eau où je le trempe entre chaque galette, j’ai plein de pâte au fond de ma bassine. Sur le bilig[2], ça bouillonne davantage. Certains crêpiers font alors cuire plus longtemps. Moi, j’ai appris avec des patronnes qui m’ont fait travailler sur des plaques très chaudes. Ça donne les crêpes finistériennes, fines et croustillantes, cuites des deux côtés – dans le Finistère on ne fait pas la distinction entre crêpes et galettes, tout est « crêpes » de froment ou de blé noir – . Dans nos régions de l’ouest, on est bien obligé de s’adapter au temps changeant. S’il fait chaud, s’il fait froid, s’il pleut, s’il fait sec, ma pâte ne réagit pas de la même façon. Je le vois du premier coup d’œil. Je chauffe plus, je chauffe moins… Parfois je prolonge un peu. Dès que je vois que c’est à point, tac, je mets le beurre et je laisse gratiner juste ce qu’il faut.
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