Soigner le cancer, un travail collectif de la chaîne des soins

Le travail quotidien des acteurs d’un pôle oncologie

Depuis des mois, les soignants sont sous les feux de l’actualité, qu’ils manifestent pour pouvoir faire leur travail ou qu’ils le fassent intensément pour traiter la Covid. Avec textes que nous publions dans le dossier « Soigner le cancer » nous leur donnons la parole sur leur travail quotidien, leur professionnalisme et leur engagement humain. Ces textes, réalisés à l’initiative de Pierre Madiot, comme il l’explique dans son avant-propos, sont d’abord un hommage au travail des soignants du pôle oncologie d’une clinique mutualiste. Plus de trente personnes, soignants et non-soignants, y ont apporté leur contribution.

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PS – « Concernant une éventuelle prime … nous n’avons rien vu venir »

Hélène, auxiliaire de vie

Post Scriptum du 4 juillet, au texte du 10 avril, mis en texte par Roxane

Je n’ai jamais cessé le travail pendant le confinement. En regard de ce temps-là, nous avons beaucoup plus de facilité à obtenir les masques, chacun, chacune de nous a son quota à récupérer au bureau. Quant aux gants nous avons quelques problèmes encore de livraison. Tout ce matériel n’est pas obligatoire pour les personnes qui font de l’Aide à Domicile. Pour nous, auxiliaires de vie, qui sommes au plus près des personnes pour les levers, les couchers, les toilettes, les douches, masques et gants sont obligatoires. Mes mamies et papis n’ont pas beaucoup changé d’attitude.

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PS – Il a repris le travail

Philippe, ambulancier

Post Scriptum au texte du 14 avril, le covid et son confinement faut pas croire que c’est les vacances, écrit par Roxane

Philippe ambulancier, sujet fragile qui transportait des malades Covid, avait pris un congé maladie. Il a repris son travail et son entreprise profite du chômage partiel. Il transporte toujours du covid mais avec moins de crainte aujourd’hui, car la désinfection du véhicule est beaucoup mieux faite.

La téléconsultation, un écran entre le médecin et le corps du patient

Claire, médecin généraliste en banlieue sud de Lyon

Parole du 24 mai 2020, mise en texte avec Martine

Pendant le confinement dû à la crise sanitaire du Covid, j’ai perdu mes collègues de travail, les paramédicaux ne travaillaient plus et j’étais complètement seule à l’étage de la maison de santé. J’offrais la même disponibilité horaire qu’avant, c’est-à-dire quatre demi-journées et une journée complète. Au départ, les consultations ont complètement été désertées par les patients. J’ai eu des semaines avec vingt personnes au lieu de 60 à 70 en période normale. J’en ai profité pour remettre la pharmacie à flot, réalimenter le cabinet en matériel. Ça été l’occasion de ranger les papiers. Je me suis occupée du fonctionnement du cabinet. J’ai aussi relu ou mis à jour des dossiers un peu compliqués. J’ai cherché des formations. Tout ce que l’on n’a pas toujours réellement le temps de faire en « période normale ». Ça, c’était plutôt positif. 

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PS – La consultation téléphonique : solution exceptionnelle à une situation exceptionnelle

Guy, médecin du travail en Ile-de-France

Post scriptum au texte du 6 juin, de la gestion des contradictions dans un monde qui n’aime pas l’incertitude mis en texte avec Christine

Le 11 mai, avec la levée du confinement, j’ai été très content de reprendre des activités en présentiel, visites médicales au cabinet et visites des locaux. Ce contact humain est absolument fondamental. Nous parlions souvent des téléconsultations avec mes confrères, avant la crise. Ça peut être utile en cas de déserts médicaux, ou dans des situations particulières où le médecin du travail n’est plus là et où le confrère qui prend le relais est à deux-cents kilomètres.

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Jouer à la bataille navale à distance avec des enfants malvoyants

Tiphaine, psychomotricienne et instructrice de locomotion

Parole du 16 avril 2020, mise en texte avec Martine et Christine

Pendant les grèves des transports en décembre – janvier, je pouvais marcher jusqu’à 1h30 pour me rendre d’une école à une autre. Avec le Covid, on a enchaîné sur une autre galère ! Je suis psychomotricienne et instructrice de locomotion dans une équipe pluridisciplinaire où nous suivons 70 enfants de zéro à vingt ans, en nous déplaçant sur leurs lieux de vie, crèche et établissements scolaires, parfois à domicile.

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De la gestion des contradictions dans un monde qui n’aime pas l’incertitude

Guy, médecin du travail local en Ile-de-France et référent auprès de la cellule de crise nationale de son entreprise

Parole du 6 juin 2020, mise en texte avec Christine

En Ile-de-France, on a été en plein dans la crise sanitaire, et on y est encore. Depuis le début de la crise je travaille à mon bureau de Noisy-le-Grand. Je suis un des rares salariés qui n’ait pas été confiné. Avec tous les dossiers de mes agents, et une connexion de qualité, j’y suis beaucoup plus opérationnel que chez moi. Bien sûr, mes conditions de transport et de travail me le permettent, en respectant les règles sanitaires de base que l’on connaît tous maintenant. J’arrive de bonne heure à mon cabinet médical. Je prépare mes consultations. Elles débutent à huit heures, avec les agents qui ont demandé un contact téléphonique avec moi. Depuis le 13 mai, je prends en consultation téléphonique essentiellement les sujets à risque, qui doivent rester confinés. Ce serait quand même un comble qu’ils s’exposent au virus en venant me voir !

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“J’aime les gens, j’aime m’occuper des humains … avec le Covid c’est top”

Hélène, auxiliaire de vie sociale

Parole du 10 avril 2020, mise en texte avec Roxane

Je suis auxiliaire de vie sociale. Je permets, avec toutes mes collègues, le maintien à domicile des personnes âgées, parfois des jeunes, handicapées ou malades dépendantes. Je suis missionnée par des plannings  savants, très mouvants, pour des tâches du quotidien. Chacun·e doit s’adapter. Le personnel c’est surtout des femmes.  Je vais chez des personnes du lever jusqu’au coucher, je les accompagne aussi dans les services sociaux pour les affaires administratives ou pour maintenir des liens avec les parents ou amis. J’ai des journées bien réglées.

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Le covid et son confinement, faut pas croire que c’est les vacances

Philou, ambulancier

 Parole du 14 avril 2020, mise en texte avec Roxane

 Je suis ambulancier dans  une entreprise privée en  milieu rural.  Les commanditaires des courses sont les hôpitaux, les cliniques et le SAMU qui nous demande de transporter les malades aux urgences. Quand bien même nous sommes une entreprise privée,  nous travaillons  pour le SAMU. J’ai des clients réguliers comme ceux que j’emmène en dialyse plusieurs fois par semaine. Quand j’arrive chez les patients, les particuliers,  je fais un petit bilan de ce qui ne va pas, on prend les constantes, comme on dit. Puis je  rappelle «la régule» du  SAMU qui  nous oriente vers des lieux de soins tels hôpital ou clinique. Je vais chercher aussi des patients à l’hôpital pour les ramener à leur domicile.

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Au pays des bisounours ?

Arielle, sage-femme hospitalière

Parole du 8 avril 2020, mise en texte avec Christine, Post Scriptum du 21 avril

A Thiers nous avons cinq-cents naissances par an, alors que la plupart des maternités en font entre deux et trois-mille. Ici, c’est donc particulier. Pour le Covid par exemple, les visites sont interdites, mais la direction du service a décidé que les pères peuvent être là avant, pendant et après la naissance. Dans certaines maternités le père ne peut venir que lorsque le travail est vraiment démarré et doit repartir après la naissance. Chez nous, cette mesure est réservée aux femmes suspectes de Covid. Il n’y en a pas eu pour le moment.

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“J’ai curieusement l’impression que les bébés comprennent la situation…”

Pauline, puéricultrice dans un CHU

Parole du 12 avril 2020, mise en texte avec Jacques

Je suis infirmière puéricultrice dans le  service de pédiatrie d’un CHU. Après avoir longtemps travaillé de nuit, je travaille de jour. Depuis le début de la crise sanitaire, toutes les interventions chirurgicales non urgentes ayant  été reportées, nous avons un peu moins d’enfants hospitalisés que d’habitude, sans que la situation globale n’ait vraiment changé. Nous avons toujours des enfants avec des pathologies lourdes.

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