“En télétravail, quand je ne suis pas motivé, je n’ai pas l’énergie collective pour venir à ma rescousse”

Camille, ingénieur dans une installation nucléaire

Parole du 3 juillet 2020, mise en texte avec Roxane

Je suis ingénieur travaux et à ce titre, je participe aux opérations d’assainissements de démantèlements d’un réacteur graphite gaz (ancienne génération), sur les phases de cadrage de besoin, de consultation et de suivi des entreprises. Comme tout démantèlement, cela doit se faire en respectant les règles du code du travail et du code de la santé publique. Mais en plus, la problématique radiologique accentue les obligations et la minutie du suivi des différents chantiers.

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“A l’avenir, il va falloir compter avec l’autonomie dont ont fait preuve les salariés pendant la crise et se baser davantage sur la confiance”

Bruno, responsable d’audit dans le secteur financier

Parole du 3 juillet, mise en texte avec Jacques

Je suis responsable d’audit dans le secteur financier. Je couvre un périmètre constitué d’une quinzaine de pays, le plus souvent dans des pays émergents. Mon job principal c’est de piloter, animer et coordonner les équipes d’audit dans ces différents pays. J’ai aussi en charge la supervision de missions d’audit réalisées et dont le « terrain de jeu » est international. Ils sont “multi-pays” et “multi-métiers” et travaillent sur demande de la Direction générale. Enfin, comme membre du comité de Direction, je contribue au pilotage stratégique et opérationnel de l’activité dans de nombreux domaines. L’essentiel de mon activité c’est de suivre des équipes d’audit qui sont à l’étranger. Donc, c’est du téléphone, des mails et de la visio.

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De confinement en déconfinement, jusqu’à lassitude affirmée

Sophie, employée dans une agence de voyages d’affaire

Parole du 19 juin, mise en texte avec Roxane

J’ai déménagé au tout début du confinement. C’était prévu. J’habite à une cinquantaine de kilomètres de Lyon. Depuis octobre j’avais commencé le télétravail, en accord avec mon employeur : 3 jours par semaine et 2 jours sur Lyon en open-space. Ce sont de grands bureaux ouverts où je suis en contact direct et permanent avec une quarantaine de personnes qui font toutes le même métier : organiser des voyages. Le 17 mars tout a été arrêté, les bureaux ont fermé. On a quitté l’agence assez rapidement. 

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Gérer des payes dans la cacophonie de la crise sanitaire

Véronique, responsable d’un service de gestion des payes en sous-traitance

Parole du 15 juin 2020, mise en texte avec Roxane

Quelque jour avant le 17 mars nous devions partir en voyage à Ténérife. Pressentant les évènements, nous avons décidé d’annuler. On a bien fait, le président Macron annonçait le confinement dès le mardi 17 à midi. Le lundi, j’ai décidé d’aller travailler au bureau, à la grande joie de mes patrons.  Je suis responsable d’un service de gestion des paies, en sous-traitance pour différentes entreprises clientes, et par là, la gestion du personnel, des contrats de travail, des licenciements ou des ruptures … Chacune de mes 11 collaboratrices et moi avons récupéré une clé USB auprès des informaticiens. À tour de rôle, nous avons installé le logiciel « paie », chez nous. Ce fut facile, les dossiers sont dans le « Cloud ». D’une heure à l’autre on s’est retrouvées en télétravail sans être préparées à ça. Là, ça s’est compliqué !

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Il y a télétravail et télétravail

Frédéric, responsable marketing dans une société informatique

Parole du 6 mai 2020, mise en texte avec Roxane

Avant le 17 mars, au début de l’épidémie, ceux qui avaient des enfants pouvaient rester à la maison et les autres travailler sur place. Mais à partir du 17 mars, jour du confinement les bureaux ont été fermés et tout le monde a dû s’installer à la maison.

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PS – Le vrai rythme, on le prendra en septembre

Joumana, directrice d’une entreprise d’insertion, l’association les Potagers du Garon.

Post-scriptum du 18 juin 2020, au texte du 6 avril – J’ai une folle envie que ça finisse – mis en texte avec Martine

Le début était un peu nouveau. On a commencé par notre réunion hebdomadaire du mardi après-midi, pour justement parler de l’impact du confinement, comment on voit les choses, comment ça s’est passé et pour recréer un peu de lien. C’est une très bonne chose ça permet une reprise en douceur, de ne pas se plonger directement dans les dossiers. La salle est grande, on est loin les uns des autres pour respecter les  gestes barrière  On a eu aussi une séance d’analyse de la pratique qui a porté sur le confinement. Et on a organisé deux recrutements.

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Première expérience du travail salarié, pendant la crise sanitaire

Lusi 19 ans, étudiante et assistante en préparation de commandes

Parole du 8 mai 2020, mise en texte avec Pascal

Je suis assistante en préparation dans un supermarché alimentaire qui vend exclusivement par internet. Les gens font leurs courses en ligne et sont livrés une à deux heures plus tard. C’est une start-up, donc tout le monde se tutoie et s’appelle par son prénom. 

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Un client m’a demandé un grand vin pour sa « douce »

Joëlle, Sommelière-Caviste

Parole du 16 avril 2020, mise en texte avec Christine

Mardi 24 mars, j’ai écrit en gros sur la vitrine : « Nous sommes ouverts de 10h à 12h30 et de 15h à 18h. Une seule personne dans la boutique. Prenons soin les uns des autres ». Le patron avait fermé les deux boutiques de l’entreprise le 17 mars et il nous avait tous mis en arrêt. Mais les cavistes se sont retrouvés dans la liste des commerces essentiels. Si nous restions fermés, nous n’avions pas droit au chômage partiel. Donc, on a rouvert, et je me suis portée volontaire pour tenir la boutique de Grenoble quand le boss m’a appelée. Célibataire, sans enfant, je me suis dit qu’il y aurait moins de conséquences si j’étais exposée.

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C’est peut être le moment pour recréer du lien social, de s’ouvrir à la culture, de se réapproprier un espace, de redécouvrir ses proches…

Raoul, employé dans un magasin d’alimentation bio

Parole du 23 avril 2020, mise en texte avec Olivier

Moi ça fait une dizaine d’année que je travaille chez Satoriz, c’est un magasin d’alimentation biologique. Au début j’ai travaillé au développement, à la mise en place de nouveaux magasins en tant qu’ouvrier du bâtiment. Et puis je n’arrivais plus à travailler dans le bâtiment, les déplacements, mon collègue parti à la retraite… Je me suis senti comme un orphelin, désemparé. J’ai bien essayé de continuer, mais je n’avais plus plus la patate. Je suis donc allé voir mon responsable, je lui ai expliqué . On a réfléchi ensemble à ce que je pouvais faire et on a trouvé une solution ; 16 heures au magasin et le reste du temps avec le service de traiteur.

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« Ah ça y est ! Il a chopé le virus ! »

Jean-Luc, monteur de clichés et secrétaire du CSE

Parole du 7 avril 2020, mise en texte avec Pascal

Depuis le début de la crise, la charge de travail a explosé. Dans le groupe DS Smith, nous fabriquons des emballages en carton, prêts pour la vente au détail, du carton ondulé imprimé pour emballer les marchandises de l’agroalimentaire, de la biscuiterie, des fruits & légumes et des présentoirs pour les magasins. Je suis monteur de clichés, je travaille dans une unité de pré impression sur une imprimeuse Flexographique six couleurs et vernis. Le cliché est monté sur un cylindre qui est ensuite posé sur la machine. La machine fait une trentaine de mètre de longueur sur quinze de haut.  On retrouve ce procédé dans l’impression de cartons ondulés, les bobines de papier peuvent être pré imprimées avant la fabrication du carton. Ce procédé permet à la fois rapidité et une excellente qualité graphique.

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J’ai une folle envie que ça finisse

Joumana, directrice d’une entreprise d’insertion, l’association les Potagers du Garon.

Parole du 6 avril 2020, mise en texte avec Martine

La première semaine après le 16 mars, j’ai distribué beaucoup de papiers, des attestations de déplacement, des consignes sanitaires à respecter durant le travail. Je répétais ça, en continu. Maintenant j’y vais pour voir les équipes et redonner les consignes, pour être sûre que c’est respecté. C’était assez chargé, je me suis rendue trois demi-journées sur le terrain voir les deux équipes d’ouvriers qui interviennent aux Potagers, distribuer les fiches de salaire, leur expliquer comment s’actualiser à pôle emploi, un peu tout ce que Cécile fait d’habitude.  Maintenant, elle les appelle. Je fais le lien entre mes collègues et les maraîchers.

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Comme si je laissais le virus derrière moi

Sandra employée dans la grande distribution et déléguée syndicale.

Parole du 15 avril 2020, mise en texte avec Pascal

Je suis employée de commerce chez Carrefour Market depuis 20 ans. Dans la grande distribution nous sommes toutes et tous employés de commerce, sauf pour certains métiers comme les bouchers. Sur les fiches de paie, ce n’est plus stipulé « hôtesse de caisse ». La polyactivité est inscrite dans les nouveaux contrats, c’est-à-dire qu’un salarié peut être affecté à différents postes dans sa journée. 

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