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Un bâtiment hospitalier ne soigne pas par lui-même. Une salle de classe n’enseigne pas. Les salades ne poussent pas toutes seules. Un train n’avance pas tout seul. De même, un produit ne se fabrique ni ne se vend, un colis ne se livre… qu’avec du travail humain, vivant. En mars 202, nous avons créé La compagnie Pourquoi se lever le matin !  Une association à but non lucratif, pour apporter le point de vue du travail, exprimé par ceux qui le font, dans les débats qui agitent notre société : santé, alimentation, enseignement, transport, énergie … et bien d’autres encore. Pour en savoir plus : cette vidéo réalisée par nos amis de l’APSE. Pour suivre nos publications, il suffit de vous abonner à ce site.

Les dernières nouvelles de la Compagnie – janvier 2023

Nos publications, nos discussions, nos projets, nos lectures, on vous dit tout dans ces dernières nouvelles de la Compagnie Pourquoi se lever le matin !

Deux nouveaux récits dans le thème « Travail et territoire »

Monument à l’abolition de l’esclavage – Saint-Nazaire

« Quand les lycéens découvrent leur ville », le récit d’Amaury qui enseigne l’histoire et la géographie au Lycée Aristide Briand de Saint-Nazaire.
Extrait :  » Lorsque j’aborde les questions au programme d’histoire et géo, comme l’urbanisme, l’industrialisation ou la Seconde Guerre mondiale, le cas de Saint-Nazaire s’impose comme une évidence. Les élèves comprennent ce que le mot industrialisation veut dire, ils ont aussi la possibilité de voir l’ancienne base sous-marine, les traces de la guerre et du passé. « 
« Ici, accueillir, c’est dans l’ordre des choses« , le récit de Claire, salariée dans une association nazairienne qui accueille des sans-abris et les oubliés de la société.
Extrait :  » Notre vocation n’est pas de mettre en place des dispositifs de réinsertion. Si on peut aider les gens dans la difficulté, on le fait. À partir de là, ils cheminent… ou pas. Il n’y a aucune obligation de cheminer. S’ils ne veulent pas donner leur nom ni leur prénom, ils ne le donnent pas. Simplement, ils peuvent venir dans ce lieu vivant et ouvert« .
Retrouvez l’intégralité de ces textes dans ce dossier, où paraîtront prochainement les récits d’Agathe – co-gérante de la libraire associative « L’Embarcadère » à Saint-Nazaire, Tony – salarié chez Airbus à Montoir et Magali – salariée au terminal méthanier de Montoir

Quand les mots du travail font débat

Il nous arrive régulièrement, au sein de la Compagnie, de buter sur des mots. Que faire avec ceux qui ont été embrigadés par la novlange managériale, comme gouvernance, performance ou efficience (1) ? Comment s’accorder sur le sens d’un mot que chacun voit à sa manière ? La « norme », par exemple, ne convoque pas les mêmes représentations selon que l’on est ingénieur, sociologue, ergonome, enseignant, psychologue, DRH ou animatrice d’ateliers d’écriture. Il en va ainsi de bon nombre de vocables qui traversent nos récits de travail.
Face à cette difficulté, nous avons engagé un travail de glossaire (2). Nous avons choisi une vingtaine de termes, chacun étant mis en lumière par une des personnes de notre collectif, à partir de son propre point de vue, ou de son histoire, dans ce maquis polysémique. Il ne s’agit en aucun cas d’un essai de synthèse de définitions académiques.C’est pour nous une manière d’engager la discussion. Affaire à suivre…

(1) On trouvera une liste édifiante de mots en « ance », « ence » ou « ing » dans cet article : « Le poison de la novlangue managériale dans l’hôpital public » – J Vernaudon – LVSL avril 2022
(2) Inspirés par l’expérience que nous en avions faite, avec les Ateliers pour la refondation du service public hospitalier, autour des mots du soin

Des enjeux, inconvénients ou avantages à être visible, ou à se rendre invisible : on en parle le 20 janvier au CNAM

Nos récits de travail sont riches en propos sur la visibilité ou l’invisibilité du travail et du travailleur. Pour certains, c’est le propre de leur métier. Pour d’autres, l’organisation ne veut pas, ou n’est plus capable, de voir le travail. La machine de gestion fabrique de l’invisibilité du travail. Les statuts fabriquent l’invisibilité de certains travailleurs. Alors que le travail réel a besoin tout autant de se donner à voir que de protéger de l’invisibilité.
Dans le cadre du partenariat entre l’ITMD et la Compagnie Pourquoi se lever le matin !, des extraits de récits seront lus pendant la journée

L’inscription est gratuite mais obligatoire, ici, sur le site de l’ITMD

Aux bons soins du capitalisme : le coaching en entreprise

Qui n’a entendu cette histoire du cadre partant négocier chez son chef des moyens, ou des renoncements, et en ressortant avec une ordonnance de coaching ? Cette pratique est devenue monnaie courante dans les grandes entreprises. Scarlett Salman, chercheuse en sociologie, l’a analysée.

À lire, ici la recension de l’ouvrage par Jacques

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Les dernières nouvelles de la Compagnie – novembre 2022

Nos chantiers en cours, le travail en débat sur la question du sens, nos coups de cœur éditoriaux et ciné-club, on vous dit tout dans ces dernières nouvelles de la Compagnie Pourquoi se lever le matin ! On vous offre même un poème sur l’actualité footballistique, vue du travail.

Travail et territoires

L’école Léon Blum, où Thierry est directeur d’école

Cinq nouveaux récits publiés au cours du dernier mois, toujours autour de ce que le territoire de Saint-Nazaire fait au travail, et vice-versa . On pourra lire sur notre site, dans ce dossier, les récits suivants : “Faire du lien”, par Damien secrétaire de l’Union Locale CGT ;  “Aux Urgences de l’hôpital public se croisent des gens qui ne se seraient jamais rencontrés ailleurs” par Fabien infirmier ; “La direction n’aime pas que les travailleurs se regroupent” par Jean-François, salarié aux Chantiers de l’Atlantique ; “Le territoire intime de l’ordinateur” par Monica, technicienne de maintenance en informatique ; « C’est tout un travail d’aller vers les familles, et c’est très difficile »  par Thierry, directeur d’école dans un Réseau d’Éducation Prioritaire.  D’autres récits seront publiés dans les prochaines semaines, notamment ceux d’une libraire indépendante, d’un agent d’accueil de la CPAM, d’un professeur de lycée et d’une salariée d’une association qui accueille les personnes sans abri. La Compagnie continue à se mobiliser autour de Pierre pour collecter ces paroles et les mettre en récit.

Travail à distance

Les récits de travail à distance que nous avons publiés étaient indiscutablement très riches. Nous en avons discuté, François les a analysés : 330 000 signes, soit l’équivalent de plus de 200 pages au 21 novembre.  Le point de vue que nous pouvons proposer autour du travail à distance devient quelque chose de solide.

Les artisans de Salers

De l’entretien avec un narrateur à la publication de son récit, il y a le travail de l’écrivant : transcrire l’enregistrement, rentrer dans la parole du narrateur pour en faire un texte écrit, lui proposer ce texte et le travailler avec lui… C’est un travail de fourmi, que Roxane poursuit avec les 15 entretiens qu’elle a réalisés avec des artisans du pays de Salers. 

Quand le débat sur le travail penche du côté du sens

Le soufflé médiatique de rentrée autour de la “valeur travail” a laissé place depuis quelques semaines au débat sur le sens du travail. Notamment avec la publication au Seuil du livre “ Redonner du sens au travail, une aspiration révolutionnaire”  de Thomas Coutrot et Coralie Perez.

A écouter, en podcast sur France Inter, l’interview de cette dernière « des millions d’employés dans le monde décident de démissionner. Salaires bas, conditions difficiles… Et si la cause était du côté du sentiment de ne plus trouver de sens dans son travail ? » L’ouvrage s’appuie sur de nombreuses données statistiques, notamment celles des enquêtes “conditions de travail” de la DARES, ainsi que sur quelques entretiens et récits de travail. On y trouvera, pages 106 et 107, le récit d’Anne-Claire, ex-infirmière aux urgences, réalisé par la Compagnie dans le cadre des Ateliers pour la refondation du service public hospitalier et publié sur notre site. Une aspiration révolutionnaire ? En effet, les auteurs concluent sur l’impossibilité de redonner du sens au travail sans le rendre plus démocratique, par exemple en réduisant le temps de travail subordonné. On appréciera que cette manière de poser la question du sens du travail s’écarte des a priori générationnels pour expliquer les démissions. Ce que confortent d’ailleurs deux articles publiés par “The conversation” : La notion de « génération Z » entrave l’intégration des jeunes sur le marché du travail par Marc Loriol (23 octobre) et Quiet quitting » : Au-delà du buzz, ce que révèlent les « démissions silencieuses » par Maëlezig Bigi (17 octobre). 

Un coup de coeur pour le ciné club du CNAM

Le Centre de Recherche sur le Travail et le Développement (CRTD) et le Laboratoire Interdisciplinaire de Sociologie Économique (LISE) organisent et animent un ciné-club au CNAM autour du travail, à partir d’un choix de films et de documentaires qui mettent en lumière des aspects du travail peu accessibles autrement. Ce 20 octobre, c’était un documentaire de 2019 : « Nouvelle cordée », suivi d’un débat avec les participants. Nous y étions et nous en avons parlé sur notre site, avec toutes les références utiles pour s’inscrire aux prochaines séances. 

Pendant ce temps-là, au Qatar, on n’en finit pas de compter les morts au travail, travailleurs émigrés du Népal ou d’ailleurs. Vu du BTP, le foot n’est pas une fête.

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Les dernières nouvelles de la Compagnie – octobre 2022

Nos chantiers en cours, nos réactions à l’emballement médiatique de septembre dernier sur la « valeur travail », notre coup de coeur éditorial de la rentrée, notre séminaire d’été, on vous dit tout dans ces dernières nouvelles de la Compagnie Pourquoi se lever le matin !

Travail et territoires

Le port de Saint-Nazaire

Chaque travail est situé. Il s’exerce quelque part. Et ce « quelque part » est loin d’être neutre. Mais comment cerner l’ensemble des périmètres vastes ou minuscules où s’exerce le travail ? Quels enjeux individuels et collectifs ? Comment amener nos interlocuteurs sur ce terrain-là ? Vaste sujet, vaste projet qui est entré dans une phase d’écriture intense. 24 entretiens ont déjà été réalisés, dont 8 récits déjà publiés sur notre site. La Compagnie se mobilise autour de Pierre qui mène le projet sur la région de Saint-Nazaire.  

Les artisans de Salers

… ce n’est pas que le territoire de la vache éponyme.
Salers…

Dans le registre « Travail et territoires », Roxane a réalisé 15 entretiens auprès des artisans du pays de Salers. Qu’est-ce qui réunit cette singulière communauté de travail, l’espace d’une saison ? Quels sont les gestes professionnels de ces artisans ? Que mettent-ils d’eux-mêmes, en ce lieu, dans ce qu’on appelle des métiers d’art  ?

Travailler à distance

La Compagnie avait recueilli de nombreux récits de travail à distance, plus d’une quarantaine. Ces récits ont été parfois complétés par des post-scriptum. Cette prise de distance est propice à une mise en perspective dont se charge François.

Le travail est en bonne voie…

Rentrée de septembre : Le débat sur le travail s’emballe

Tout est parti d’une déclaration de Fabien Roussel disant préférer la gauche du travail à celle des allocations. Tollé général.  Chacun, à gauche, y est allé de sa déclaration outrée pour faire du travail le marqueur d’une lutte pour l’emploi ou pour le « temps libre » ou contre l’aliénation, ou contre telle ou telle exclusion. Le summum a été atteint lorsqu’on a pu entendre que le travail serait « une valeur de droite »… La Compagnie n’entre pas dans cette querelle. Elle s’efforce de distinguer « travail », « emploi » et « conditions de travail ». Elle considère le travail non comme une valeur en soi mais comme une activité qui permet à tout être humain de subsister et, au mieux, de peser sur son environnement et d’affirmer son existence sociale. Ce qui compte, c’est la part de pouvoir, de créativité et de liberté qu’on est alors en mesure de retirer de cette activité et de partager, sachant qu’aucun travail ne peut être réalisé sans un minimum d’initiative et de maîtrise et donc sans un minimum d’autonomie d’exécution. Là est la dignité du travailleur. Cette dignité est une valeur qui découle du sens qu’on accorde à l’activité travail. Et c’est cette dignité-là que la « Compagnie Pourquoi se lever le matin » cherche à mettre en évidence à travers les récits de travail qu’elle recueille.

Dans ce charivari, nous nous sommes plutôt bien retrouvés dans les propos tenus par Yves Clot lors de cette interview publiée par la Midinale de Regards.

Troubles dans le travail, Sociologie d’une catégorie de pensée

Pour ceux qui voudraient aller plus loin dans la compréhension de cette catégorie de pensée polysémique qu’est le travail, recommandons le beau livre de Marie-Anne Dujarier “Troubles dans le travail Sociologie d’une catégorie de pensée”, aux PUF. Pour l’auteure, le concept de travail recouvre trois réalités. Le travail, c’est l’activité (le mal qu’on se donne et le plaisir de s’adonner au monde), le produit de cette activité (l’œuvre matérielle ou immatérielle) et l’occupation permettant de gagner sa vie (l’emploi).

Séminaire de la Compagnie

Trois jours en Ardèche, mi-juin 2022, pour se retrouver, discuter, faire le point sur quelques-uns de nos chantiers et partager de bons moments. A l’image de notre approche du travail et de la composition éclectique de la Compagnie : pas de pression. De la convivialité, de la bienveillance. Un bout de chemin ensemble autour de l’idée de faire dire le travail, l’écouter, le retranscrire et donner à vivre par le récit ce qui en fait la singularité, l’universalité et la dignité.

Puis chacun est reparti vers son univers, son ordinateur et ses chantiers en attendant la prochaine visio. Rien à faire. Se rencontrer en vrai, il n’y a pas mieux…

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