La santé communautaire : un artisanat de terrain qui a fait ses preuves

Anne, sociologue

Parole d’avril 2021, collectée par Martine et mise en texte par Christine

La santé communautaire s’est expérimentée dans un contexte de « catastrophes sanitaires et sociales » pour les usagers de drogues. Ce sont les termes du diagnostic posé par le rapport Henrion en 1994, rapport officiel à l’origine de la réduction des risques pour les usagers de drogues. La menace du sida était redoublée par une exclusion des soins qui avait des conséquences meurtrières.

Je me souviens d’une affichette aux urgences de l’hôpital St Antoine qui annonçait : « les toxicomanes ne sont pas acceptés ici ». C’était dans les années 80, années où l’héroïne s’est diffusée de plus en plus largement. A cette époque, les toxicomanes étaient à priori exclus des services hospitaliers, ils étaient orientés vers des services spécialisés qui ne connaissaient qu’une réponse : la désintoxication. On n’imaginait pas pouvoir soigner les personnes tant qu’elles n’étaient pas désintoxiquées. Faute d’un premier diagnostic, une septicémie pouvait passer inaperçue, comme je l’ai constaté en 1990 lors de la mort d’une jeune femme à la porte de l’hôpital.

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Entre cours en visio et stages, les pérégrinations d’une étudiante

Anne-Charlotte, étudiante en médecine

Parole du 18 janvier 2021, mise en texte avec Martine

De mars à juin 2020 en pleine crise sanitaire, j’étais en troisième année de médecine, je n’avais plus de cours, j’étais confinée, chez moi, avec mon conjoint. Les professeurs nous envoyaient les diaporamas correspondant à leur cours en amphithéâtre, sur notre espace de travail virtuel. On a bossé, tout seul à la maison, chacun de notre côté, même si avec mon petit groupe d’amis on s’appelait tous les jours.

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Débrancher sa caméra en visioconférence : ce n’est pas qu’une affaire de débit internet

Pascale, coach et facilitatrice en intelligence collective.

Parole du 15 décembre 2020, mise en texte avec Roxane

Le télétravail, c’est paradoxal pour moi. Je peux en dire tout et son contraire. Il est outil d’équilibre et de déséquilibre individuel et collectif. Tout le monde est très content que cela se mette en place, mais il y a des travers sur le plan social et psychologique qui ne sont pas encore analysés. 

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Le métier de guide conférencière à l’épreuve du virtuel

Émilie, guide conférencière

Parole du 15 novembre 2020, mise en texte avec Christine

Pour découvrir son travail sur le terrain, voir aussi le texte « Versailles pour tous les publics »

Au mois de mars, j’ai eu de grosses angoisses à l’annonce du confinement général. À Versailles, nous nous étions tous dit « à dans quinze jours ! » quand ils ont fermé le château. Mais j’avais très peur que la RMN, la Réunion des Musées Nationaux, nous mette en chômage technique, donc à 80% de mon salaire. Quant à mon autre activité, de guide conférencière indépendante…

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P.S. Le télétravail d’accord, mais avec de la souplesse

Françoise, agente bancaire, commerciale

Parole de novembre 2020, mise en texte avec Roxane – Post Scriptum au texte J’aime bien cloisonner : chez moi c’est chez moi et la banque, c’est la banque !, du 15 juillet 2020

Entre les deux confinements deux équipes ont été créées, qui alternaient bureau et télétravail. Dans mon service, où on est une vingtaine, le patron autorisait chacun à venir au bureau à condition de ne pas  être trop nombreux et d’adopter les règles sanitaires, que nous rappellent les  inspecteurs  du travail, et qu’il s’agit  de respecter. 

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Je ne suis pas une femme de distance

Pia, syndicaliste aux Hospices Civils de Lyon

Parole de décembre 2020, mise en texte avec Martine

Mon travail et la première de mes responsabilités c’est d’aller physiquement voir les personnels dans les services hospitaliers, c’est comme ça que la parole se délie. J’y vais souvent accompagnée par mes collègues syndicalistes, au moment de la pause la plupart du temps. On ne prend pas rendez-vous quand on va dans les services de soins, on sait qu’il y a un vrai besoin.

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P.S. D’ici l’année prochaine on va perdre beaucoup de clients.

Véronique, responsable d’un service de gestion des payes en sous-traitance

Parole du 15 novembre 2020, mise en texte avec Roxane. Post-scriptum au texte de Véronique du 15 Juin 2020 : “gérer des payes dans la cacophonie de la crise sanitaire”

Au premier confinement le président de la République avait  balancé : «Tout le monde reste à la maison, en télétravail ou pas».  À la suite du déconfinement, autour du 11 mai, j’ai repris le travail complètement au bureau. À mon grand soulagement. Au deuxième confinement le même président a dit : “Tout le monde travaille, avec une option sur le télétravail si c’est possible”. C’est devenu une obligation. Sauf pour les entreprises industrielles, métallurgiques et artisanales.    

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Quand le journal de bord d’une télétravailleuse révèle le travail réel de l’assistante.

Bilie, assistante dans un grand groupe

Parole du 19 juin 2020, mise en texte avec François

Dans ma famille et avec des amis je ne dis jamais ce que je fais comme travail, je dis simplement que je travaille dans une grande entreprise du secteur de l’assurance, mondialement connue, c’est tout. Mais quand un membre de ma famille en l’occurrence ma fille, m’a vue travailler pendant le confinement, elle m’a dit : « Mais je te croyais assistante ! Ce que tu fais là, ce n’est pas un travail d’assistante… Ça veut dire que tu comprends la logique des contrats d’assurance ! » Elle avait une vision très réduite, très mauvaise, du métier d’assistante. Du coup, elle a commencé à m’appeler : « La poule aux œufs d’or » en disant que mon manager avait beaucoup de chance d’avoir dans son service une juriste payée comme une assistante. Je lui ai répondu que mon manager me dit que je suis payée en conséquence.

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Zoom ? Canva ? Drive ? Finalement le Qi Gong à distance sera sur YouTube

Corine, enseignante de Qi Gong

Parole du 3 juillet 2020, mise en texte avec Martine et Christine

Quand j’ai commencé à enseigner le Qi Gong, je voulais que cette activité soit accessible à tous, je ne voulais pas faire cela dans une association pour riches. Alors, j’ai fondé « Ombre et lumière » avec quelques amis, en 2015.

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Quand la distance conduit à repenser comment on travaille ensemble

Corine, directrice du Centre Associatif de Vénissieux

Parole du 3 juillet 2020, mise en texte avec Martine et Christine

Quand le confinement est arrivé, les huit salariés du Centre sont passés prendre ce dont ils avaient besoin pour travailler : nos ordinateurs portables et des dossiers sur nos clés USB. L’un de nous a emporté le serveur fixe chez lui, pour gérer les envois de dossiers. Je me demandais bien quelles activités nous pourrions mener avec les associations si tout était fermé.

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Distance et proximité en classe virtuelle

Sophie, professeure de français en collège

Parole de juillet 2020, mise en texte avec Pierre

Lorsque je commençais une séance de classe virtuelle, les noms des élèves connectés s’affichaient sur mon écran. Je leur avais envoyé le lien sur la messagerie du logiciel « Pronote »[1]. Ils n’avaient plus qu’à rejoindre la session que j’avais moi-même ouverte et dont je maîtrisais les paramètres. Je n’ai jamais utilisé la fonction qui permet de voir les interlocuteurs à l’image. Dans une classe à distance, depuis mon domicile, activer la vidéo aurait eu pour effet d’incruster mon travail dans le décor de ma vie personnelle.

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“En télétravail, quand je ne suis pas motivé, je n’ai pas l’énergie collective pour venir à ma rescousse”

Camille, ingénieur dans une installation nucléaire

Parole du 3 juillet 2020, mise en texte avec Roxane

Je suis ingénieur travaux et à ce titre, je participe aux opérations d’assainissements de démantèlements d’un réacteur graphite gaz (ancienne génération), sur les phases de cadrage de besoin, de consultation et de suivi des entreprises. Comme tout démantèlement, cela doit se faire en respectant les règles du code du travail et du code de la santé publique. Mais en plus, la problématique radiologique accentue les obligations et la minutie du suivi des différents chantiers.

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J’aime bien cloisonner : chez moi c’est chez moi et la banque, c’est la banque !

Françoise, agente bancaire, commerciale.

Parole du 15 juillet 2020, mise en texte avec Roxane

Dans la banque où je travaille – 5500 employés dont 3600 en France – mes clients sont des grandes entreprises, entre autres de la grande distribution, de l’énergie-chimie, des loisirs et médias, de la distribution de luxe. En tant qu’assistante commerciale, je navigue entre deux pôles essentiels : les commerciaux et les clients. Je suis le point d’entrée des appels de la clientèle. Dans notre service,  je tiens à le dire,  les appels arrivent directement sur mon bureau et non sur une plate forme téléphonique. C’est notre point fort. Si c’est un problème, une question sur le suivi quotidien de leur compte, j’y réponds. Untel m’appelle pour avoir la confirmation d’une opération urgente, il ne comprend pas une opération sur son compte… je mets à jour leurs dossiers et j’ai une vue globale sur la clientèle. C’est un suivi administratif primordial. Mais si le client veut du nouveau matériel, s’il a besoin de maintenance… alors je le renvoie  auprès du commercial concerné. 

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Ce n’est pas parce que je ne peux pas en faire , que je n’ai pas d’avis sur le télétravail

Pierre, syndicaliste dans la fonction publique territoriale

Paroles du 2 juillet 2020, mises en texte avec Martine

Je travaille à la voirie pour le Département du Rhône, je suis secrétaire-adjoint du syndicat CGT, je siège à la Commission Hygiène, Sécurité et Conditions de Travail (CHSCT) et en Commission Administrative Paritaire des catégories C (CAP C). Je suis aussi référent route pour la région Auvergne-Rhône-Alpes au syndicat CGT de la Fonction Publique Territoriale, à Paris. Je pense que le télétravail c’est politique.

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« Mon métier est addictif … je gère de l’humain »

Julia, gestionnaire du personnel à la DRH d’un Conseil Régional

Parole du 7 juillet, mise en texte avec Martine

Je travaille à la DRH au Conseil Régional Auvergne-Rhône-Alpes depuis 2008, je suis gestionnaire du personnel des directions de l’économie et du tourisme. Je gère aussi les personnels non enseignants, c’est à dire les personnels techniques (agents d’entretien, cuisiniers, ouvriers en maintenance…) des lycées de la Loire, principalement, et celui de La Duchère, à Lyon.  

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“Ce croisement « temps extensif – espace confiné » trouble les repères ”

Yannick, chercheur en sciences sociales

Parole du 19 juillet, mise en texte avec François

J’ai un profil un peu particulier. Après Sciences Po., j’ai fait un DEA de sociologie politique et un mémoire sur l’emploi des jeunes sous la direction d’un économiste. Comme le courant est bien passé, j’ai obliqué vers un DEA d’économie pour pouvoir faire ma thèse avec lui. Je suis ainsi devenu « économiste » par hasard. Ce qui m’intéresse, ce sont les objets plus que les prismes disciplinaires. Aujourd’hui j’appartiens à un labo où la sociologie domine et je m’y sens très bien. On pourrait me qualifier de « socio-économiste », mais j’aime bien dire que je suis simplement « chercheur en sciences sociales ».

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« Le confinement m’a tout d’abord fait peur, mais il m’a aussi permis de gagner en autonomie, et de mieux apprécier le monde dans lequel je vis »

William, lycéen parisien en classe de première

Parole du 26 juin, mise en texte avec François

Pendant ces mois de confinement, je me levais un peu plus tard que d’habitude vers 8 heures 30. Je déjeunais, m’habillais comme si j’allais à mon lycée, je ne passais pas la journée en pyjama… J’assistais aux cours puis je mettais à plat ce que l’on avait abordé et j’avançais ensuite sur le travail à faire. Après le déjeuner, je faisais une petite pause puis je me remettais au travail en milieu d’après-midi mais aussi parfois après le diner.

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“A l’avenir, il va falloir compter avec l’autonomie dont ont fait preuve les salariés pendant la crise et se baser davantage sur la confiance”

Bruno, responsable d’audit dans le secteur financier

Parole du 3 juillet, mise en texte avec Jacques

Je suis responsable d’audit dans le secteur financier. Je couvre un périmètre constitué d’une quinzaine de pays, le plus souvent dans des pays émergents. Mon job principal c’est de piloter, animer et coordonner les équipes d’audit dans ces différents pays. J’ai aussi en charge la supervision de missions d’audit réalisées et dont le « terrain de jeu » est international. Ils sont “multi-pays” et “multi-métiers” et travaillent sur demande de la Direction générale. Enfin, comme membre du comité de Direction, je contribue au pilotage stratégique et opérationnel de l’activité dans de nombreux domaines. L’essentiel de mon activité c’est de suivre des équipes d’audit qui sont à l’étranger. Donc, c’est du téléphone, des mails et de la visio.

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Pour garder des liens nous avons créé une chaîne YouTube et nous avons fait des vidéos toute simples

Aurélie, professeur des écoles en maternelle

Parole du 6 juillet, mise en texte avec François

Portrait d’Aurélie par une de ses élèves

Professeur des écoles depuis janvier 2006 et après différents postes dans Paris, depuis sept ans, j’ai une classe associant 24 « petits et grands » dans une école située dans le nord de Paris près de la Porte d’Aubervilliers. C’est une école polyvalente : maternelle et élémentaire ; une école où il y a énormément de projets et notamment entre collègues de maternelle. Nous sommes quatre : trois femmes et un homme. Nous échangeons beaucoup, nous sommes de la même génération et depuis plusieurs années en poste dans cette école.

Mon petit garçon a six ans et demi et est en CP dans une école près de notre domicile. Mon compagnon est responsable de production dans une boîte d’informatique ; il fait des horaires à rallonge. Pendant le confinement, il était en télétravail de 9 heures à 19 heures, s’arrêtait juste pour le déjeuner. Cela a été un peu compliqué, il ne fallait pas faire de bruit car il était presque tout le temps en visioconférence avec son équipe. Or, je devais aussi m’occuper de notre fils, l’aider dans ses leçons et lui proposer des activités.

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« J’essaye toujours de créer une atmosphère compréhensive et respectueuse »

Martine, animatrice d’ateliers d’écriture … par mail pendant le confinement

Parole du 17 juin mise en texte avec Jacques

Pendant le confinement, un élu d’une commune où j’avais animé des ateliers m’a dit : “Est-ce que vous seriez d’accord pour animer des ateliers en ligne avec des logiciels comme Zoom ou autre ?” Je lui ai répondu que oui, même si je ne l’avais jamais fait. J’ai alors proposé d’organiser des ateliers plutôt par mails. Finalement, ça ne s’est pas fait. Mais l’idée a germé. Et j’ai proposé des ateliers à distance, mais par mails, à LADAPT, une association de reclassement professionnel pour des personnes ayant la Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH), pour laquelle je fais des ateliers d’écriture habituellement. La directrice de l’association a trouvé l’idée formidable.

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« Le télétravail a supprimé toute créativité et fait du mal au collectif »

Zoé, chef de service dans une ONG internationale, représentante du personnel

Parole du 24 juin mise en texte avec Jacques

Je suis chef de service à Paris dans une dans une ONG internationale.  Mon poste se répartit en trois activités : un suivi administratif et logistique, l’accompagnement des bénévoles et le développement d’offres de mobilisation autour de projets concernant le soutien à des personnes.  Concrètement, comme je suis chef de service j’encadre quatre personnes et je dois donc discuter avec elles de leurs propres projets. Je fais aussi beaucoup de relationnel pour accompagner les bénévoles qui ont des personnalités très diverses. Enfin, je coordonne des projets moi-même. Au total, ça consiste à faire beaucoup de réunions, entre 4 et 6 heures par jour, surtout avec les salariés des différents services de l’association. Ça suppose de bien connaître les métiers des uns et des autres puisque la coordination de projet consiste à s’assurer de la complémentarité des actions des différentes parties prenantes. Je dois assurer beaucoup de réunions de management qui sont un mélange d’information et de communication, de 5 à 8 heures par semaine. Je suis aussi représentante du personnel et je fais souvent le tour des services pour voir qui va bien et qui ne va pas bien. J’ai des heures de représentation. 

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Au four et au moulin

Alfred, responsable d’un service d’économie agricole dans la fonction publique de l’État

Parole du 12 juillet, mise en texte avec François

Cadre de la fonction publique de l’État, je suis actuellement responsable d’un service d’économie agricole dans une direction départementale des territoires, c’est un service déconcentré interministériel. Auparavant, j’ai été le secrétaire général de cette même structure. Avec cinq cadres intermédiaires, j’ai donc en responsabilité entre trente et quarante personnes. Ce chiffre varie dans l’année en fonction des missions du service et plus particulièrement de la gestion des aides de la politique agricole commune (PAC) pour laquelle nous recrutons des vacataires pour conforter les équipes de titulaires.

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De confinement en déconfinement, jusqu’à lassitude affirmée

Sophie, employée dans une agence de voyages d’affaire

Parole du 19 juin, mise en texte avec Roxane

J’ai déménagé au tout début du confinement. C’était prévu. J’habite à une cinquantaine de kilomètres de Lyon. Depuis octobre j’avais commencé le télétravail, en accord avec mon employeur : 3 jours par semaine et 2 jours sur Lyon en open-space. Ce sont de grands bureaux ouverts où je suis en contact direct et permanent avec une quarantaine de personnes qui font toutes le même métier : organiser des voyages. Le 17 mars tout a été arrêté, les bureaux ont fermé. On a quitté l’agence assez rapidement. 

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La téléconsultation, un écran entre le médecin et le corps du patient

Claire, médecin généraliste en banlieue sud de Lyon

Parole du 24 mai 2020, mise en texte avec Martine

Pendant le confinement dû à la crise sanitaire du Covid, j’ai perdu mes collègues de travail, les paramédicaux ne travaillaient plus et j’étais complètement seule à l’étage de la maison de santé. J’offrais la même disponibilité horaire qu’avant, c’est-à-dire quatre demi-journées et une journée complète. Au départ, les consultations ont complètement été désertées par les patients. J’ai eu des semaines avec vingt personnes au lieu de 60 à 70 en période normale. J’en ai profité pour remettre la pharmacie à flot, réalimenter le cabinet en matériel. Ça été l’occasion de ranger les papiers. Je me suis occupée du fonctionnement du cabinet. J’ai aussi relu ou mis à jour des dossiers un peu compliqués. J’ai cherché des formations. Tout ce que l’on n’a pas toujours réellement le temps de faire en « période normale ». Ça, c’était plutôt positif. 

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Gérer des payes dans la cacophonie de la crise sanitaire

Véronique, responsable d’un service de gestion des payes en sous-traitance

Parole du 15 juin 2020, mise en texte avec Roxane

Quelque jour avant le 17 mars nous devions partir en voyage à Ténérife. Pressentant les évènements, nous avons décidé d’annuler. On a bien fait, le président Macron annonçait le confinement dès le mardi 17 à midi. Le lundi, j’ai décidé d’aller travailler au bureau, à la grande joie de mes patrons.  Je suis responsable d’un service de gestion des paies, en sous-traitance pour différentes entreprises clientes, et par là, la gestion du personnel, des contrats de travail, des licenciements ou des ruptures … Chacune de mes 11 collaboratrices et moi avons récupéré une clé USB auprès des informaticiens. À tour de rôle, nous avons installé le logiciel « paie », chez nous. Ce fut facile, les dossiers sont dans le « Cloud ». D’une heure à l’autre on s’est retrouvées en télétravail sans être préparées à ça. Là, ça s’est compliqué !

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