Soigner le cancer : 20 acteurs de la chaîne des soins racontent leur travail

Avant-propos, par Pierre Madiot

« L’urgence c’est de vivre. Protéger la vie, la faire renaître et, jusqu’aux derniers instants, lui donner de l’espoir… pour nos proches, pour nous-mêmes, et pour ceux qui vont continuer après nous. Voilà ce que j’ai appris en accompagnant mon épouse tout au long de son parcours dans les services de cancérologie. Voilà aussi ce que la crise sanitaire du printemps 2020 a imposé comme une évidence. Ce que les gens applaudissaient depuis leurs balcons, ce n’était pas seulement l’abnégation des soignants – il faudrait les applaudir toute l’année, nuit et jour – c’était d’abord la beauté de la vie dont ces derniers sont dépositaires et qui semblait tout à coup si universellement fragile. Les gens criaient : «Bravo ! ». Ils voulaient dire, alors que planait la menace de la pandémie : « Merci de nous ramener à l’essentiel ! »

Ce que j’ai souhaité, en recueillant les récits du travail en oncologie, c’est écouter comment chacun des personnels de santé, à la place qu’il occupe dans la chaîne de soins, rassemble toute son énergie pour faire reculer le cancer et ramener le patient auprès des siens… ou pour contenir la maladie jusqu’au moment où le malade doit « s’en aller», étonné encore de la vie qu’il a vécue.  

Ce que j’ai voulu, c’est recueillir l’incroyable optimisme qui, malgré la lourdeur du travail dans un tel service de soins, malgré l’émotion omniprésente, habite les gestes professionnels des brancardiers, agents, secrétaires, aides-soignants, infirmiers, techniciens, médecins… C’est chercher dans quoi chacun d’eux puise son sourire et son inusable disponibilité.

Rassembler ces témoignages est un hommage à ces soignants qui, en côtoyant la souffrance et la mort connaissent le prix de la vie et, en équipe, veillent sur elle comme les gardiens du feu primitif, la préservent, la raniment souvent et, même ténue et vacillante, même quand elle s’éteint, en célèbrent le mystère. 

Publier ces témoignages est un hommage au désintéressement de ces personnes qui m’ont ouvert les portes de leur bureau, de leur local de service, de leur laboratoire, et qui, avec confiance, m’ont fait le récit de ce qui les anime. 

C’est rendre hommage aussi au groupe d’amis – Christine, Martine et les autres – qui ont compris tout l’enjeu de ma démarche, et qui m’ont soutenu, sont venus avec moi jusque dans les couloirs de la clinique mutualiste de l’Estuaire, à Saint-Nazaire, m’ont aidé à interroger, retranscrire puis à relire, corriger, réécrire ce qui est bien plus qu’un livre de circonstance. 

C’est, enfin, rendre hommage à mon épouse et continuer à l’accompagner avec amour, avec tendresse et profiter encore de sa force, de sa gaieté, de sa sérénité. Et dire tout ce qu’ensemble, on doit à la vie. »

Pierre Madiot

À suivre … soigner le cancer 1/20 : Florence, médecin de famille

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.