Les dernières nouvelles de la Compagnie – mai 2025


« Fête du Travail », ce n’est pas du tout « Journée internationale pour les droits des travailleuses et des travailleurs ». Ces mots sont déjà habités. À lire et à discuter, ici.

9 mots du travail mis en discussion en avril

  • Argent : tout ça pour quoi ?
  • Bonne année : les voeux aux salariés, une cérémonie millimétrée. Rebonds : tentatives pour faire bref, sans langue de bois, pour sous-traiter à une IA. Un exercice pas si anodin. Les voeux d’un Président poète
  • Cadre : une fiction pas si fictionnelle. Rebond : déserteur
  • Collaborateur : inclusif ou piégé ? Un mot qui gomme les différences de statut au travail
  • Indicateurs : des objets qui prolifèrent. Rebond : de l’indicateur au critère
  • KPI : se prononce « KaPiHaï », pour Indicateur Clé de Performance. Rebond : du « KaPiHaï » au « KaPiAïe »
  • Manager : un mot rare dans les récits de travail. Rebond : encadrement de proximité, entre marteau et enclume
  • Perruque : l’activité clandestine bien entendu, pas le postiche capillaire
  • Recruter, rebond : « Quand l’IA s’en mêle »
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1er mai

Quand les mots du travail sont déjà habités : « Fête du Travail », ce n’est pas du tout « Journée internationale pour les droits des travailleuses et des travailleurs »

Photo : Dans mon jardin, 1er mai 2025

Comme l’œillet portugais ou la rose mitterrandienne, le brin de muguet porte l’espoir de jour meilleurs. Il se traque dans les sous-bois, il s’achète auprès de militants politiques ou associatifs, chez le fleuriste, et même à un vendeur à la sauvette puisque, ce jour-là, c’est permis. On se l’offre, on se l’accroche à la boutonnière avant d’aller au défilé. Où, selon l’actualité sociale de l’année, on sera plus ou moins nombreux. Ainsi le 1er mai 2023, en plein conflit contre la réforme des retraites, fut grandiose.

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Recruter

Recrutement et candidature, des mots du travail vieux comme le monde, sont aujourd’hui dans le viseur des intelligences artificielles

Avec la nécessité de disposer de personnels très qualifiés, l’Armée française a dû développer des modalités de recrutement sophistiqués. Ce mot retrouve ainsi son usage sous l’Ancien Régime. Après des batailles meurtrières, les chefs militaires étaient enjoints de reconstituer leurs effectifs sans retard.

Hors de ce contexte, recruter s’avère être un processus millénaire et multiforme. Dans le croissant fertile entre Tigre et Euphrate, le paysan en quête de bras fait d’abord appel à ses enfants et à défaut à toute personne de sa famille. Cette modalité mise en œuvre dans les hautes sphères du pouvoir caractérise le népotisme. Elle rassure le responsable suprême qui escompte – a priori – être servi avec loyauté. Mais l’Histoire ne compte plus les empereurs, rois, Princes de l’Église, … trahis par des membres de leur premier cercle. « Tu quoque mi filii » se serait écrié César mourant sous l’arme de Brutus qu’il considérait comme son fils. 

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Argent

Pour mettre un peu de poésie dans les débats sur les mots de la rémunération du travail

Par le travail, tu gagneras l’argent à la sueur de ton front… Et tu perdras ton temps à vouloir le gagner ! 
Et gare à la tentation de vouloir gagner du temps en compressant la semaine de 35 heures en quatre jours pour arranger les gens.
Comme tout le monde, je prendrai le train à la gare ou chercherai une place pour me garer, mais je m’égare … 

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Cadre

Un mot du travail : des jeunes ingénieurs des années 1950 à ceux qui choisissent aujourd’hui de déserter

Juin 1951
André, entouré de ses parents, reçoit son diplôme d’ingénieur. Sa mère dactylo et son père instituteur sont légitimement fiers de leur fils. La reconstruction de la France n’est pas terminée et André est rapidement recruté par la Société d’Etudes et de Travaux et est affecté sur un chantier en Bourgogne. Il épaulera le chef de chantier issu du rang car il maîtrise les toutes nouvelles techniques de béton armé. André découvre une communauté très soudée mais il s’y intègre aisément. A midi, sa gamelle est réchauffée au bain-marie avec celle des ouvriers. Au-delà des calculs qu’il effectue dans une caravane, en bottes et « bleu », il est très présent sur le chantier. Jour après jour, il a la satisfaction de voir que la construction du pont respecte globalement les délais impartis.

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Collaborateur

Un mot du travail : inclusif ou piégé ?

Il ne faisait pas bon se voir traiter de  “collaborateur” après 1945. Le DRH s’appelait alors Monsieur le Directeur du personnel et il avait des subordonnés. Ou plutôt des subordonnées. Aujourd’hui, il est devenu tout à fait honorable d’être le collaborateur d’une entreprise, d’un groupe, d’un média ou d’une institution. C’est le terme générique utilisé pour parler des salariés dans les histoires que l’on raconte aux managers pendant les grand messes de l’entreprise. Cependant, le mot est rare dans les paroles des personnes avec qui nous avons fait un récit de leur travail. Ceux qui l’utilisent sont cadres de direction ou experts RH. Ils disent “les collaborateurs” (ceux de l’entreprise), plutôt que “mes collaborateurs” (ceux avec qui ils travaillent). 

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Indicateurs 

Un mot du travail. Les indicateurs sont-ils des outils ou une malédiction ?

A partir des données lues sur le tableau de bord d’une voiture, pour ne prendre que cet exemple, chacun ajuste sa conduite en fonction de l’indicateur de vitesse, de niveau d’huile, de température du moteur. L’ensemble de ces indicateurs apportent une information à celui qui agit. Ils sont conçus pour orienter l’action.
Toute activité industrielle fonctionne sur ce mode avec de surcroît, des alarmes qui se déclenchent si les résultats mesurés dépassent une valeur considérée comme risquée et supposent une intervention spécifique.
La mesure est au centre du travail pour le réguler, le piloter à bon escient et le déploiement d’indicateurs dans cet esprit présente à l’évidence des vertus.

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KPI

Un mot du travail, acronyme anglais pour ICP, Indicateur Clé de Performance

Indicateur se dit KPI dans le discours moderne du management. Prononcer KaPiHaï  en un seul mot, que ce soit dans le monde de l’entreprise ou dans le domaine plus large de la gestion. Le KaPiHaï est aujourd’hui sorti du secteur privé pour venir contaminer la fonction publique en vue de mesurer, à cet endroit aussi, le déroulement des activités dans le sens attendu.
Indicateur se dit aussi indic du côté de la police. C’est celui qui renseigne, qui permet par les informations qu’il révèle, de venir à bout d’une investigation et de résoudre une énigme. Son statut est parfois ambigu car il  peut agir dans l’ombre, dans une  forme d’ambivalence jusqu’à, dans certains cas, la frontière de la légalité. Il s’appelle alors mouchard ou balance. Il faut bien reconnaître cette partie obscure de l’indicateur pour ne pas se faire prendre au piège de la magie apparente de cet instrument censé renseigner et guider l’action.

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Encadrement de proximité ou manager ?

Ni l’un ni l’autre dans les récits de travail. Ce sont pourtant des mots du travail.

Dans les récits de travail publiés sur notre site, les signataires utilisent rarement le terme “management” pour désigner leur hiérarchie, leurs subordonnés ou la manière dont leur organisation fonctionne. Quand ils le font, ils sont cadre dirigeant ou médecin chef de service, ou experts, notamment RH, syndicaliste ou étudiant intérimaire. Avec le mot “manager” (verbe ou substantif), on n’élargit guère ce petit cercle. Nos narrateurs préfèrent de loin les mots “organisation”, “chef”, “cadre” ou “responsable”. Ils ne sont pas fans non plus de “hiérarchie”. Est-ce une manière d’affirmer de l’autonomie dans leur travail ?

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Perruque

Un mot du travail en voie de disparition

Dans le langage de l’atelier, la perruque est une activité cachée. Celle de salariés qui travaillent pour leur propre compte, pendant leurs heures de travail, avec les matériaux et l’outillage de l’entreprise. On dénomme également perruque le produit fini, le bénéfice qui est retiré par le perruqueur. Selon les métiers et les régions, on entend parler de bricole, pinaille, bousille, casquette… L’histoire est souterraine, entre dissimulation et tolérance, entre vol de temps et compensation d’un salaire jugé trop faible, entre labeur et loisir, habitudes et transgressions, individualité et appartenance au groupe.

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L’estuaire et les torchères

Jérémy, opérateur extérieur sur un site industriel

La raffinerie de Donges – Photo Pymouss

Quand je sors de la rocade avant le pont, au niveau des docks, je vois la Loire, le terminal méthanier, les usines, les torchères. Là, j’y suis, j’arrive dans l’environnement que je connais. L’estuaire, le bassin nazairien, c’est là que j’ai grandi. Voir l’eau me fait penser au surf, je suis dans mon élément. De loin, j’observe les flammes des torchères, ça veut dire que la raffinerie tourne, c’est plutôt bon signe.

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“ Ce que nous voyons, c’est qu’ils sont toujours présents avec leur bonne humeur ” 

Dominique, intervenant en alphabétisation auprès des migrants

Repas partagé du 1er avril 2025

Il est 9h20 le mardi ou le jeudi, dans la grande salle de la maison de quartier de la Chesnaie-Trébale. Avec l’un de mes trois collègues, nous installons les tables et les chaises pour accueillir les migrants qui viennent participer à des cours d’alphabétisation. Notre objectif est de faire découvrir la langue française à ces personnes venues d’ailleurs et de les aider à s’exprimer et à écrire dans notre langue si difficile à assimiler quand on est primo-migrants. La langue est le sésame sans lequel il leur sera difficile de s’intégrer dans notre société. Mon collègue Dominique et moi-même – dénommé pareillement Dominique – formons un duo jovial de retraités bénévoles qui s’attellent à cette tâche avec bienveillance et bonne humeur.

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Un handicap invisible, cela complique le quotidien

Elena, greffière dans un Conseil de Prud’hommes

Je suis greffière au sein d’un Conseil des Prud’hommes depuis huit ans et affectée à un service qui rassemble six magistrats professionnels, cinq greffiers et quatre adjoints administratifs. Mais à compter de 2020, j’exerce mes missions en qualité de travailleur handicapé.
Comment j’ai appris ma maladie ? Lors d’une audience, le magistrat en responsabilité de celle-ci m’a interpellée en fixant mon visage qui s’était crispé. « Madame, cela ne va pas ? Vous ne vous sentez pas bien ? Votre visage… il y a un problème ! ».  J’ai répondu « Non, non, ça va, j’irai voir un médecin ce soir ». Mais le SAMU a été appelé et j’ai été conduite aux urgences. Là, j’ai commencé à avoir un peu peur et le verdict est tombé. Les neurologues ont éliminé l’hypothèse d’un zona et ont diagnostiqué une crise de sclérose en plaques. J’ai eu une IRM et d’autres examens qui ont confirmé cela. Je suis littéralement tombée des nues. Un truc inimaginable ! Je n’avais jamais eu précédemment de poussées, ni de démangeaisons faciales.

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Manœuvrer une masse de plusieurs tonnes réclame beaucoup d’énergie et de concentration

Kévin, opérateur chez un sous-traitant dans l’industrie du bassin nazairien

Le complexe indutrialo- portuaire de Saint-Nazaire – Montoir – Donges

La journée de travail commence quand le team leader me donne une opération à faire en binôme. On ouvre alors la tablette qui contient des directives écrites et des dessins techniques. Ce sont des « gammes » qu’on doit respecter de manière précise, étape par étape. J’ai donc devant moi une grosse pièce à laquelle je vais assembler d’autres pièces en effectuant des serrages plus ou moins forts sur les vis et les boulons.

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Les petites mains de Marina

Marina, praticienne en massage de bien-être

L’inauguration du nouveau local de Marina

Au centre de bien-être de cette station de vacances il fallait enchaîner les séances de massage en limitant les moments d’écoute ; juste installer la personne, prendre les infos sur les éventuelles contre-indications et passer très vite au massage. C’était une question de rentabilité. Comme je suis non-voyante, je ne pouvais pas assurer les accueils ni me servir de l’ordinateur. En échange, au lieu de six massages par jour, j’en devais huit ou neuf…

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Les dernières nouvelles de la Compagnie – janv. fév. 2025

Activité intense du côté de Saint-Nazaire, nouveaux récits, etc. On vous dit tout

En guise de carte de voeux, nous vous avions proposé début janvier quelques cogitations farfelues (quoique pas tant que ça) autour du discours du Président aux salariés. Retrouvez ici : une cérémonie millimétrée, tentatives pour faire bref et sans langue de bois, ou pour sous-traiter le discours à une IA. Bref, un exercice pas si anodin que ça. Et pour se remettre de cette orgie numérique, les voeux d’un Président poète, garantis sans IA.

« Un ovni narratif qui nous plonge au cœur de l’humain dans son travail…, et du territoire dans lequel le travailleur se définit. » Ce n’est pas nous qui le disons, c’est Estuaire, le magazine culturel nazairien

Le projet engagé avec le Centre de Culture Populaire – CCP – se poursuit, pour donner à voir, à comprendre et discuter le travail, à mettre en évidence les rapports que le travail entretient avec son environnement géographique, historique, socioculturel.
Après avoir donné la parole à des travailleur·euses de la région de Saint-Nazaire, cité marquée par sa vocation portuaire et industrielle et riche d’une culture ouvrière omniprésente, est venu le temps de restituer ces récits de travail. Outre l’organisation d’une « bibliothèque vivante », avec la médiathèque, quatre lectures publiques ont déjà eu lieu, avec quelques uns des narrateurs et des écrivants. « Oui, c’est bien nous. Merci » ont dit les participants. Deux autres sont programmées les 13 et 18 mars prochain.

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Manager et valoriser les travailleurs invisibles et leur activité

Un amphi-débat organisé le 11 février dernier par l’UODC

Assurer l’entretien quotidien des locaux de la ville de Paris, la gestion du parc automobile, l’achat des tenues de travail des quelque 50.00 agents… telles sont principales missions confiées aux services que dirige Marie-Pierre Auger : Immobilier, logistique et transports de la Ville de Paris.
Lors de sa prise de fonction, elle fait le constat que les personnes qui assurent ces missions essentielles s’avèrent « invisibles » tant pour leurs collègues que pour les Parisiens. Dès lors comment valoriser et encadrer ces agents au statut modeste ? Dans son intervention, Marie-Pierre Auger a mis l’accent sur deux priorités : la connaissance actualisée des activités quotidiennes des personnels et l’identification et la mise en œuvre de formations axées sur la promotion et le perfectionnement professionnel.

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« Mon café-théâtre, c’est ma scène »

Véronique, responsable d’un café-théâtre

Photo La p’tite scène des Halles

J’ai toujours dit, quand j’arrive ici : « Je mets mon nez rouge et je joue un rôle ». En fait, mon café-théâtre, c’est ma scène. Je le vois comme ça. Le dimanche, parfois, je fais n’importe quoi, je danse derrière le bar pour partager une bonne ambiance. L’autre jour, une dame me dit : « Ce qu’on adore quand on vient le dimanche, c’est votre « Bonjour ». De la même façon, dès que je vois quelqu’un franchir la porte pour s’en aller, c’est : « Au revoir, bon dimanche ». Ce n’est pas grand-chose, ça dure trois secondes. J’aime bien donner ce côté chaleureux, humaniste. Ça me plaît. Et, d’avoir installé une scène, c’est du bonheur. 

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Travail & Territoire

On en parle dans « l’estuaire », le magazine culturel de St Nazaire

Paroles de travailleurs en territoire pas inconnu

Parler du travail en le situant dans le territoire… Voici le projet mené depuis trois ans, auprès d’une quarantaine de salariés de la région nazairienne, par la compagnie Pourquoi se lever le matin. Rencontre avec Pierre Madiot, cofondateur du lycée expérimental, et orchestrateur de ces récits collectés, et lus à haute voix…

Lire la suite de l’interview de Pierre, sur le site de « L’estuaire »

« Oui, c’est bien nous. Merci »

Au bar La Pinte, le CCP de Saint-Nazaire a raconté le travail

Lecture publique de récits de travail

Le 16 janvier, au bar « La Pinte » de Kerlédé, à l’invitation du CCP, une trentaine de personnes ont écouté des récits de travailleurs de la région nazairienne : industrie, santé, monde du spectacle, tourisme, services à la personne, marais salant. « Oui, c’est bien nous, merci ». Plus qu’une attention polie, dans l’écoute des gens réunis là sous la lumière crue d’un luminaire, dans le brouhaha d’un coin de bar, il y avait de l’émotion. Il y en avait aussi dans la voix des lecteurs du CCP – et de la dignité – quand ils ont fait vivre ces récits qui racontent la part qu’intimement, chaque travailleur met de lui-même dans son travail.

Ce projet de collecter des récits de travail, entamé par « La Compagnie Pourquoi se lever le matin ! » et prolongé à Saint-Nazaire avec le CCP se poursuit.

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J’étais la seule personne que ce petit monsieur reconnaissait

Fabienne, aide ménagère

Photo fournie par Dominique B.

Je suis encore en panne de voiture entre St Brévin et St Nazaire.  Heureusement je ne suis encore qu’au pied du pont mais je dois trouver une voiture de remplacement pour travailler. Ainsi, le mois dernier, c’est mon ancienne collègue et amie qui m’a prêté sa voiture pour aller travailler chez mes sept employeurs. Malheureusement, la mort fait partie de notre métier et mon amie s’en est allée vers l’au-delà la semaine dernière. Désormais sans voiture, je dois prendre le bus pour travailler avec des temps de trajet énormes.

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Ce travail réclame avant tout des qualités humaines d’écoute

Marie-Jo, aide-ménagère

Photo fournie par Dominique B.

Je suis à St Marc, dans le grand jardin de ce vieux Monsieur qui construit une superbe terrasse, et moi, je sers de conseillère pour l’architecte et les menuisiers. Je leur indique aussi que le monte-charge de cette construction ne pourra pas fonctionner. Ils doivent reprendre leurs plans. Qui suis-je pour conseiller, pour donner mon avis sur tel ou tel travail ? Je m’appelle Marie-Jo et voilà 29 ans que je travaille comme employée familiale. Mes tâches sont multiples : nettoyer les logements, récurer, faire les vitres, les chambres, effectuer les achats, prendre soin des personnes âgées, les écouter, les faire rire et les accompagner.

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Voyage au cœur d’un navire en construction 

Emmanuel, responsable sécurité à bord, aux Chantiers de l’Atlantique

Le pont supérieur d’un paquebot en finition – Photo fournie par Emmanuel

Un navire en construction, c’est un univers de bruits, d’odeurs et de silences. Il y a les odeurs liées à la peinture ou à l’activité de soudage qui va générer des fumées contre lesquelles il faut se protéger. Des odeurs de brûlé aussi parce que quelquefois il y a des incendies qui sont vite et heureusement circoncrits. Et aussi des odeurs liées aux activités humaines, un vrai parfum ! Il y a beau y avoir des toilettes, le comportement humain ne s’est pas pour autant amélioré de la même façon. Et puis, lors des essais en mer, la merveilleuse odeur provenant des cuisines car, non seulement il faut les tester elles aussi, mais également nourrir plusieurs jours tout le personnel à bord.

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« À vos soins »

Anne-Laurence, médecin anesthésiste à la Cité sanitaire de Saint-Nazaire et bénévole dans l’association « À vos soins » 

Le camion MarSOINS devant la CPAM de Saint-Nazaire (photo Anne-Laurence)

Dans le bloc opératoire de la Cité sanitaire de Saint-Nazaire, c’est le silence et la concentration. Les soignants se tiennent debout, immobiles, autour du patient allongé. Ils savent qu’il serait stressant pour ce dernier de s’endormir au milieu d’une espèce de brouhaha. Tous les regards sont tournés vers lui et guettent le moment où il va plonger dans le sommeil. Mon rôle de médecin anesthésiste est particulièrement important à cet instant. Je tiens le masque à oxygène derrière le patient et je me projette dans la suite des événements afin d’anticiper les éventuels problèmes. Ce qu’on appelle l’induction anesthésique, puis le réveil, sont en effet les périodes les plus à risque de l’intervention… 

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Les voeux aux salariés avec un Président poète (5/5)

Pour se remettre de cette origine numérique,
des vœux garantis sans IA

En ces temps joyeux, permettez-moi de vous présenter mes vœux.
Je suis un peu nerveux,
je l’avoue, je me fais des cheveux,
bien qu’il ne m’en reste que peu, 
mais il faut que je vous fasse un aveu.

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