Histoires de travail

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Télétravail : je t’aime moi non plus

L’enquête nationale 2021 de l’UGICT CGT sur le télétravail confirme les tendance de l’édition 2020 et apporte de nouveaux éclairage

La comparaison entre les résultats 2020 et 2021 démontre que le télétravail en mode dégradé du premier confinement reste la norme … le temps et la charge de travail ont augmenté pour près de la moitié des répondants … pourtant … le télétravail est plébiscité comme vecteur de temps libéré et d’autonomie au travail. Il s’accompagne d’une redéfinition des priorités et d’une quête de sens sur le contenu et la finalité du travail. La quasi-totalité des répondant.e.s (15 000) souhaite ainsi continuer à télétravailler mais pas à temps plein

Voir dans le dossier de presse du 6 septembre 2021 l’ensemble des résultats, notamment les conséquences sur la santé (alerte rouge !), sur le fonctionnement des collectifs, sur le travail des managers …

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« L’urgence c’est de vivre », notes de lecture d’Olivia Gross

Publiées dans la revue Éducation et socialisation – Les cahiers du CERFEE

Extrait :  » … Ce que nous apprennent ces entretiens, c’est que ces doutes ne semblent pas être partagés par ces professionnels. Le sens à leur travail, ils le trouvent évidemment dans les succès – et il y en a – mais aussi dans les petits riens du quotidien, dans le fait d’avoir facilité le parcours d’un malade, d’avoir pu l’aider un tant soit peu, de l’avoir déchargé des tracas, en particulier administratifs, ou d’avoir contribué à ce qu’un malade oublie pour quelques instants où il est (p. 66), retrouve des sensations oubliées (p. 96), oublie jusqu’à sa maladie (p. 96), ou au contraire l’accepte (p. 98). Finalement, changer l’état d’esprit des patients guide bien souvent le sens de l’action. Ils ont aussi tous rappelé à leur manière que « la médecine, c’est fait pour soigner, pas pour guérir à tout prix » (p. 149) … Mais une part importante de la satisfaction au travail est aussi étroitement liée au sentiment d’appartenance à une équipe … »

L’intégralité est disponible sur le site d’OpenEdition

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Un centre de santé pas comme les autres : film documentaire

La vie au « château en santé » à Marseille

En décembre 2020, la Compagnie Pourquoi se lever le matin publiait, dans le cadre de son travail avec les Ateliers pour la refondation du service public hospitalier, le récit de travail d’Élisa « Nous étions devenues des personnes en mission humanitaire dans un des pays les plus riches de la planète ».

Ce 12 octobre 2021 est mis en ligne, ici en replay, par France 3 PACA le documentaire réalisé par Olivier Bertrand au Château en Santé, avec Élisa et ses collègues. Il a choisi le temps long pour raconter la vie au Château, le quotidien avec les patients, les consultations, si différentes de celles des cabinets médicaux classiques, les échanges et les interrogations des soignants. « Au départ ils ne voulaient pas spécialement de ce film. Ils fuyaient la lumière, préféraient s’enraciner dans le quartier » écrit le réalisateur. « Et puis ils ont fini par accepter l’idée que ce projet de soin innovant, ce projet politique, mérite d’essaimer. Alors ils m’ont ouvert toutes les portes, du centre, de leurs réunions, des consultations lorsque les patient.e.s le souhaitaient. Cette confiance m’a permis de filmer en immersion, à leurs côtés, cette aventure et ces combats ». Ainsi se dessine une chronique joyeuse, politique, parfois aussi décourageante, dure, où chacun trouve sa place pour agir.

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J’adore travailler en binôme, c’est la garantie de soins de qualité pour nos petits patients.

Michel, aide-soignant en pédiatrie

Parole du 2 juin 2021, mise en texte avec François

Le CHU Robert Debré

Après mon service militaire en 1992, je suis rentré à l’APHP en qualité d’agent hospitalier à l’hôpital Robert Debré. À l’époque, les hôpitaux recrutaient massivement. Titularisé au bout de six mois, j’ai travaillé dans pas mal de services. J’ai été brancardier puis vaguemestre puis affecté dans des labos. A l’époque, les horaires de travail étaient clairement affichés et cela me permettait de pratiquer le rugby et d’enseigner la boxe dans un club. Mais, assez vite je me suis décidé à passer à autre chose.

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Attention danger télétravail ?

Une série de 4 podcasts, réalisés par Amandine Mathivet, à écouter sur la plateforme de TaF

le podcast d’Amandine Mathivet

Au fil de quatre podcast, Amandine Mathivet questionne successivement des inspecteurs du travail, des médecins du travail, des syndicalistes et des sociologues sur les effets d’un travail à distances imposé brutalement, et massivement, un an et demi après le début de la crise sanitaire. C’est ici, sur la plateforme de Travailler au Futur, le podcast « au turbin »

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L’hôpital coule, coule doucement

Charlie, Secrétaire médicale dans un hôpital pour enfants

Parole du 28 mai 2021, mise en texte par François

Être secrétaire médicale dans un hôpital intégralement dédié aux enfants implique d’accueillir non seulement nos petits patients mais aussi leurs parents. Bien souvent ceux-ci sont angoissés et il faut donc d’abord se montrer calme et rassurante. 

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La santé a un coût mais pas de prix !

Fabrice, chef de service au CHU de La Timone

Parole du 7 mai 2021, mise en texte avec Olivier

Être utile au quotidien et travailler en équipe !

Je considère que l’hôpital public a pris une autre direction que celle qu’il avait quand je m’y suis engagé, celle d’un système de santé qui se voudrait rentable alors que par définition il ne peut l’être. Cela m’inquiète, bien qu’étant dans un secteur privilégié par rapport à d’autres secteurs hospitaliers car en réanimation le nombre d’infirmières est normé. Mais cela est un inconvénient puisque lorsque l’on manque de personnel, on ferme des lits, et on réduit l’offre de soins comme c’est le cas actuellement. Plusieurs fois par semaine nous annulons et reportons des interventions comme aujourd’hui. Cela crée des tensions avec les chirurgiens, avec les familles et rend les conditions de travail très difficiles.

Je suis à la tête d’un département d’anesthésie/réanimation pédiatrique, une grosse structure assez rare en France.

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Le combat pédagogique sur les valeurs est aussi important que les actions au coup par coup

Hélène – Comité de Défense de l’hôpital de Concarneau, membre du bureau de la Coordination Nationale 

Parole du 9 juin 2021 mise en texte avec Roxane. 

Depuis 2 ans je fais partie de la Commission des usagers de l’hôpital Quimper Concarneau. C’est une des instances considérées par le ministère de la Santé comme organisant la démocratie sanitaire en France.  La Commission des usagers travaille sur les réclamations courrier ou téléphoniques déposées à l’hôpital par les patients ou leur famille. Des réunions de conciliation peuvent être proposées entre le patient ou sa famille, un membre de la Direction, le médecin conciliateur et un représentant de l’usager.  Par exemple, une famille s’est plainte du manque d’empathie du service d’accueil en face du patient et de la famille en visite. Après étude des dossiers de l’année précédente, nous proposons des axes d’amélioration pour faire en sorte que les choses s’améliorent.

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L’enjeu d’aujourd’hui, ce ne sont pas seulement les fermetures de lits, c’est celui du droit à la santé

Rosine, militante au comité pour la défense de l’hôpital de Vire et à la coordination nationale pour la défense des hôpitaux et maternités de proximité

Parole du mardi 4 mai 2021, mise en texte avec Christine

J’en ai assez de la visioconférence. Même si je dois partir de chez moi à 6 heures et rentrer à 22 heures 30, je préfère largement aller à Paris, trois fois par an, pour les réunions du conseil d’administration et du bureau de la coordination. Ces réunions, ces échanges directs, me manquent. 

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« Aller là où l’on a besoin de nous ! »

Julie, Infirmière – Service des urgences pédiatriques, APHP

Parole recueillie le 7 mai 2021, mise en texte par François

Je suis infirmière aux Urgences pédiatriques depuis quatre ans. C’est mon premier poste. Nous avons encore la chance de pouvoir choisir notre affectation. Très tôt, durant ma formation, j’ai su que j’avais envie de travailler dans ce type de service, j’ai senti que cela pourrait me plaire, d’être auprès de petits et de leurs familles. Les parents ne viennent pas aux urgences par plaisir. Certains affirment que beaucoup de familles ne devraient pas y venir, qu’ils sont là “pour rien”. Moi, je ne suis pas d’accord avec cela, même s’il est vrai que certaines personnes en abusent. Nous accueillons surtout des parents perdus, angoissés, avec une réelle inquiétude, fondée ou non c’est un autre débat, et nous devons prendre en compte cette inquiétude.

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Il suffit d’un grain de sable et le planning déraille

Emma, secrétaire hospitalière

Parole du 7 mai 2021, recueillie et écrite avec Roxane

En tant que secrétaire hospitalière, j’organise les prises en charge des hospitalisations pour des examens pédiatriques. Pour le plus grand nombre des enfants, je travaille dans le cadre de leur première consultation avec les médecins du service. Nous nous déplaçons aussi dans les autres services pour effectuer des enregistrements du sommeil, chez des tout-petits qui sont déjà hospitalisés. Ceci implique une gestion du planning très rigoureuse.

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La santé communautaire : un artisanat de terrain qui a fait ses preuves

Anne, sociologue

Parole d’avril 2021, collectée par Martine et mise en texte par Christine

La santé communautaire s’est expérimentée dans un contexte de « catastrophes sanitaires et sociales » pour les usagers de drogues. Ce sont les termes du diagnostic posé par le rapport Henrion en 1994, rapport officiel à l’origine de la réduction des risques pour les usagers de drogues. La menace du sida était redoublée par une exclusion des soins qui avait des conséquences meurtrières.

Je me souviens d’une affichette aux urgences de l’hôpital St Antoine qui annonçait : « les toxicomanes ne sont pas acceptés ici ». C’était dans les années 80, années où l’héroïne s’est diffusée de plus en plus largement. A cette époque, les toxicomanes étaient à priori exclus des services hospitaliers, ils étaient orientés vers des services spécialisés qui ne connaissaient qu’une réponse : la désintoxication. On n’imaginait pas pouvoir soigner les personnes tant qu’elles n’étaient pas désintoxiquées. Faute d’un premier diagnostic, une septicémie pouvait passer inaperçue, comme je l’ai constaté en 1990 lors de la mort d’une jeune femme à la porte de l’hôpital.

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Les usagers ont du mal à obtenir les informations de gestion

Yves, militant au Comité pour la défense de l’hôpital de Douarnenez

Parole du 6 mai 2021, mise en texte avec Christine

Je n’hésite pas à foncer quand il le faut. Par exemple, au début de la bagarre pour sauver le service de chirurgie, nous avions appris qu’il se tenait une réunion avec un responsable de l’ARS, l’Agence Régionale de Santé, et le directeur de l’hôpital de Douarnenez. Je suis arrivé devant la porte, je l’ai ouverte, et tout le monde est entré derrière moi. Nous étions une trentaine. Nous avons retenu le responsable de l’ARS pendant quelques heures. Je crois qu’il ne l’a pas trop mal pris, et que d’une certaine façon il a compris.

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“ Ma spécialité, c’est vraiment de prendre en charge à la fois l’enfant et sa famille”

Estelle, infirmière puéricultrice aux Urgences dans un hôpital de l’Est

Parole du 5 mai mise en texte avec Jacques

Il y a quelques mois j’étais dans la lutte face à ma direction pour évoquer les problèmes récurrents dans le service : problèmes de lits, problèmes de confort pour les patients, problèmes d’architecture non prévue pour prendre en charge certains patients. Depuis une semaine je suis un peu résignée au travail. Je vais faire ma journée et pas forcément prendre soin de moi. Je vais enchaîner mes soins, faire au mieux pour avoir l’impression de ne pas être une machine de guerre, c’est-à-dire passer d’un patient à l’autre.  En ce moment, j’en ai ras le bol. Je pense que je commence à être un peu fatiguée.

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“On sait qu’à l’ hôpital la famille participe à 50 % à la thérapie. Le patient est l’acteur principal, il y a autour de lui les acteurs du soin et … sa famille. “

Candice, aide-soignante en réanimation médicale.

Parole du 3 mai 2021, mise en texte avec Roxane.

Quand j’arrive à l’hôpital, dans le secteur réanimation, il est 7 h, je me suis levée à 5. Quand le conteneur à poubelles, à l’entrée du service, est plein à craquer, je me dis que les collègues ont charbonné toute la nuit. Dans les couloirs, il y a une odeur de caca, de pipi, mélangée à celles de la crème, du fer – parce que l’odeur du fer rappelle celle du sang –  de café chaud, de produits pharmaceutiques. Tout ça se confond à tous les parfums que chacun a sur soi en arrivant le matin pour travailler. 

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« Construire, en équipe et avec chaque patient en situation de précarité, le parcours de soins le plus adapté et durable »

Thibaud, médecin généraliste au sein d’une PASS – Permanence d’Accès aux Soins de Santé – à Marseille

Parole de mai 2021, discutée avec l’équipe de la PASS, mise en texte par François

Pour cinquante pourcent de mon temps, je suis médecin généraliste au sein de la Permanence d’Accès aux Soins de Santé « Adultes » de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille (AP-HM). Très prochainement, j’assurerai l’autre partie de mon temps de travail en qualité de médecin urgentiste au Centre Hospitalier du Pays d’Aix.

Les PASS sont des dispositifs créés par la loi du 29 juillet 1998 de lutte contre l’exclusion, qui vise à garantir sur l’ensemble du territoire national l’accès pour tous aux « droits fondamentaux, dans les domaines de l’emploi, du logement, de la justice, de l’éducation, de la formation et de la culture, de la protection de la famille et de l’enfance, et de la protection de la santé« . Les missions des PASS sont énoncées dans le Code de Santé Publique, et présentées par une circulaire de la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) de 2013 … 15 ans après la loi.

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« Continuer à soigner encore »

Les personnels et les usagers des CHU de Rennes et de Nice répondent, en chanson, aux promesses non tenues

Continuer à soigner, continuer à danser … ce n’est pas tout à fait la même chanson, mais c’est la même musique qui fait le tour de France, signée par HK & Les Saltimbanks. Et qui résonne, à l’oreille comme la musique de La main d’or : « travailler encore »

Un clip à regarder et partager. Voir aussi les histoires de travail de ceux qui font tourner le système envers et contre tout : des textes écrits avec des travailleurs du service public de santé. Textes réalisés par la Compagnie Pourquoi se lever le matin !, dans le cadre de sa participation aux Ateliers pour la refondation du service public hospitalier.

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Soigner dans les quartiers Nord de Marseille

Anne, rhumatologue, ancienne coordinatrice d’un espace santé des quartiers Nord de Marseille

Parole d’avril 2021, mise en texte avec Pierre

Cette femme d’une soixantaine d’années, accompagnée de son mari, de sa fille et de son petit-fils de dix ans, était arrivée à notre Espace santé des quartiers Nord de Marseille avec un gros ulcère à la jambe. Le service vasculaire de l’hôpital Nord nous l’avait adressée, sachant que notre infirmière avait la formation requise pour faire les pansements complexes dont cette femme avait besoin. Elle venait d’Europe de l’Est, son mari Turc avait imposé le voile à sa fille de trente ans et, la famille vivant plus ou moins dans la rue, sans papiers, le petit-fils n’était pas scolarisé. Personne ne parlait le français.

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« Les urgences n’étaient pas moins urgentes, elles étaient même plus aiguës »

Sébastien, psychologue clinicien hospitalier de psychiatrie publique de secteur en milieu carcéral

Parole de mars 2021, mise en texte avec Christine

Il n’est jamais évident de témoigner d’une clinique institutionnelle de manière « individuelle », cela engage toujours une certaine subjectivité. Il s’agit ainsi d’avoir la préoccupation de la lier à l’expérience du collectif soignant.

Quand j’arrive au travail, après l’entrée dans la prison, je dois d’abord déposer dans un casier tout ce qui y est interdit, comme le téléphone ou les appareils numériques. Au portique de sécurité, tout ce qui sonne comme métaux doit passer au scan. Ensuite je dois franchir un sas, une autre porte, puis une autre, puis la cour d’honneur, avant d’entrer dans le lieu de détention où ne circulent que les professionnels et les personnes détenues. Après plusieurs portes, plusieurs sonnettes, plusieurs contrôles, j’arrive dans l’infirmerie, l’unité de soins.

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L’autonomie rencontrée grâce au Covid (6/6)

Jean-Luc, Chef de pôle au CHU de La Timone suite de : « Une bagarre où l’on se heurte à de vrais professionnels – Parole de Jean-Luc » (5/6)

Parole du 30 janvier, mise en texte avec Olivier

Le Covid, c’est comme un exode

A chaque vague on déprogramme les patients non urgents au point de vue chirurgical. On va parfois jusqu’à diminuer notre capacitaire de 70%, dans toute la Timone et dans tous les hôpitaux, pour ne faire que des urgences, pour faire rentrer les malades du Covid. 
Entre les vagues on opère en saturant les programmes opératoires parce qu’on a peur qu’après on ne puisse plus faire que les urgences vitales. C’est notre seul moyen d’éviter les pertes de chance. Il y a un problème sanitaire assez compliqué. Sur le plan épidémiologique il est logique de confiner tout le monde, après sur le plan économique et psychologique, confiner est violent. Chaque jour, les décisions sont difficiles à prendre. Je n’aimerais être à la place des gouvernants.

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Une bagarre où l’on se heurte à de vrais professionnels (5/6)

Jean-Luc, Chef de pôle au CHU de La Timone,
suite de : Les pouvoirs centralisés étouffent les collectifs de santé – (4/6)

Parole du 30 janvier, mise en texte avec Olivier

Le Collectif Inter-Hôpitaux, un mouvement national

Il y a eu un mouvement de médecins, un mouvement national qui s’appelle le Collectif Inter-Hôpitaux. Il y a des médecins, des paramédicaux, des sages-femmes, des manipulateurs radio, des usagers. Tous les personnels soignants et non soignants de l’hôpital se sont réunis dans un collectif pour revendiquer trois axes principaux :

  • arrêter la fermeture de lits,
  • rendre l’attractivité des carrières correcte pour les médecins, et pour les paramédicaux, 
  • modifier la gouvernance pour que les médecins et les paramédicaux y participent.
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Les pouvoirs centralisés étouffent les collectifs de santé (4/6)

Jean-Luc, Chef de pôle au CHU de La Timone, suite de : « La pénurie de moyens engendre conflits, maltraitance … et absentéisme » (3/6)

Les ARS, un pouvoir centralisé, omnipotent 

Les collectivités locales n’ont aucun pouvoir sur les ARS, leur patron c’est l’état. Les ARS sont vraiment aux ordres du ministère.  Le DG de l’ARS est le représentant du gouvernement dans la région et n’a aucun compte à rendre à aucune collectivité locale. C’est l’équivalent d’un préfet.
La santé est une structure super-centralisée, le DG de l’ARS est le patron de l’hôpital, il est le patron du CHU, il est au-dessus du directeur général du CHU. Il reçoit ses ordres du seul gouvernement.
Les DG des ARS sont issus de la fonction publique, il y a des anciens directeurs d’hôpitaux, des gens de l’IGAS, des anciens préfets qui se retrouvent en fin de carrière directeurs généraux d’ARS. On leur explique régulièrement comment fonctionne l’hôpital public, mais en vain.

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La pénurie des moyens engendre le conflit, la maltraitance… et l’absentéisme (3/6)

Jean-Luc , chef de pôle au CHU de La Timone … suite de “Je ne suis pas rentable alors qu’un hôpital bien géré doit faire du profit » (2/6)

Parole du 30 janvier, mise en texte avec Olivier

La pénurie des moyens engendre le conflit…

Surtout chez nous, car on a toujours l’idée, en tant que médecins, que nos propres malades sont prioritaires par rapport aux autres. Ce qu’il y a d’un peu cynique, c’est que souvent les administrations jouent là-dessus.
Quand en réanimation pédiatrique, par exemple, il y a douze lits ouverts au lieu de vingt, par manque de personnel, lorsque vous arrivez le matin les réanimateurs vous disent qu’ils n’ont que trois lits vacants pour vous en sortie de bloc.
Or ce matin-là chez les enfants, vous avez cinq chirurgiens qui ont besoin pour cinq malades tout aussi importants, d’un lit de réanimation post-opératoire. Et que disent les réanimateurs : “Bon les gars, débrouillez-vous entre vous, mais nous on ne peut prendre que trois enfants et vous êtes cinq à avoir besoin d’un lit de réa. Donc on en annule deux, décidez entre vous”.
Quoiqu’on fasse on va finir par s’engueuler. Parce qu’on est des êtres humains.

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Je ne suis pas rentable alors qu’un hôpital bien géré doit faire du profit (2/6)

Jean-Luc, chef de pôle,
suite de “je travaille à l’hôpital public par choix complet, absolu” (1/6)

Parole du 30 janvier, mise en texte avec Olivier

 Régulièrement on nous dit à nous les chefs de pôle, « regardez à quel point vous vous débrouillez mal, prenez donc exemple sur les ESPIC, les hôpitaux privés à but non lucratif. ».

Vous n’êtes pas rentables alors que l’hôpital bien géré doit faire du profit

En général ce sont des hôpitaux de qualité puisqu’ils récupèrent les chefs de clinique qui n’ont pas pu être professeurs agrégés pour des questions de circonstances, parce deux personnes arrivaient au même moment par exemple. Les médecins qui travaillent sont bons mais la grosse différence d’un ESPIC, c’est qu’il n’est pas contraint de recevoir tout le monde. Ils ne sont pas recours et peuvent adresser les patients complexes aux hôpitaux publics. Ils font surtout une chirurgie hautement lucrative. Ils choisissent les pathologies les plus lucratives et les développent bien.

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« Les soignants sont autant dans l’humain que dans le technique »

Fabien, infirmier aux urgences de l’hôpital

Parole de mars 2021, mise en texte avec Pierre

Ce jour là, je suis infirmier d’accueil aux urgences de l’hôpital de Saint Nazaire. Une femme se présente avec une demande d’échographie pour une douleur abdominale. « Mon médecin me dit que j’ai peut-être une appendicite. J’ai appelé quatre ou cinq cabinets de radiologie. Aucun ne peut me proposer un rendez-vous avant quinze jours. » L’hypothèse diagnostique du médecin traitant n’est pas anodine. De plus, même si elle n’est pas très douloureuse, cette femme est suffisamment gênée, et son état est susceptible de se dégrader rapidement. Elle est un peu désolée. Elle voit bien que sa situation n’a rien à voir avec celle des gens qui arrivent avec des traumatismes ou des crises aigües. Elle a pourtant réellement besoin, maintenant, de déterminer quelle sera la suite pour elle.

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L’insoutenable subordination des salariés, par Danièle Linhart

Note de lecture

Ed Érès – 25€

Une note lecture parue dans OpenEdition présente le dernier livre de la sociologue du travail Danielle Linhart. On connaît son approche radicale des rapports de domination sur le lieu de travail. Elle aborde ici ce qu’il faut bien appeler un point aveugle du droit du travail : le lien de subordination du salarié vis-à-vis de son employeur qui est, dans la doctrine juridique classique, la contrepartie de la protection d’un certain nombre de droits dont bénéficie le salarié dans le cadre du contrat de travail. Très peu d’observateurs et de chercheurs en sciences sociales se sont attelés à travailler sur ce monumental paradoxe ayant acquis une « naturalité » évidente pour tous : les droits de l’Homme et du citoyen de 1789 (figurant en préambule de notre constitution) et la Déclaration universelle des droits de 1948, qui font de chaque être humain une personne « libre », n’ont plus cours à partir du moment où il oeuvre dans le cadre du contrat de travail, en particulier dans l’entreprise…. Qui nous sortira de ce paradoxe proprement invivable au 21° siècle ?

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Je travaille à l’hôpital public par choix complet, absolu (1/6)

Jean-Luc , chef de pôle au CHU de La Timone

Parole du 30 janvier, mise en texte avec Olivier

A la fin de mes études, il n’y avait pas de place universitaire et je suis allé travailler dans le privé. J’ai fait 6 ans d’activité libérale comme chirurgien orthopédiste adulte, où j’ai gagné beaucoup, beaucoup d’argent. C’est très lucratif, le libéral.

Ensuite, comme cela avait été évoqué avec mes maîtres, j’ai rejoint l’hôpital pour un poste universitaire de professeur agrégé et j’ai fait le parcours habituel de chef de service. D’abord les urgences pédiatriques pendant quinze ans, puis une dizaine d’années de chef de service d’orthopédie pédiatrique, où je n’opère pratiquement plus que des colonnes vertébrales et des tumeurs malignes chez les petits enfants.

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« Aujourd’hui, la suprématie de la rentabilité économique conduit à reléguer au second plan l’exigence de la qualité des soins »

Stéphane, Professeur hospitalo-universitaire au CHU « Robert Debré » – Paris

Parole du 13 février 2021, mise en mots par François

Après ma formation à la faculté de médecine de Limoges, j’ai réalisé mon internat de Pédiatrie en Basse Normandie au CHU de Caen, et je suis arrivé à Paris pour effectuer la fin de mon internat et une année de recherche. J’ai à présent 51 ans. En 2006, je suis devenu Professeur des Universités –Praticien Hospitalier et j’ai simultanément pris la responsabilité du service de réanimation pédiatrique à l’hôpital Robert Debré, à Paris. Chaque année notre service accueille dans des situations de santé altérées environ 1.000 à 1.200 enfants : du nourrisson de deux jours de vie à l’adolescent jusqu’à 18 ans.

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Ateliers pour la refondation du service public hospitalier

Pour suivre l’actualité des Ateliers, c’est ici : https://ateliersrefondationhopitalpublic.org/

Ces Ateliers ont été lancés en pleine crise sanitaire par le Collectif Inter-Urgences, les Économistes Atterrés, le Collectif Inter-Hôpitaux, le Printemps de la psychiatrie, les Ateliers Travail et Démocratie dont l’Appel du 7 juillet 2020 a été rejoint par de nombreux signataires, collectifs et individuels, notamment la Compagnie Pourquoi se lever le matin ! En effet, l’Atelier est bâti autour de témoignages du travail concret de personnes travaillant dans le secteur de la santé et d’usagers de ces services publics. Ces récits, que nous contribuons à réaliser, alimentent les réflexions pour réinvestir les collectifs de soin, le travail institutionnel et la question critique de la gouvernance avec en son coeur la démocratie sanitaire à réinventer. Une dizaine de textes sont déjà parus, à lire ci-dessous. D’autres sont en préparation.

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Vu « d’en haut », du moment qu’on opère les gens, tout va bien

Philippe, anesthésiste-réanimateur en chirurgie cardiaque

Parole du 5 février, recueillie par Pierre, mise en texte par Christine

Le CHU Laennec

Un patient comme ce jeune de quarante ans, qui a fait un arrêt cardiaque, arrive dans mon service parce que les grosses machines sont ici. C’était la semaine dernière, il était en bonne santé, sans aucun antécédent. Sa femme avait suivi le camion du SAMU, mais elle n’a pas pu entrer dans la chambre de réanimation tout de suite parce qu’on avait énormément de tuyaux à installer.

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Actuellement, c’est compliqué pour nous, il y a un clair risque pour la démocratie syndicale

Valérie, Secrétaire syndicale, branche « Transports » – Canton de Genève

Parole de février 2021, recueillie par Martine, mise en texte par François

Mon travail est extrêmement protéiforme. Je suis secrétaire syndicale en charge des salariés de la branche « Transport » pour le canton de Genève. Je suis donc salariée de mon syndicat : le SEV. J’ai en responsabilité les travailleurs des transports, c’est à dire ceux en poste aux Chemins de Fer Fédéraux (CFF), mais également les travailleurs des TPG (Transports Publics Genevois) ceux des tramways, des trolleybus, des autobus, des bateaux et même ceux affectés aux remontées mécaniques, qu’ils les conduisent, les réparent ou les organisent … et ce, qu’ils soient employés dans le secteur public ou dans des entreprises de droit privé réalisant des prestations publiques.

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“Si on ne se réunit plus, on ne peut plus soigner”

Delphine, praticien hospitalier en psychiatrie

Parole du 16 février 2021, mise en texte avec Christine

A la Queue-en-Brie, chacun des six pavillons de l’hôpital des Murets est un service. Dans celui dont je suis responsable nous avons vingt-neuf chambres, plus une chambre d’isolement. Les personnes peuvent être hospitalisées quelques jours, quelques semaines ou mois, sortir, revenir. Certaines ne peuvent pas sortir, comme ces patients psychotiques qui sont là depuis vingt ans. Il y a eu des tentatives pour les faire sortir, vers des appartements thérapeutiques, mais ils sont revenus au bout de quelques jours ou semaines. Ils ont tous leurs repères dans l’unité d’hospitalisation, ils ont besoin d’une approche thérapeutique.

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“Pour continuer à faire vivre la pédopsychiatrie”

Martin, pédopsychiatre dans une Unité d’accueil familial thérapeutique et Centre médico-psychologique

 Parole du 16 février 2021, mise en texte avec Jacques

L’approche analytique, la psychodynamique sont indispensables à ma pratique. C’est une évidence. Cependant je ne suis pas allé jusqu’à devenir psychanalyste. Je m’occupe d’enfants qui sont dans des familles d’accueil et aussi protégés par l’Aide sociale à l’enfance. Ils ont eu un démarrage difficile dans la vie. Ils ont subi des carences et ont dû faire face à des maltraitances de la part de parents qui n’arrivaient pas à être parents pour des raisons souvent très tumultueuses. Ils sont protégés par le juge parce que leurs parents ne peuvent s’en occuper, en raison souvent de problèmes psychiatriques.

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Entre cours en visio et stages, les pérégrinations d’une étudiante

Anne-Charlotte, étudiante en médecine

Parole du 18 janvier 2021, mise en texte avec Martine

De mars à juin 2020 en pleine crise sanitaire, j’étais en troisième année de médecine, je n’avais plus de cours, j’étais confinée, chez moi, avec mon conjoint. Les professeurs nous envoyaient les diaporamas correspondant à leur cours en amphithéâtre, sur notre espace de travail virtuel. On a bossé, tout seul à la maison, chacun de notre côté, même si avec mon petit groupe d’amis on s’appelait tous les jours.

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Atelier pour la refondation du service public hospitalier

La rencontre prévue à Marseille les 23 et 24 janvier est reportée

Le collectif organisateur de l’Atelier a été amené à reporter l’Atelier à une date ultérieure. Nous diffusons néanmoins le programme qui est le fruit d’un travail collectif continu. Il est en ligne, ici. La Compagnie Pourquoi se lever le matin participe à ce collectif, qui construit l’Atelier autour de témoignages d’expériences et du travail concret des soignants et des usagers, pour à partir de ces témoignages, contribuer à repenser le service public hospitalier ainsi qu’à ses frontières et à son articulation avec la ville. Cela avec pour démarche de réinvestir les collectifs de soin, le travail institutionnel et la question critique de la gouvernance avec en son cœur la démocratie sanitaire à réinventer. Les premiers textes sont disponibles dans notre dossier refonder le service public hospitalier.

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Pour une psychiatrie humaine

Olivia, militante associative

Parole du 21 décembre 2020, mise en texte avec Christine

Est-ce que le militantisme est un travail ? En tous cas, c’est le travail que je me donne, avec l’association HumaPsy, où il faut avoir eu une expérience de la psychiatrie en tant que patient pour être membre actif, et où les tâches sont partagées, ça tourne. La notoriété d’HumaPsy est encore faible mais les réseaux sociaux fonctionnent bien.

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Débrancher sa caméra en visioconférence : ce n’est pas qu’une affaire de débit internet

Pascale, coach et facilitatrice en intelligence collective.

Parole du 15 décembre 2020, mise en texte avec Roxane

Le télétravail, c’est paradoxal pour moi. Je peux en dire tout et son contraire. Il est outil d’équilibre et de déséquilibre individuel et collectif. Tout le monde est très content que cela se mette en place, mais il y a des travers sur le plan social et psychologique qui ne sont pas encore analysés. 

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Les « petites barcasses » ont su mieux s’adapter que les « gros paquebots ».

Michel, ingénieur de recherches

Parole du 17 décembre 2020, mise en texte avec François

J’ai une formation de pharmacien mais depuis 1989 je ne travaille plus en officine car je me suis alors engagé dans l’association AIDES dès la fin de mes études et ainsi participé à la mise en place de réponses communautaire avec toutes les personnes infectées ou affectées par le VIH … et j’ai continué à mener ces  actions tout au long de ma vie dans plusieurs structures dont le centre régional d’information et de prévention du sida et pour la santé des jeunes (CRIPS) en Ile de France pendant quelques mois entre 2015 et 2016.

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« Nous étions devenus des personnes en mission humanitaire dans un pays qui est l’un des plus riches de la planète. »

Elisa, accueillante, conseillère conjugale et familiale

Parole du 21 décembre 2020, mise en texte avec François

« Le château en santé » est situé dans le quinzième arrondissement de Marseille. Il est installé dans une bastide du dix-neuvième siècle qui a été longtemps inoccupée. Il offre aux habitants de ces quartiers, situés au nord de la ville, des consultations de médecine générale, des entretiens sociaux ou infirmiers, des suivis orthophoniques, de l’interprétariat… Nous avons fait le choix d’une logique d’action explicitement pluridisciplinaire. En complément d’approches individualisées nous développons des dispositifs collectifs au travers de différents groupes de réflexion, de marche, de parole, d’entraide et de partage des savoirs et des expériences.

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L’entraide permanente, c’est le soin

Patrick, psychiatre de service public, en charge du Centre Antonin Artaud

Parole de décembre 2020, mise en texte avec Pierre

« … J’ai franchement l’impression de vivre dans un monde de fous ! Comme si on voulait nous imprégner d’une réalité qui semble fausse, alors que je passe mon temps à m’ancrer dans votre réalité avec mes troubles psychiques… » Le patient qui s’exprime ici a eu un très long trajet psychothérapique avec le Centre de jour Antonin Artaud que je dirige, à Reims. Il a dû faire un énorme effort pour arriver à se sortir de la folie qu’il a traversée. Et voilà maintenant qu’on lui demande d’entrer dans la réalité d’un confinement qui a toutes les apparences d’une situation folle.

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Le métier de guide conférencière à l’épreuve du virtuel

Émilie, guide conférencière

Parole du 15 novembre 2020, mise en texte avec Christine

Pour découvrir son travail sur le terrain, voir aussi le texte « Versailles pour tous les publics »

Au mois de mars, j’ai eu de grosses angoisses à l’annonce du confinement général. À Versailles, nous nous étions tous dit « à dans quinze jours ! » quand ils ont fermé le château. Mais j’avais très peur que la RMN, la Réunion des Musées Nationaux, nous mette en chômage technique, donc à 80% de mon salaire. Quant à mon autre activité, de guide conférencière indépendante…

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Versailles pour tous les publics

Émilie, guide conférencière

Parole du 15 novembre 2020, mise en texte avec Christine

Pour mieux comprendre les effets de la crise sanitaire sur son travail, voir aussi le texte : « le métier de guide conférencière à l’épreuve du virtuel »

Le 6 juin, Versailles a été le premier musée à rouvrir après le premier confinement et les conférenciers ont énormément travaillé … jusqu’au confinement de novembre. Les touristes ne sont pas revenus, les entrées au château ont baissé considérablement. Mais les franciliens sont venus en famille et ils voulaient davantage que ce qu’ils connaissaient déjà.

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P.S. Le télétravail d’accord, mais avec de la souplesse

Françoise, agente bancaire, commerciale

Parole de novembre 2020, mise en texte avec Roxane – Post Scriptum au texte J’aime bien cloisonner : chez moi c’est chez moi et la banque, c’est la banque !, du 15 juillet 2020

Entre les deux confinements deux équipes ont été créées, qui alternaient bureau et télétravail. Dans mon service, où on est une vingtaine, le patron autorisait chacun à venir au bureau à condition de ne pas  être trop nombreux et d’adopter les règles sanitaires, que nous rappellent les  inspecteurs  du travail, et qu’il s’agit  de respecter. 

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Je ne suis pas une femme de distance

Pia, syndicaliste aux Hospices Civils de Lyon

Parole de décembre 2020, mise en texte avec Martine

Mon travail et la première de mes responsabilités c’est d’aller physiquement voir les personnels dans les services hospitaliers, c’est comme ça que la parole se délie. J’y vais souvent accompagnée par mes collègues syndicalistes, au moment de la pause la plupart du temps. On ne prend pas rendez-vous quand on va dans les services de soins, on sait qu’il y a un vrai besoin.

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Communication : le défi de la mise en visibilité du travail réel

Sur le blog de Jean-Marie Charpentier

Après « le travail dans la crise, révéler avant d’accélérer », en octobre dernier, Jean-Marie nous offre aujourd’hui ce billet, tout aussi intéressant et convergeant avec le travail de la Compagnie Pourquoi se lever le matin !

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Télétravail : l’État, un employeur loin d’être exemplaire…

Un article d’Alain Klarsfeld

Cet article, paru le 18 novembre sur le site « the conversation », donne la parole à des agents de la fonction publique d’État sur la manière dont elle s’est mise – ou plutôt pas – en télétravail en application des circulaires qui le demandaient. Il pose des questions techniques comme celle des outils de signature électronique. Mais surtout des questions autour des représentations associées au télétravail, « télé-glandouille ? » et de l’impérieuse nécessité pour certains managers d’exercer un contrôle in-situ.

Ethnologie du bureau, un voyage du pupitre du copiste au télétravail

Note de lecture proposée par François

Ethnographie du bureau, Pascal Dibie, Paris, Editions Métaillé, 312 p., 21,50 €

Dans notre imaginaire, les ethnologues sont dédiés à l’observation et à l’analyse de peuples lointains souvent perçus comme en danger sous les coups de nos sociétés post-industrielles. Il existe pourtant des exceptions. Ainsi Pascal Dibie a produit à vingt-cinq ans de distance deux ouvrages : Le village retrouvé, ethnologie de l’intérieur (1979) et Le village métamorphosé, révolution dans la France profonde (2006). Il y analyse les transformations vécues par les habitants de Chichery, un modeste village de l’Yonne, espace emblématique des ruptures technologiques et sociales qui marquent l’espace rural français.

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Un dimanche “ordinaire” aux urgences

Mélanie, infirmière aux urgences

Parole du 31 mai 2021, mise en texte avec Christine

« 93 entrées en 12 heures, une toutes les 8 minutes »

Ici, nous tournons sur les quatre postes : l’accueil avec le tri, les soins, les urgences vitales et le SMUR. Hier c’était dimanche, et j’étais affectée aux soins. Quand je suis arrivée à 7 heures, il restait seize patients de la nuit, dont cinq devaient sortir dans la matinée. J’ai commencé à faire le tour, repérer les patients visuellement, prendre leurs constantes, parler avec ceux qui ne dormaient pas … quand le premier camion pompier est arrivé. Il était 7h55 et ensuite ça n’a jamais désempli : 93 entrées en douze heures, une toutes les huit minutes ! Les pompiers et les ambulances arrivaient par flots de deux, trois, quatre, et même cinq équipages. Sans compter les personnes venues par leurs propres moyens – les piétons – qui attendait d’être vues par l’infirmier de tri.

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Il y a un moment où l’on se dit que la coupe est pleine

Anne-Claire, ex-infirmière aux urgences de Bicêtre

Parole de juin 2021, mise en texte avec Pierre

Le 18 novembre 2019, sous les objectifs des journalistes, les officiels débarquaient aux urgences de l’hôpital Bicêtre. Il y avait là le directeur de l’ARS Ile-de-France, celui de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris et quelques autres personnalités venues assister à la signature du premier « Contrat zéro brancard ». Tous se sont chaleureusement congratulés autour du champagne et des petits fours, se réjouissant d’inaugurer le premier dispositif destiné à désengorger les urgences et éviter que les patients y passent jusqu’à 70 heures dans les couloirs. Ce que ces responsables ont oublié, c’est que le projet qu’ils venaient inaugurer en grande pompe avait été pensé et écrit par les infirmiers et aides-soignants depuis 2015, qu’il avait été validé par les médecins en 2016 et que, depuis cette date, il était resté bloqué à l’ARS. Il avait fallu la grève des urgences de 2019 pour voir les décideurs sortir le projet de l’oubli en espérant calmer le mécontentement des soignants qui refusaient de tolérer que des patients meurent oubliés sur des brancards. 

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« L’urgence c’est de vivre » : un livre dont le sommaire dit, bien mieux qu’un discours, qui sont les acteurs engagés dans la chaîne des soins en oncologie

Voir les métiers exercés par les personnes qui prennent la parole dans le livre

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