Aux bons soins du capitalisme.

Le coaching en entreprise

Ed Les presses de Sciences Po

Le livre de Scarlett Salman est un grand livre de sociologie consacré à un phénomène de plus en plus répandu : le coaching. A partir d’une recherche engagée depuis le début des années 2000 et ayant conduit à l’écriture d’une thèse, l’analyse de Scarlett Salman, fondée sur un important terrain qu’elle sait nous faire partager, est d’une grande finesse. Issu des conséquences plus ou moins proches du « nouvel esprit du capitalisme », le coaching, avec son trio prescripteur RH-coach-coaché est analysé et mis en scène dans tous ses états. Le riche terrain de la sociologue illustre les modulations de ces relations avec un verbatim abondant et bien choisi. Le processus du coaching est disséqué dans toutes ses dimensions.

Qui sont les coachs ? Des consultants. D’anciens cadres en rupture ou en fin de carrière dotés d’un large réseau. Beaucoup de femmes, la plupart du temps exerçant d’autres activités par ailleurs, ayant souvent suivi des études de psychologie, initialement ou sur le tard. Scarlett Salman sait nous faire partager les parcours de ces « indépendants », à partir notamment d’une plongée dans les arcanes de leur bagage « psy ».

Qui sont les coachés ? Pourquoi leur demande-t-on de suivre un coaching ? Avec ce livre, vous saurez tout sur la prescription, souvent d’origine RH, les motivations de la demande de suivi par un coach : souvent une aide proposée pour trouver en soi les ressorts de certains manques, à l’occasion d’un changement d’organisation interne ou d’une fusion.

Qu’en pensent les coachés ? Le très riche verbatim de l’ouvrage dévoile la réception du coaching par les coachés, très souvent ravis de trouver en eux des ressorts qu’ils ignoraient.

Vu de l’extérieur, le coaching en lui-même est assez banal : en moyenne, pas plus d’une dizaine d’entretiens de quelques heures. Scarlett Salman sait vous tirer par le bras pour entrer dans le cabinet du coach.

Sur le fond, le constat, très argumenté, est présenté sans concession : « s’il constitue un soutien pour aider les cadres à faire face à leurs épreuves professionnelles, (le coaching) revient aussi à transférer sur l’individu la responsabilité, non seulement d’une partie de leur genèse, mais plus encore de leur bonne résolution… La fonction palliative exercée par le coaching défausse l’entreprise de ses responsabilités inhérentes à l’organisation du travail et des carrières » (page 282). Un constat qui découle d’une enquête effectuée sur la durée et dans de nombreux secteurs. Pas d’idéologie dans ce livre, seulement l’analyse critique issue de nombreuses années de terrain dans les entreprises. Ce livre intéressera de nombreux acteurs de l’entreprise. Souvent proches des RH impliqués en tant que prescripteurs dans le coaching, les communicants internes devraient en particulier y trouver un réel intérêt, certains parmi eux s’orientant d’ailleurs vers des activités de coachs après une carrière en entreprise.

Jacques

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