PS – La consultation téléphonique : solution exceptionnelle à une situation exceptionnelle

Guy, médecin du travail en Ile-de-France

Post scriptum au texte du 6 juin, de la gestion des contradictions dans un monde qui n’aime pas l’incertitude mis en texte avec Christine

Le 11 mai, avec la levée du confinement, j’ai été très content de reprendre des activités en présentiel, visites médicales au cabinet et visites des locaux. Ce contact humain est absolument fondamental. Nous parlions souvent des téléconsultations avec mes confrères, avant la crise. Ça peut être utile en cas de déserts médicaux, ou dans des situations particulières où le médecin du travail n’est plus là et où le confrère qui prend le relais est à deux-cents kilomètres.

Pendant deux mois ça m’a permis de continuer mon boulot malgré la pandémie, de garder un contact proche avec les salariés, de jouer mon rôle de conseiller auprès de l’employeur, des syndicats et des agents. Mais pour moi ça ne peut pas remplacer le présentiel. Ça ne peut être qu’une solution exceptionnelle en réponse à une situation exceptionnelle, comme celle que l’on traverse. Quand j’ai un salarié face à moi, j’ai aussi le non verbal, je vois la personne, je me rends compte de beaucoup de choses. Sans parler de l’examen clinique, qui est pour moi une partie importante de l’exercice de la médecine du travail. De la même façon, j’ai besoin d’être sur le terrain pour discuter avec un manager de proximité sur les conditions de travail. Mon métier est un métier de proximité, de contact humain.

J’ai participé à la mise à jour du DUERP, le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels, pour y introduire le risque Covid : l’exposition au virus, mais aussi les risques psychosociaux liés au confinement, au télétravail, à la multiplication des audioconférences. J’en ai un peu assez d’entendre que le télétravail c’est génial, que c’est la liberté. Il a des avantages, notamment sur le transport, mais il a aussi beaucoup d’inconvénients. Je trouve notamment qu’il majore les inégalités sociales. Ce n’est pas du tout la même chose de travailler dans un quarante mètres carrés avec deux enfants qui courent autour, ou dans un cent-cinquante mètres carrés, avec une pièce pour soi. Faut-il alors interdire le travail pour ceux qui n’ont pas de bonnes conditions de chez eux ? Ce serait totalement injuste et invérifiable ! Le télétravail peut avoir des avantages, mais il faut qu’il reste cadré, et minoritaire par rapport au présentiel. Sinon, nous allons vers des situations qui seront difficiles à gérer.

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