
L’ouvrage de l’historien Rémy Sueur, intitulé : « Enfances prolétaires et instruction publique, entre XIXe et XXIe siècles » est paru en février 2026. L’auteur y analyse le retard scolaire structurel de régions industrielles, prenant le département de la Somme comme laboratoire. À partir d’archives picardes, Rémy Sueur démontre à quel point le recours aux enfants dans l’industrie a limité leur accès à l’instruction.
L’interdiction du travail des enfants, en France, est une histoire ancienne, commençant par la loi de 1841, pour les enfants de moins de … 8 ans. Encore que son application ait pris du temps, il n’est qu’à consulter les courriers préfectoraux ardéchois de l’époque, cherchant à éviter son application dans l’industrie textile.
Ailleurs dans le monde, il est encore bien présent.
On pourra lire, sur le site de nos amis de Nonfiction, l’intégralité de la recension de l’ouvrage par François Granier, qui précise notamment : « Rémy Sueur constate que l’hypercloisonnement des sciences humaines et sociales, la montée de l’individualisme et l’effacement de la classe ouvrière à compter des années 1960 ont contribué à masquer les processus de sujétion à l’œuvre. Néanmoins, ces travaux nous permettent de faire le lien entre les drames sociaux d’hier et ceux d’aujourd’hui, qui se développent dans les zones industrielles à l’abandon où progressent chômage endémique et emplois précaires. Dès lors, la conviction que l’emploi constitue l’objectif cardinal de chacun – alors qu’il s’avère de moins en moins pérenne et valorisant – affaiblit l’engagement des familles dans une éducation émancipatrice. »
Si les enfants d’aujourd’hui peuvent aller à l’école, pas à l’usine, les inégalités scolaires demeurent comme le raconte dans son récit de travail Thierry, directeur d’un école élémentaire dans un quartier déshérité de Saint-Nazaire : « C’est tout un travail d’aller vers les familles, et c’est très difficile »
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