Travailler à Saint-Nazaire et alentour

Écrire, lire et écouter le travail, avec la Compagnie « Pourquoi se lever le matin! » et le Centre de Cuture Populaire

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Prendre du plaisir dans son métier, c’est le plus important

Nicolas, horloger

Lorsque j’étais gamin, j’étais fasciné par l’atelier où mon père exerçait son métier d’horloger. Il manipulait là des quantités de petits outillages, il connaissait l’emplacement des minuscules tours, plaçait les axes et remontait les rouages qui, comme par magie, donnaient naissance aux « mouvements » du mécanisme. Comme Obélix dans le chaudron de potion, je suis tombé dans l’horlogerie quand j’étais petit. J’ai voulu en faire mon métier. Quand, à l’école, on nous demandait de mimer un métier, j’imitais l’horloger. Mon destin était peut-être de faire ce métier-là.

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Tatoueuse : un métier-passion

Iza, tatoueuse

Le client qui entre dans mon atelier de tatoueuse a déjà une idée de ce qu’il veut que je grave sur sa peau… Mon rôle est de recevoir cette personne – plus souvent une femme qu’un homme – comme quelqu’un qu’il faut d’abord écouter. Est-ce que l’étoile, le phénix, le lotus qu’il ou elle me demande de tatouer correspondent bien à sa morphologie, à sa personnalité, à son besoin ? Souvent, je me rends compte alors qu’il s’agira d’un tatouage réparateur : recouvrir une cicatrice, une trace de brûlure, mais aussi soigner une blessure morale, un mal-être psychologique. Moi qui ai fait des études de psycho et qui rêvais de devenir éducatrice ou travailleuse sociale, je me retrouve dans mon élément.

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Les gâteaux de Denis

Denis, artisan pâtissier

Dans l’atelier du pâtissier

Je me suis installé comme artisan pâtissier en 2005 à Guérande. Mon atelier se trouve à Pénestin depuis 2013, entre estuaire de la Vilaine et Océan, entre Morbihan et Loire-Atlantique. Je vends ma production sur place dans mon atelier et en différents lieux à Saint-Nazaire et alentours.

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L’estuaire et les torchères

Jérémy, opérateur extérieur sur un site industriel

La raffinerie de Donges – Photo Pymouss

Quand je sors de la rocade avant le pont, au niveau des docks, je vois la Loire, le terminal méthanier, les usines, les torchères. Là, j’y suis, j’arrive dans l’environnement que je connais. L’estuaire, le bassin nazairien, c’est là que j’ai grandi. Voir l’eau me fait penser au surf, je suis dans mon élément. De loin, j’observe les flammes des torchères, ça veut dire que la raffinerie tourne, c’est plutôt bon signe.

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“ Ce que nous voyons, c’est qu’ils sont toujours présents avec leur bonne humeur ” 

Dominique, intervenant en alphabétisation auprès des migrants

Repas partagé du 1er avril 2025

Il est 9h20 le mardi ou le jeudi, dans la grande salle de la maison de quartier de la Chesnaie-Trébale. Avec l’un de mes trois collègues, nous installons les tables et les chaises pour accueillir les migrants qui viennent participer à des cours d’alphabétisation. Notre objectif est de faire découvrir la langue française à ces personnes venues d’ailleurs et de les aider à s’exprimer et à écrire dans notre langue si difficile à assimiler quand on est primo-migrants. La langue est le sésame sans lequel il leur sera difficile de s’intégrer dans notre société. Mon collègue Dominique et moi-même – dénommé pareillement Dominique – formons un duo jovial de retraités bénévoles qui s’attellent à cette tâche avec bienveillance et bonne humeur.

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Manœuvrer une masse de plusieurs tonnes réclame beaucoup d’énergie et de concentration

Kévin, opérateur chez un sous-traitant dans l’industrie du bassin nazairien

Le complexe indutrialo- portuaire de Saint-Nazaire – Montoir – Donges

La journée de travail commence quand le team leader me donne une opération à faire en binôme. On ouvre alors la tablette qui contient des directives écrites et des dessins techniques. Ce sont des « gammes » qu’on doit respecter de manière précise, étape par étape. J’ai donc devant moi une grosse pièce à laquelle je vais assembler d’autres pièces en effectuant des serrages plus ou moins forts sur les vis et les boulons.

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Les petites mains de Marina

Marina, praticienne en massage de bien-être

L’inauguration du nouveau local de Marina

Au centre de bien-être de cette station de vacances il fallait enchaîner les séances de massage en limitant les moments d’écoute ; juste installer la personne, prendre les infos sur les éventuelles contre-indications et passer très vite au massage. C’était une question de rentabilité. Comme je suis non-voyante, je ne pouvais pas assurer les accueils ni me servir de l’ordinateur. En échange, au lieu de six massages par jour, j’en devais huit ou neuf…

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« Mon café-théâtre, c’est ma scène »

Véronique, responsable d’un café-théâtre

Photo La p’tite scène des Halles

J’ai toujours dit, quand j’arrive ici : « Je mets mon nez rouge et je joue un rôle ». En fait, mon café-théâtre, c’est ma scène. Je le vois comme ça. Le dimanche, parfois, je fais n’importe quoi, je danse derrière le bar pour partager une bonne ambiance. L’autre jour, une dame me dit : « Ce qu’on adore quand on vient le dimanche, c’est votre « Bonjour ». De la même façon, dès que je vois quelqu’un franchir la porte pour s’en aller, c’est : « Au revoir, bon dimanche ». Ce n’est pas grand-chose, ça dure trois secondes. J’aime bien donner ce côté chaleureux, humaniste. Ça me plaît. Et, d’avoir installé une scène, c’est du bonheur. 

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Travail & Territoire

On en parle dans « l’estuaire », le magazine culturel de St Nazaire

Paroles de travailleurs en territoire pas inconnu

Parler du travail en le situant dans le territoire… Voici le projet mené depuis trois ans, auprès d’une quarantaine de salariés de la région nazairienne, par la compagnie Pourquoi se lever le matin. Rencontre avec Pierre Madiot, cofondateur du lycée expérimental, et orchestrateur de ces récits collectés, et lus à haute voix…

Lire la suite de l’interview de Pierre, sur le site de « L’estuaire »

« Oui, c’est bien nous. Merci »

Au bar La Pinte, le CCP de Saint-Nazaire a raconté le travail

Lecture publique de récits de travail

Le 16 janvier, au bar « La Pinte » de Kerlédé, à l’invitation du CCP, une trentaine de personnes ont écouté des récits de travailleurs de la région nazairienne : industrie, santé, monde du spectacle, tourisme, services à la personne, marais salant. « Oui, c’est bien nous, merci ». Plus qu’une attention polie, dans l’écoute des gens réunis là sous la lumière crue d’un luminaire, dans le brouhaha d’un coin de bar, il y avait de l’émotion. Il y en avait aussi dans la voix des lecteurs du CCP – et de la dignité – quand ils ont fait vivre ces récits qui racontent la part qu’intimement, chaque travailleur met de lui-même dans son travail.

Ce projet de collecter des récits de travail, entamé par « La Compagnie Pourquoi se lever le matin ! » et prolongé à Saint-Nazaire avec le CCP se poursuit.

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J’étais la seule personne que ce petit monsieur reconnaissait

Fabienne, aide ménagère

Photo fournie par Dominique B.

Je suis encore en panne de voiture entre St Brévin et St Nazaire.  Heureusement je ne suis encore qu’au pied du pont mais je dois trouver une voiture de remplacement pour travailler. Ainsi, le mois dernier, c’est mon ancienne collègue et amie qui m’a prêté sa voiture pour aller travailler chez mes sept employeurs. Malheureusement, la mort fait partie de notre métier et mon amie s’en est allée vers l’au-delà la semaine dernière. Désormais sans voiture, je dois prendre le bus pour travailler avec des temps de trajet énormes.

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Ce travail réclame avant tout des qualités humaines d’écoute

Marie-Jo, aide-ménagère

Photo fournie par Dominique B.

Je suis à St Marc, dans le grand jardin de ce vieux Monsieur qui construit une superbe terrasse, et moi, je sers de conseillère pour l’architecte et les menuisiers. Je leur indique aussi que le monte-charge de cette construction ne pourra pas fonctionner. Ils doivent reprendre leurs plans. Qui suis-je pour conseiller, pour donner mon avis sur tel ou tel travail ? Je m’appelle Marie-Jo et voilà 29 ans que je travaille comme employée familiale. Mes tâches sont multiples : nettoyer les logements, récurer, faire les vitres, les chambres, effectuer les achats, prendre soin des personnes âgées, les écouter, les faire rire et les accompagner.

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Voyage au cœur d’un navire en construction 

Emmanuel, responsable sécurité à bord, aux Chantiers de l’Atlantique

Le pont supérieur d’un paquebot en finition – Photo fournie par Emmanuel

Un navire en construction, c’est un univers de bruits, d’odeurs et de silences. Il y a les odeurs liées à la peinture ou à l’activité de soudage qui va générer des fumées contre lesquelles il faut se protéger. Des odeurs de brûlé aussi parce que quelquefois il y a des incendies qui sont vite et heureusement circoncrits. Et aussi des odeurs liées aux activités humaines, un vrai parfum ! Il y a beau y avoir des toilettes, le comportement humain ne s’est pas pour autant amélioré de la même façon. Et puis, lors des essais en mer, la merveilleuse odeur provenant des cuisines car, non seulement il faut les tester elles aussi, mais également nourrir plusieurs jours tout le personnel à bord.

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« À vos soins »

Anne-Laurence, médecin anesthésiste à la Cité sanitaire de Saint-Nazaire et bénévole dans l’association « À vos soins » 

Le camion MarSOINS devant la CPAM de Saint-Nazaire (photo Anne-Laurence)

Dans le bloc opératoire de la Cité sanitaire de Saint-Nazaire, c’est le silence et la concentration. Les soignants se tiennent debout, immobiles, autour du patient allongé. Ils savent qu’il serait stressant pour ce dernier de s’endormir au milieu d’une espèce de brouhaha. Tous les regards sont tournés vers lui et guettent le moment où il va plonger dans le sommeil. Mon rôle de médecin anesthésiste est particulièrement important à cet instant. Je tiens le masque à oxygène derrière le patient et je me projette dans la suite des événements afin d’anticiper les éventuels problèmes. Ce qu’on appelle l’induction anesthésique, puis le réveil, sont en effet les périodes les plus à risque de l’intervention… 

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Travail & Territoire à Saint-Nazaire

Le projet se poursuit, avec le Centre de Culture Populaire

Le pont de Saint-Nazaire

Depuis deux ans, nous avons entrepris d’explorer à Saint-Nazaire les liens entre Travail et Territoire. Une trentaine de récits de travail sont en ligne sur notre site. Aujourd’hui, le Centre de Culture Populaire (CCP) de Saint-Nazaire engage un projet sur ce thème, financé notamment par la DRAC des Pays de la Loire. Ce projet nous enthousiasme : donner à voir, comprendre et discuter le travail; mettre en évidence les rapports que le travail entretient avec son environnement géographique, historique, socioculturel. Au programme : collecter de nouveaux récits, mettre le travail en voix, en images, en musique – et en débat – dans le territoire de Saint-Nazaire.

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Le travail dans le territoire de Saint-Nazaire, raconté par ceux qui le font

Une trentaine de récits à parcourir pour découvrir les liens entre Travail et Territoire

En mars 2022, la Compagnie Pourquoi se lever le matin publiait le premier d’une série de récits réalisés dans la région de Saint-Nazaire sur le thème Travail & Territoire, dans cette région ouvrière rurale et urbaine, en voici la liste

Agathe, libraire indépendante en SCOP : Libraire engagée dans la ville
Amaury, professeur d’Histoire et Géographie au lycée Aristide Briand de Saint-Nazaire : Quand les lycéens découvrent leur ville
Antoine, régisseur général à la mairie de Saint-Nazaire : « Faire ensemble » autre chose que le travail tout en gardant la solidarité qu’on trouve dans le travail
Aurélie, guide-conférencière à « Saint-Nazaire Renversante » : Je cherche à ce que la fascination que j’éprouve pour ce territoire industrialo-portuaire embarque les visiteurs
Brahim, soudeur sur les grands chantiers : Souder, souder, raccorder, raccorder… des tubes et des tubes…

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“Souder, souder, raccorder, raccorder… des tubes et des tubes…”

Brahim, soudeur sur les grands chantiers

Brahim sur un navire en construction. Au loin, le port de Saint-Nazaire

J’habite dans le sud de l’Espagne depuis que j’ai seize ans. Mon père y travaillait, et nous avons quitté le Maroc avec le reste de la famille pour le rejoindre. Maintenant, j’ai les deux nationalités et j’ai acheté une maison en Espagne. J’avais commencé ma formation de soudeur au Maroc, je l’ai terminée en Espagne et j’ai commencé à travailler à 18 ans. Depuis, j’ai travaillé dans toutes les régions d’Espagne, puis en Finlande, aux Pays-Bas, en France et ailleurs. Et me voilà depuis presque deux ans aux Chantiers Navals de Saint-Nazaire.

Le chantier ressemble à une sorte de Lego géant où l’on assemble des blocs qui sont des morceaux de paquebot. Les panneaux qui vont faire les blocs sont très grands et il faut y souder les tuyaux dans les trous prévus. Je soude les tubes et quand j’ai fini mon travail, la grue se saisit du bloc entier et le pose sur le bateau Et ainsi de suite. Après, quand les panneaux sont installés, je monte raccorder leurs tuyaux.

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Rechercher un emploi : une contrainte douloureuse et blessante

Pierre, chômeur et militant

On voit les grandes entreprises, mais pas les sous-traitants qui représentent un part énorme de leurs emplois

Avant d’être éducateur spécialisé en contrat à durée indéterminée, puis d’affronter de graves  soucis de santé qui ont abouti à un licenciement pour inaptitude, j’avais connu des périodes de chômage parfois très longues, très éprouvantes, entrecoupées de petits contrats d’animateur socio-culturel et de périodes où j’exerçais en tant que remplaçant. Mon état de santé s’étant aggravé, je bénéficie aujourd’hui d’une pension d’invalidité. Heureusement, les soins que j’ai suivis me permettent de mener maintenant une activité de militant à l’union locale du syndicat et d’accepter un statut qui fait que je ne suis ni à la recherche d’emploi ni salarié. Revenir au chômage, c’est quelque chose qui me fait très peur. 

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Hébergement solidaire : un bénévolat à plein temps

Enoch, militant associatif

Quand P a débarqué en 2019 à la « maison du peuple » de l’avenue Albert de Mun (MDP 2),  qui servait de point de ralliement au mouvement des Gilets Jaunes, il était mineur et sans domicile fixe. Il avait été mis à rue par sa tante et il est arrivé avec le flot de ceux qui disaient : « On n’arrive pas à boucler les mois, on est dans une situation désastreuse ». Il y avait là des gens qui vivaient dans des voitures, dans la rue, beaucoup de jeunes. On n’a pas supporté l’idée que, le soir, on devrait fermer la porte de la maison qui nous servait de lieu de ralliement, en disant à ces gens d’aller dormir dehors et de revenir quand on rouvrirait le lendemain matin. Donc on a aménagé des chambres : « Installez-vous… ».

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Trouver un terrain d’entente

Émilien, entrepreneur en rénovation immobilière

À Saint-Nazaire, un immeuble épargné par les bombes et ses récents voisins

Le métier que j’exerce aujourd’hui suppose de s’adapter en permanence aux clients et aux imprévus. C’est une occasion quotidienne d’apprendre. J’ai en effet créé mon entreprise il y a quelques années et je pilote désormais une activité dans le bâtiment et la rénovation, un secteur économiquement porteur, sur un territoire caractérisé par une grande diversité sociale et économique et une grande diversité de besoins. À La Baule, on n’a pas la même clientèle qu’à Saint-Nazaire, Montoir, Donges ou même Pontchâteau. 

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Quand on est entendu, on peut accepter  qu’une réponse soit différée

Virginie, agent d’accueil à la CPAM de Loire-Atlantique

Parole recueillie en septembre 2022 par Jacques et Pierre, mise en texte par Christine

La CPAM de Loire-Atlantique

Parfois, les gens nous voient encore  à l’ancienne, comme le guichet de « la sécu » où l’on appelle : « numéro 302 ! ». En fait, ce n’est pas du tout ça. Je reçois les assurés comme j’aimerais être reçue. J’appelle la personne par son nom de famille, pas par un numéro. Plutôt que de  l’attendre  assise à mon bureau, je me lève pour aller à sa rencontre. Les situations auxquelles j’ai affaire sont très variées. C’est par exemple une dame qui vient parce que son mari est mort de l’amiante ; il s’agit d’un dossier de maladie professionnelle post mortem. Ça peut être une question d’affiliation, un enfant qui vient de naître ou un étranger qui arrive. Je peux m’occuper de la prise en charge des implants capillaires de quelqu’un qui a un cancer, d’un dossier d’invalidité, d’une rente d’accident du travail, d’un appareillage auditif ou d’une prise en charge d’orthodontie. Je me suis récemment occupée d’obtenir une aide extraordinaire pour un recours à une diététicienne, alors que cela n’est normalement pas pris en charge par la CPAM. Je prends la demande et j’essaye d’y répondre. Mais, la législation ne cessant d’évoluer, je me pose tous les jours de nouvelles questions, la plupart du temps très techniques. Il faut plus de six mois pour former un agent d’accueil. 

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« Faire ensemble » autre chose que le travail tout en gardant la solidarité qu’on trouve dans le travail

Antoine, régisseur général à la mairie de Saint-Nazaire

Parole recueillie par Pierre et mise en récit par Jean-Pierre et Pierre.

Le VIP, scène de musiques actuelles à l’intérieur de la base sous-marine

Il n’y a pas de petite manifestation culturelle. Le régisseur général que je suis, au sein du « Service Technique Animation Régie Événementielle » de la mairie de Saint-Nazaire, sait qu’il y aura beaucoup de travail pour régler ce qui ne se voit pas derrière le moindre projet d’expo ou de spectacle. À côté de ce qui sera exposé à la lumière et aux regards, il y a toujours eu quelque chose que les organisateurs n’avaient pas prévu. Je suis du côté de la partie immergée de l’iceberg. 

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« Le port, c’est un monde dans lequel je me sens exister »

Jean-Paul, agent consignataire au port de Saint-Nazaire

Parole mise en récit par François et Pierre

Le site portuaire de Saint-Nazaire – Montoir – Donges

La société d’agents consignataires au port de Saint-Nazaire travaille 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Ça ne s’arrête jamais. Un soir où j’étais d’astreinte, je reçois un appel. Il est 23 heures, je suis tout seul à la maison, devant mon petit écran. Le commandant d’un navire en attente sur rade a un problème. En raison du gros temps, le bâtiment au mouillage a tiré sur sa chaîne. L’ancre est accrochée au fond. L’équipage a les plus grandes difficultés à la relever. Il ne pourra donc pas monter au terminal à l’heure prévue pour décharger sa cargaison. Mon rôle d’agent consignataire, en tant qu’interlocuteur du bateau et de l’affréteur, est alors d’appeler la capitainerie du port pour signaler le problème.  À partir de là, l’information est répercutée auprès des services qui s’occupent des opérations d’accostage et de la rotation des navires, afin que les répercussions de ce contretemps soient gérées au mieux.

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Quand ils entrent dans le bâtiment, les gens n’en reviennent pas

Tony, technicien aéronautique

Parole de novembre 2022, mise en récit par Pierre

Devant le siège de l’usine de Montoir, le « SO-30P Bretagne », un moyen courrier de 1947

Quand je suis entré dans la vie active, j’ai travaillé ici ou là dans le domaine de la chaudronnerie, du tournage, du fraisage. Un jour, je rencontre quelqu’un qui me dit : « Tiens, ils cherchent du monde à l’Aérospatiale ». Je ne savais même pas qu’il y avait cette entreprise dans la région de Saint-Nazaire – Montoir. Lorsque, venant de la Mayenne, j’étais arrivé dans la région en 1989 pour suivre mes parents du côté de Pontchâteau, on ne parlait que des Chantiers : 
« – Tu travailles où ?
– Je travaille aux Chantiers de l’Atlantique… » 
À l’époque, il y avait  plus de 10 000 personnes employées là-bas. L’image de la région, c’était celle des paquebots. En fait, j’ai été embauché à l’aérospatiale, dans l’usine de Montoir. Là, j’ai d’abord travaillé  sur la zone des panneaux sous voilures avant d’être affecté à la fabrication de la « case de train » du programme Airbus A330. Cette « case » est l’endroit où les roues de l’avion viennent se loger après le décollage. Puis, j’ai passé quelques années sur la ligne d’assemblage du fuselage de l’A300. À la longue, j’ai eu des problèmes de dos et je me suis retrouvé dans un service adapté. J’ai alors repris des études et j’ai décroché un diplôme qui, parmi les 563 métiers répertoriés chez Airbus, m’a permis d’en choisir un qui soit compatible avec mes soucis de santé. Je suis donc maintenant technicien aéronautique – un « col blanc » – chargé de remédier aux défauts de montage et d’améliorer le process sur le programme des A350. 

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