Un échange entre deux économistes et un député, qui donne à réfléchir sur le rapport entre les résultats électoraux et l’attention portée au travail
Élections et inégalités en France – 1789 / 2022
En 1981, le vote des classes populaires était quasiment identique entre les territoires urbains et les territoires ruraux, ces derniers étant aussi des territoires ouvriers. Aujourd’hui, le RN s’est installé dans ces territoires et les électeurs des zones urbaines et rurales votent de manière très différente. Voici un des enseignements que tirent Thomas Piketty et Julia Cagé de leur travail sur les données électorales et socioéconomiques depuis 1789, analysées à une maille microscopique : celle des quelques 36 000 communes de France. La Rédaction de Médiapart les a réunis dans un débat avec François Ruffin, député d’une circonscription rurale de la Somme, autour de la question : « Ranimer la gauche, mais comment ? ».
Nouveaux récits, avec le travail militant de deux personnes à Saint-Nazaire, nos lectures du mois…
Travail & Territoire à Saint-Nazaire : deux nouveaux récits
Est-ce un travail que de militer ? La réponse est oui à la lecture du récit d’Enoch : Hébergement solidaire, un bénévolat à plein temps. « … c’est dans la dynamique de cette lutte que s’est formé le « Collectif urgence sociale ». Rapidement, après la création de ce collectif, s’est imposée l’idée d’occuper deux maisons propriétés de la ville de Saint-Nazaire pour loger ceux qui en avaient besoin. Ces maison étaient abandonnées depuis des années et ne faisaient l’objet d’aucun projet immobilier. C’est ainsi que l’occupation et la création des Maison d’Hébergement Solidaire ont eu lieu. » … « Il fallait trouver la façon dont on pourrait assurer l’alimentation, la fourniture des produits d’hygiène, de ménage »… « Dans le même temps, le collectif menait les chantiers de rénovation : isolation, enduits, cloisonnement, pose de menuiserie, fabrication d’escaliers. Personnellement, en tant que technicien du bâtiment, je suis assez polyvalent. Je me suis donc joint aux habitants des maisons pour réaliser les travaux » … « Cette forme de militantisme n’est pas une occupation qu’on fait à côté. C’est un travail qui prend tout le temps, parfois soixante heures par semaine et qui ne fonctionne pas sur le modèle de l’emploi salarié. Il n’y a pas de rapports de subordination entre les membres du collectif. » … « Pour vivre, je touche l’ « Allocation de solidarité spécifique », qui est l’équivalent d’un RSA. Mais, maintenant que l’opération « maison d’hébergement solidaire » est finie, que les personnes sont à l’abri et que, pour l’instant, le dossier urgence est clos, je vais reprendre une activité salariée.«
Une note de lecture proposée par Serge, où l’on retrouve les questions de l’invisibilité du travail réel pour l’organisation et de la vanité de la gouvernance par les nombres. Questions qui traversent le récit de Virginie, agent d’accueil dans une CPAM, le « terrain » de recherche de l’autrice du livre.
Octarès éditions – 26€
Développée sous l’instigation du philosophe Yves Schwartz, la démarche ergologique se fonde sur un dialogue et une confrontation heuristique entre des savoirs hétérogènes mais néanmoins commensurables : des savoirs « institués » (académiques) d’un côté ; des savoirs d’expérience, « investis » dans les situations de travail de l’autre. L’évaluation dite ergologique au cœur de cet ouvrage se réfère à cette démarche pour montrer ce qui dans l’activité de travailleurs au sein d’une Caisse d’Allocations Familiales est irréductible aux objectifs chiffrés et aux critères de la commande publique. C’est sur ce terrain institutionnel que l’autrice a mené une recherche doctorale dont cet ouvrage est le prolongement. Cette évaluation qualitative se veut complémentaire des évaluations quantitatives ayant cours habituellement dans les organisations de travail.
Quel professionnel n’a pas été, au terme d’une semaine d’activités, traversé par des sentiments opposés. Pour certains, c’est la satisfaction d’avoir pu les réaliser conformément à l’idéal du métier. En revanche, pour d’autres, ce qui domine c’est l’amertume d’avoir dû sacrifier la qualité sous la pression d’une hiérarchie attachée à des procédures obsolètes ou d’actionnaires privilégiant la rentabilité. Pour Jean-Philippe Bouilloud, la crise de sens qui se manifeste par des démissions mais aussi par un « exil intérieur » (Jaccard, 2010) trouve ses racines les plus profondes dans l’érosion de l’esthétique du travail (p. 8).
Un livre de Dominique Massoni, lu par Martine, toutes deux membres de la Compagnie Pourquoi se lever le matin !
Ed l’Harmattan – 19€
L’auteur, Dominique Massoni, est diplômée de littérature comparée mais aussi de sociologie du travail et d’ergonomie, elle tient les deux bouts c’est évident ! Munie de tels diplômes et expériences professionnelles, il est clair qu’elle ne pouvait qu’écrire cet ouvrage de recherche. Dans ce petit livre, à vocation universitaire, Dominique Massoni analyse en parallèle trois romans, Tous les noms, du Portugais José Saramago, Bartleby, d’Herman Melville et Le manteau de Nicolas Gogol. Mais elle fait aussi référence à un nombre impressionnant d’autres livres et auteurs, qu’ils soient romanciers ou sociologues, récents, ou du siècle passé (sept pages de bibliographie, une somme qu’elle a analysée et qu’elle utilise dans son ouvrage : de Balzac à Pérec, d’Arendt à Deleuze et même la Bible).
Prochaine séance le 5 octobre, autour du film « Brillantes »
Le CRTD et le LISE organisent et animent un ciné-club au CNAM autour du travail, à partir d’un choix de films et de documentaires qui mettent en lumière des aspects du travail peu accessibles autrement.
« Brillantes » : Karine, femme de ménage, partage sa vie entre son travail de nuit avec ses collègues et Ziggy, son fils de 17 ans. Lorsque l’entreprise qui l’emploie est rachetée, tout bascule pour Karine. La pression sociale va la pousser dans ses retranchements et la mettre face à un dilemme : dévoiler un lourd secret ou mentir pour se protéger. Le visionnage du film sera suivi d’un DÉBAT avec : Sylvie Gautier, réalisatrice du film -Dominique Lhuilier, psychologue du travail – Frédérique Pigeyre, sociologue du travail. Pour recevoir le lien de la séance (en visioconférence) avec la projection du film et le débat (en direct) : demande d’inscription obligatoire sur le site du LISE
Les prochains rendez-vous : Le 7 décembre 2023 : « Par la fenêtre ou par la porte » de Jean-Pierre Bloc. Le 18 janvier 2024 : « Divertimento » de Marie-Castille Mention-Schaar
Septembre 2023, nous avons presque oublié les seize semaines de confinement de 2020, l’actualité de la rentrée des classes 2023 est celle de la canicule tardive et du Pacte enseignant. Dans cette actualité, nous n’en saurons pas davantage sur ce qu’est le travail consistant à enseigner et à étudier, à l’école, dans le secondaire ou à l’université. Martine nous propose de revisiter quelques récits de ce travail de profs et d’élèves. Septembre 2023, il y a aussi des rentrées qui n’auraient pas dû avoir lieu : les « faux-départs » de ceux qui sont tombés sous le coup de la réforme des retraites ; ils doivent y retourner. A écouter en podcast sur France Culture avec l’émission « les pieds sur terre ». Septembre 2023, c’est la rentrée de la Compagnie Pourquoi se lever le matin ! avec « Le travail à l’épreuve de la pandémie – scénarios pour demain », tout frais sorti de l’imprimerie, un livre écrit par François à partir de 55 récits de travail que nous avons réalisés entre mars 2020 et juin 2022. Découvrir et commander l’ouvrage.
Lors de notre séminaire de juin 2022 nous évoquions l’idée de nous intéresser au travail dans les métiers d’art. En aout, je pratiquais des entretiens avec 15 artisans d’art qui, chaque été, ouvrent leur boutique à Salers, petit village touristique classé du Cantal. La Compagnie s’est appliquée, alors, pendant l’année, à mettre en récit ces entretiens, avec ces quinze artisans. Lors du séminaire de juin 2023, nous décidâmes d’imprimer le recueil de ces récits, avec les photos des artisans à leur ouvrage, et de le mettre à disposition dans les boutiques de Salers pendant l’été. Au pied levé, Pierre fit la mise en page depuis Nantes et avec Christine, ils firent réaliser une cinquantaine d’exemplaires du livre. Véronique une aquarelliste de Salers composa la page de couverture. Début aout, je recevais les brochures, en distribuais, gracieusement, un exemplaire à chacun des artisans, et leur en laissais en dépôt-vente dans leurs boutiques.
Le livre est disponible : 15 récits avec les photos des artisans à leur ouvrage
15 récits de travail collectés et mis en récit par Roxane Caty-Leslé avec les compagnons de « Pourquoi se lever le matin ! ».
Vous avez probablement déjà aperçu, sur la route de vos vacances, des boutiques éphémères d’artisans d’art. C’était dans les ruelles d’un village médiéval, en Bretagne, en Alsace, ou ailleurs. Peut-être avez-vous franchi leur porte, engagé la conversation, voire acquis une de leurs créations ? Vous ont-ils expliqué leur travail, leurs activités artistiques, artisanales, techniques et commerciales ?
Septembre 2023 : les « faux-départs » à la retraite
Nés entre 1961 et 1965, carrière longue, métier pénible ou épargnant du temps, il va leur falloir cotiser quelques mois supplémentaires pour toucher leur retraite à taux plein. Pour ceux qui avaient anticipé leur départ, il va falloir retourner au travail. Ils ont quitté leur entreprise, pris leur carton d’affaires, organisé le pot, versé des larmes (ou pas) et rendu leurs clés. Leur poste a parfois été supprimé. Pour Olivier et Patrick, la réforme des retraites signifie un retour brutal au travail. Un reportage de Martine Abat à (re)écouter sur France Cuture (29 minutes). C’est dans « les pieds sur terre », une émission sans blabla, qui donne la parole aux personnes.
Septembre 2023, nous avons presque oublié les seize semaines de confinement de 2020, l’actualité de la rentrée est celle du Pacte enseignant : combien l’auront signé ? Sans surprise, nous n’en saurons pas davantage sur ce qu’est le travail consistant à enseigner et à étudier, à l’école, dans le secondaire ou à l’université. Martine nous propose de revisiter quelques récits de ce travail de profs et d’élèves.
Correspondances croisées entre un reportage de 1967 et les récits du travail d’aujourd’hui
Vous n’avez jamais vu ce reportage à la télévision, ni vos parents ou vos grands-parents. « Le ministère de l’information jugeant à l’époque le film trop favorable aux ouvriers, en avait interdit la diffusion à la télé. C’était le temps de l’ORTF, deux chaînes en noir et blanc sous le contrôle du gouvernement. Mais quand même, des émissions avaient réussi à s’imposer, c’était le cas de « Cinq colonnes à la une » qui est restée dans la légende. Mais là, pas question de diffuser et même pire dans ce cas-là, le film était carrément détruit. Sauf que le réalisateur, Marcel Trillat, a volé le film en le cachant dans son blouson. En volant son propre film, il l’a sauvé. » Pour le 1er mai 2023, « Là-bas si j’y suis » l’a mis en ligne sur son site. Les paroles des nazairiens qui s’expriment dans ce reportage font terriblement écho à ce que disent ceux d’aujourd’hui dans les récits de leur travail, écrits avec la Compagnie Pourquoi se lever le matin ! Des récits sur ce que le territoire fait au travail, et vice-versa.
Aujourd’hui encore, les grandes entreprises nazairiennes restent mythiques, on est fier d’y travailler même si c’est dur ; on est solidaire, face aux drames comme dans les mouvements sociaux ; on accueille l’autre, l’étranger, le démuni ; on se bagarre dans les services publics pour bien accueillir les usagers.
Un éclairage sur le travail des artisans de Salers
Une quinzaine d’artisans de Salers nous ont confié leurs paroles, mises en récits dans ce dossier. Beaucoup d’entre eux avaient pris ce virage bien avant que l’on parle de la crise du sens du travail, ils en parlent dans leurs récits.The Conversation nous propose un éclairage sur leur travail.
Une avalanche de nouveaux récits de travail, un événement avec le livre « le travail à l’épreuve de la crise sanitaire », un peu de poésie et nos lectures-visionnages du mois
La solitude de la dessinatrice de presse indépendante
Claire, graphiste et dessinatrice de presse nous a confié le récit de son travail . Elle nous a aussi confié sa vision du télétravail au féminin. Retrouvez-la sur son site. Il y est question de travail, dans les dessins qu’elle a réalisés pour des organisations syndicales comme la CGT, Sud ou la Confédération paysanne, pour des ONG comme Amnesty, Emmaüs, et bien des organisations dont vous pourrez aussi, à cette occasion, découvrir les activités militantes, notamment autour des enjeux de l’alimentation. Sans oublier le livre « La raison des plus forts – chroniques du procès France Télécom » paru aux Éditions de l’Atelier en 2020, dont Claire a abondamment illustré les audiences.
C’était au Cinéclub CNAM – Travail & Cinéma le 30 mars 2023.
L’objectif du Cinéclub CNAM Travail et Cinéma : explorer le travail à partir d’un choix de films qui, non seulement éclairent des processus complexes, mais révèlent des aspects du travail peu accessibles autrement. Le 30 mars 2023, c’était « Droit dans les yeux », un documentaire de Marie-Francine Le Jallu
Un atelier d’écriture autour de métiers hautement improbables et incontrôlables
À partir de « L’astiqueur de flaques d’eau »
L’astiqueur de flaques d’eau et autres métiers incongrus. D’Anne Kovalevsky, conteuse lyonnaise, illustré par Gaël Dod, Croix-Roussienne, autrement dit originaire de la colline de la Croix-Rousse, à Lyon. Jacques André Éditeur – 2008
Pris dans l’engrenage du quotidien, vous n’osez rêver à un autre métier, une autre activité ? Gardien de nuages, Effeuilleur de marguerite, ou Berceur de marmotte sont des professions hautement poétiques. Si l’on entre dans le monde de ces deux enthousiastes conseillères d’orientation plutôt originales, tous ces métiers, rarement rémunérateurs, sont accessibles à condition d’une bonne endurance physique, de capacité à la rêverie ou d’une solide formation. Bien sûr, ils ne sont pas très connus des patrons du CAC 40 ni des journalistes des Échos, ils méritent pourtant d’être popularisés auprès des élèves de 3ème ou même de Terminale. D’ailleurs, pour les personnes intéressée un catalogue des centres de formation figure à la fin du fascicule. Ce livre m’a inspiré un charmant atelier d’écriture. Chaque mois, entre trois et sept personnes se retrouvent à Grigny, non loin du Rhône, dans l’arrière-salle d’un petit café joliment intitulé L’heure du Goût-Thé. Après avoir lu quelques extraits du livre, nous avons cherché ensemble d’autres métiers tout aussi poétiques. Nous avons trouvé : Éducateur de Doudous, Arpenteur de rues en impasse, Verdoyeur de nature, Polisseur de galet, Contrôleur de râleurs et même Gardien de mouche !
Retrouvez, sur le site de Claire, le portfolio de ses dessins . Vous y serez accueillis par son brocoli arborant fièrement un coquelicot. Eh oui, « nous voulons des coquelicots! ». Il sera question de travail dans les dessins réalisés pour des organisations syndicales comme la CGT, Sud ou la Confédération paysanne, pour des ONG comme Amnesty, Emmaüs, et bien des organisations dont vous pourrez aussi, à cette occasion, découvrir les activités militantes, notamment autour des enjeux de l’alimentation. Sans oublier le livre « La raison des plus forts – chroniques du procès France Télécom » paru aux Éditions de l’Atelier en 2020, dont Claire a abondamment illustré les audiences.
Débat avec les économistes Pierre-Yves Gomez et Thomas Coutrot, sur les enjeux du travail aujourd’hui
Le Collège des Bernardin, qui a organisé ce débat le 27 avril dernier, en propose la vidéo en ligne sur sa chaîne YouTube. Une heure à la fin de laquelle on se dit : ‘c’est déjà fini! »
Les deux intervenants écornent quelques idées reçues, notamment sur le fait que l’on travaillerait de moins en moins au cours d’une vie, que des outils performants suffiraient à préserver la santé, que les travailleurs ne seraient pas capables d’évaluer la qualité de leur travail, ou que ce seraient les normes qui feraient marcher les entreprises alors que c’est l’activité réelle déployée par les travailleurs, souvent envers et contre ces normes, telles que le taylorisme et ses avatars contemporains.
Un ouvrage co-écrit par Philippe Zawieja, co auteur en 2015 du Dictionnaire des risques psychosociaux, et Jean Francois Marmion, avec en plus les dessins de Mademoiselle Caroline. Un choix éditorial original pour transmettre de la connaissance sur un sujet complexe. La forme de BD rend la lecture fluide et claire. L’objectif de pédagogie est atteint et c’est important sur un sujet sur lequel chacun peut avoir un avis. Le lecteur suit Lucie, Théo et Anne pour explorer ce qu’est le burn out, forme ainsi dénommée d’épuisement professionnel. Quels en sont les symptômes ? Quelle en est l’origine ? Quelle part établir entre des notions proches mais à ne pas confondre comme le harcèlement ou le stress ? Au-delà de la définition indispensable du contour de cette notion, l’ouvrage évoque les modalités de diagnostic et de soin, sans omettre de signaler les solutions fausses ou limitées. Voilà un ouvrage sérieux qui aborde avec discernement un des maux du travail, pour apprendre à le repérer chez les autres et à s’en sortir sans pensée magique.
Tribune publiée par les Ateliers Travail & Démocratie
Nous l’écrivions le 8 mars dans ce billet : « paroles de femmes sur leur travail et sa pénibilité » : la réforme des retraites cristallise une crise du travail et de sa subordination. Alors que nous sortions à peine d’une crise sanitaire qui a probablement semé des graines exigeant de la reconnaissance, du sens et de l’autonomie dans le travail. Aujourd’hui, l’exécutif annonce vouloir s’attaquer à la question du travail. Acceptera-t-il le débat politique ? Les Ateliers Travail & Démocratie ouvrent des pistes dans la tribune qu’ils viennent de publier et que nous reproduisons intégralement ci-dessous.
Une lecture de l’ouvrage par François, des échos picorés par Christine dans les récits que nous avons publiés
La pandémie qui se déclare aux premiers jours de 2020 a-t-elle conduit à des modifications radicales de nos existences et plus particulièrement des conditions de travail de millions de salariés ? Nombre d’études ont été consacrées aux personnels des hôpitaux publics qui ont été largement soutenus notamment lors du premier confinement (mars – mai 2020). Eloges des pouvoirs publics et applaudissements chaque soir à vingt heures exprimaient tout à la fois notre admiration pour leur engagement mais aussi l’espoir de voir ces équipes vaincre un mal terrifiant. De même, les effets du télétravail contraint ont été largement documentés tant dans leurs dimensions professionnelles que familiales.
Les artisans de Salers, travail & territoire à Saint-Nazaire, les inédits de « l’urgence c’est de vivre » : 17 nouveaux récits de travail ; à lire aussi « Mécano », roman
Le métier d’artisan d’art, choix initial ou reconversion, exercé en solo ou en couple, à la limite entre artisan et artiste … c’est tout un parcours
Karine est céramiste plasticienne « Je pourrais dire que je suis passée de l’art à l’artisanat. Mais cela serait réducteur. Je n’ai pas abandonné l’art car, à part quelques séries, mes créations sont uniques. (…) Pour une partie de mes créations, j’utilise une vaste gamme de matériaux : c’est mon côté artiste plasticienne. Certains sont récupérés dans la nature tels des bois flottés, des bouts de fer rouillés, des boites en fer blanc, des fouets ménagers, des théières hors d’usage, des clous… (…) Leur usure, leur patine sont la marque du temps et je discerne un vécu, une histoire, une époque. Outre leurs formes, j’apprécie tout particulièrement les objets qui ont conservé un peu de leurs couleurs, surtout quand elles sont vives. Par expérience, je sais qu’ils vont m’offrir plus de chance d’aboutir à une création qui va me satisfaire. Ainsi, je donne une nouvelle vie à des objets abandonnés, des objets qui ne servent plus. » Lire le récit de Karine
Roman initiatique ? Poème épique en trois parties, 64 chapitres et 363 pages ? Traité technique ou documentaire ? Tout cela à la fois. L’apprentissage occupe le premier tiers de l’ouvrage. Le mécano, dès sa formation, une école de la soumission, est initié par un moniteur critiqueur, qui fait peur. Mais après 95 candidatures, quand il ne reste que douze personnes en formation, réduites ensuite à quatre conducteurs ayant réussi l’examen, ce formateur se révèle être un homme au grand cœur. Il devient enfin humain.