“Ils disent que j’ai un super-pouvoir”

Sami, instituteur en CE1

L’école internationale de Lyon – Wikicommons

Mes collègues instits trouvent que j’ai une plus grande capacité qu’eux à repérer rapidement les élèves en difficulté. Ils disent que j’ai un super-pouvoir… Dans leur classe, ils peuvent voir tout ce qui se passe, déceler des choses sur les visages, mais ils ne peuvent pas regarder chacun des vingt-six élèves tout le temps… et ils n’entendent pas tout… Moi qui suis non-voyant, je repère les émotions, les états d’âme de tel ou tel élève, rien qu’à sa voix.

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Au début on a les mains blanches dans la poésie, puis dans le cambouis.

Jacques, organisateur d’un festival de poésies et de chansons

Mes racines familiales sont ici à Valensole. Mon père a été agriculteur ; sa ferme est aujourd’hui tenue par un neveu. Mon épouse est née dans un village tout proche. Aussi, après nos vies professionnelle d’agents publics, nous avons fait le choix de nous installer ici à Valensole où nous résidons depuis une dizaine d’années. Au cœur du département des Alpes de Haute-Provence, le plateau de Valensole accueille d’immenses champs de lavandes mais aussi de blé dur. Les villages de ce plateau à 600 mètres d’altitude ont été durement affectés par l’exode rural.

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Pour en finir avec le Machin

Les désarrois d’un consultant en management, un livre de Norbert Alter

Notre ami Jean-Marie Charpentier a chroniqué le dernier livre de Norbert Alter dans la revue CFDT Cadres, c’est ici. Nous ne pouvons que vous en conseiller la lecture (de la chronique de Jean-Marie et du livre de Norbert Alter). D’abord, c’est drolatique au possible. Il s’agit d’une fiction écrite à la première personne qui se lit comme un roman. Vous vous y retrouverez forcément, surtout si vous avez eu, de près ou de loin, à subir les affres des solutions toutes faites des « consultants-valises » sur votre lieu de travail. Vous savez, ces brillants sujets, formés dans les business schools ou les écoles d’ingénieurs, qui arrivent dans les entreprises avec des solutions pré-construites,  déjà formatées sous forme de « slides », sans rien connaître du contexte ni de ce que pensent les intéressés de leur activité et encore moins des solutions bricolées qu’ils ont déjà mises en place pour faire le travail …. Et qui font miroiter l’organisation idéale…. Norbert Alter les attend au tournant « au Karcher »…. et, mine de rien, synthétise la plupart de ses découvertes de sociologue.  Un livre distrayant et une véritable œuvre de (grand) chercheur en sociologie. Merci Norbert de cette bouffée de fraîcheur et de science. »

EPR Flamanville, un chantier sous tensions

Note de lecture : comment un grand projet se heurte, entre autres raisons, aux conditions techniques, humaines et sociales de réalisation du travail 

Sous la direction de Jean-Charles Risbec, avec Jack Tord et Jean-François Sobecki – Éditions du Croquant, avril 2023

L’EPR1 de Flamanville bat tous les records. Puissance électrique la plus importante pour un réacteur nucléaire en France, promesse d’une sûreté nucléaire et d’une rentabilité économique accrues, mais aussi allongement considérable de la durée de construction par rapport aux prévisions, médiatisation des malfaçons et inflation des coûts : à l’origine du projet en 2004, la mise en service était annoncée en 2012 mais elle ne devrait avoir lieu, après de nombreux reports, qu’en 2024, si tout va bien ; quant à l’estimation initiale de 3,4 milliards d’euros, elle a été revue à la hausse à de nombreuses reprises ; en 2022, EDF a avancé un montant de 13,2 milliards…

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Santé et travail, paroles de chômeurs

Note de lecture de cet ouvrage qui va a rebours de bien des idées reçues sur les chômeurs.

Dominique Lhuilier, Dominique Gelpe, Anne-Marie Waser (Sous la direction de), Editions Éres, collection Clinique du travail, Toulouse, 2024, 316 p., 23 €.
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La crise d’attractivité du secteur social et médico-social : un enjeu de santé au travail

Un point de vue construit par Serge Jamgotchian à partir de sa pratique d’évaluation des risques professionnels

La crise d’attractivité que traversent les établissements et services sociaux et médico-sociaux à but non lucratif est largement partagée et documentée. Les difficultés de recrutement et de fidélisation se traduisent notamment par un accroissement du nombre d’intérimaires. Cette perte d’attractivité serait-elle le symptôme d’une perte de sens au travail si ce n’est d’un mal-être ou d’une souffrance au travail ? N’est-elle pas également le signe d’une transformation des trajectoires professionnelles et de nouvelles aspirations des salariés ? En quoi l’évaluation et la prévention des risques psychosociaux en s’inspirant des « ergodisciplines » peut-elle concourir à rendre plus attractifs ce secteur et les métiers du « prendre soin » ? En définitive, il ne semble pas possible, ni souhaitable, d’espérer restaurer l’attractivité des structures du « prendre soin » si l’on ne prend pas soin des institutions dont c’est le métier et de celles et ceux qui y travaillent.

L’article est disponible en ligne, ici.

J’ai pris une claque

Avec le film Petites mains (sous-titré : La lutte avec classe), sorti le 1er mai, tout un symbole !

Je suis ressortie de la salle le cœur gros comme ça avec l’impression d’avoir reçu une grande claque.

Des histoires parallèles se croisent. Le travail réel des femmes de chambre dans les suites du palace et celui de celles qui font le piquet de grève  devant le palace ; les femmes de chambres, les internes (en CDI) et les externes, (en sous-traitance) ; les amours, les vies de couple, les vies familiales des personnels / personnages ;  la femme de chambre expérimentée (interne), qui jamais ne fait grève et qui doit s’enquiquiner à former une petite jeune qui vient d’arriver (externe), embauchée pour « casser la grève » ; le bagagiste qui a la chance de plus que tripler son salaire car il est en contact avec le riche client (« 500€ pour changer la chaîne de la télé ») et les femmes de chambre, invisibles, qui ne gagnent que 12€ par « unité » de 45 minutes ; le client qui débourse « 16€ pour un coca, 74€ pour un sandwich club de pain de mie » ou l’équivalent, pour une nuit, du salaire annuel d’une femme de chambre ; la « vieille » femme de chambre qui fait tout pour dégoûter la jeune qui vient d’arriver : « Mais qu’est-ce tu fous là ? », sous-entendu, à ton âge, tu ferai mieux de retourner à l’école, conseil que cette dernière finira d’ailleurs par suivre.   

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Mal travail – Le choix des élites

Un livre de François Ruffin, nourri de paroles qui entrent en résonance avec nos récits de travail

Si l’auteur écrit avec la verve du journaliste, il s’exprime ici à partir de son travail de parlementaire, dans sa circonscription, sur le terrain, et à l’Assemblée nationale sur le sujet de la Branche AT-MP de la Sécurité sociale, avec ses auditions et ses nombreuses lectures. Il y a beaucoup de travail dans ce livre du député-reporter. Puissent tous nos parlementaire et leurs équipes enquêter ainsi et maîtriser aussi finement les dossiers qui leur sont confiés ! Le livre commence par un constat : la fierté craque.

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La force du récit pour donner la parole au travail

À lire sur le blog de Jean-Marie Charpentier

Pour preuve, en voici quelques extraits
Quand les salariés parlent de leur travail, quand des récits révèlent les « mondes sociaux » du travail, c’est en fait le travail qui parle. Et c’est ce dont on a besoin dans le moment présent.
C’est une part du travail réel et du rôle des acteurs que l’on peut révéler, mettre au jour grâce au récit. Or, il fait défaut. Le manque de récit dans le travail et l’entreprise rejoint d’ailleurs un manque que l’on constate plus largement dans la société, dans le champ politique. 
Le récit s’appuie sur l’enquête, l’entretien, la parole donnée aux acteurs. Il faut pouvoir sentir comment les choses se mettent en place, comment un métier se déploie, s’organise. Pas de récit sans enquête, sans attention aux faits, sans « passeurs du réel ». Le récit raconte ce qui peut être dit et fait dans un groupe ou un collectif. Il a une force de légitimation des acteurs, en l’occurrence des salariés quand il s’agit du travail.

Cet article de Jean-Marie est à paraître dans le n°500 de la revue Cadres CFDT en avril 2024. On peut le lire en avant-première sur son blog.

Santé et travail, paroles de chômeurs

Dominique Lhuillier, Dominique Gelpe et Anne-Marie Waser présentaient leur ouvrage le 27 mars dernier au CNAM

Les médias évoquent de manière récurrente les difficultés rencontrées par nombre de branches professionnelles pour pourvoir des emplois vacants. Ils rappellent parallèlement que le taux de chômage demeure en France supérieur à 8% de la population active. « Suffirait-il de traverser la rue », ou de : « Faire le tour des brasseries installées en front de mer pour obtenir un emploi » ? Mais que savons-nous du vécu professionnel et personnel des personnes en quête d’emploi sachant que 40 % d’entre eux ne sont pas indemnisées. Cet angle mort conforte la diffusion d’idées reçues sur leurs situations : ils seraient des « tire au flanc », des « assistés profitant de la solidarité nationale », … Dès lors, ces représentations légitiment aux yeux du grand public le développement de normes destinées à réduire les droits des demandeurs d’emploi à une prise en charge.

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Le piège du prêt-à-penser

Sandra Enlart évoquait son essai « Quand le bien et le mal s’invitent au travail » lors d’une Master Class de l’ITMD le 21 mars dernier

Presses Universitaires de France – 2022

Lors de la Master class organisée par l’ ITMD le 21 mars 24. Sandra Enlart parle de son dernier essai : « Quand le bien et le mal s’invitent au travail » , une étude sur les discours moraux dans et sur l’entreprise.  Le monde de l’entreprise, comme le monde du travail en général, est traversé par des croyances et des discours moraux. Qui sont les bons, qui sont les méchants ? Qu’est-ce qui est bien, qu’est-ce qui est mal ? Ces certitudes fonctionnent souvent sur un mode moral binaire : les bons – les méchants, le vrai – le faux, les ringards – les modernes. Elle note ainsi une antienne  chez les managers, les salariés, les syndicats d’une part  et une autre chez les chercheurs ou critiques d’autre part. Des  refrains  dans et hors l’entreprise, teintés de morale qui ont pour intention de responsabiliser, de définir le bien, le juste, le vrai… sans  que quiconque ait  évalué la véracité des  propos tenus. Elle a voulu comprendre les implicites, les postures sous-jacentes, les aveuglements, les croyances, ces « comment on pense », d’un côté comme de l’autre, sans  porter de jugement moral ou philosophique.

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« Moi, j’aime pouvoir faire mon travail de manière bien organisée »

Jordan, agent de service au sein d’une maison de retraite

Le maniement de l’auto-laveuse

Au début de mon travail d’agent de service en maison de retraite, la cadence était trop intense pour moi. Je m’efforçais de me concentrer sans arrêt pour bien réaliser ce qui m’était demandé : réceptionner le linge propre, le trier, le plier… Si les changements me troublent ou si me concentrer me demande plus d’efforts qu’aux autres, c’est que je suis classé comme autiste léger.  Je souffre en effet de dysgraphie et de difficultés de langage. Compte tenu de mon handicap, le médecin du travail a proposé un emploi du temps aménagé. Je travaille cinq jours par semaine, du lundi au vendredi, pour un total de trente heures. Et je commence une heure plus tard que mes collègues, à sept heures trente. 

Aujourd’hui, je peux dire que, dans mon travail, je tiens le rythme. Je m’adapte aux petits imprévus, mais si un changement intervient sans que j’aie été prévenu, ça me stresse. C’est par exemple le cas, quand je dois interrompre soudainement le maniement de l’auto-laveuse. Moi, j’aime bien pouvoir faire mon travail de manière organisée.

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Quand les femmes n’ont plus le droit de travailler ni d’étudier

Deuxième saison de “Outside Kaboul”, un Podcast de Caroline Gillet, sur France Inter

En ce 8 mars, un peu par hasard, j’ai écouté le Podcast « Outside Kaboul » sur Radio France.  La journaliste Caroline Gillet a recueilli pendant plus de deux ans, dès 2021, le témoignage de Marwa et Raha, deux jeunes femmes afghanes actuellement en exil en France. Elle publie leurs paroles dans le podcast. Au passage Caroline Gillet cite et loue les technologies numériques, inconnues lors de sa formation de journaliste , comme étant au cœur de la réalisation de ce podcast. Elle n’est jamais allée à Kaboul, elle n’a rencontré physiquement Marwa, exilée à Paris, que tard après les premières paroles échangées. Ces récits co-construits par ces 3 femmes, une encore à Kaboul, Raha, l’autre exilée en France, qui a pu s’inscrire dans une haute école française, nous ramènent à la condition des femmes, bien sûr. La leur et la nôtre dans un pays occidental.

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L’arrivée des femmes dans la sphère du travail : une aventure pour elles et pour les hommes

Au XIX° siècle, déjà

Femme au bureau

Elle entre dans la salle du conseil, tailleur noir, talons hauts, un vêtement féminin mais sans ostentation. Les administrateurs, réunis pour la circonstance, la découvrent ce jour-là. L’accueil est courtois. Elle s’assoit  naturellement à une place laissée libre mais rien ne se passe. Ils attendent que le patron de Margaret arrive. Mais Margaret est elle-même le patron. Après trois minutes ou plutôt plusieurs secondes de flottement, tout rentre dans l’ordre et elle peut présenter son projet. Plusieurs vont lui couper la parole mais elle en a l’habitude. Dans les réunions, les femmes se font interrompre plus souvent que les hommes, y compris à niveau de responsabilité équivalent. L’arrivée des femmes dans la sphère du travail est toujours une aventure. Pour elles mais aussi pour les hommes.

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Les dernières nouvelles de la Compagnie – janvier / février 2024

Nos publications, nos discussions, nos projets, nos lectures et nos films … on vous dit tout

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Révéler le métier par son récit

La démarche de la Compagnie Pourquoi se lever le matin ! fait école

L’association française de communication interne (Afci) https://www.afci.asso.fr/ qui réunit les communicants internes de nombreuses entreprises françaises vient de démarrer un atelier visant à collecter des récits de métiers de ses adhérents. Vincent Brulois, administrateur de l’Afci, présente ici la méthode de recueil et de production des récits de métier de communicants. Elle est basée sur la méthode mise au point par La Compagnie Pourquoi se lever le matin !

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Mémoire ouvrière en Val d’Aubois – Journal de recherche

Note de lecture

A la lecture du titre, nombre de lecteurs pourront assez légitimement se poser deux questions. D’une part, en quoi un ouvrage destiné à rendre compte d’une  mémoire ouvrière peut-il apporter une contribution significative à un champ dont la bibliographie s’avère fort abondante voire redondante ? D’autre part, où situer le Val d’Aubois ? Dans les Vosges frappées par la désindustrialisation ou dans le Massif central en lien avec l’épuisement de quelque mine ? C’est le sous-titre qui nous éclaire sur l’originalité du propos, conforté dans l’introduction par l’explicitation du projet de Laurent Aucher : « Saisir la sociologie en actes : tel est, me semble-t-il, le premier intérêt de ce carnet » (p.17). L’auteur affirme donc vouloir révéler les conditions très concrètes de son travail de chercheur en sciences sociales. Tel un modeste artisan fier des outils qu’il a lui-même fabriqués, il nous conduit dans les coulisses de son enquête. 

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Un « retour à la normale » qui ne peut pas être un « retour en arrière »

Vincent, technicien en laboratoire d’analyses biologiques

« Je ne pouvais pas m’installer dans les grands open-spaces où le moindre virus se transmet à toute vitesse« 

« On t’enlève du labo, on te met sur un ordinateur ».  C’est la solution que mes employeurs ont proposée, il y a deux ans, quand, après avoir combattu un lymphome hodgkinien, je suis revenu travailler dans le laboratoire qui m’emploie. Ce cancer du sang, traité ordinairement facilement, avait été réfractaire aux traitements les plus efficaces. Il a fallu, pour le vaincre, passer par une autogreffe de moelle osseuse. Affaibli par les chimiothérapies et les divers traitements, avec des défenses immunitaires très déficientes, j’ai repris mon travail, en juin 2023, dans le cadre d’un mi-temps thérapeutique et sous le statut de « handicapé temporaire ». Non seulement, en effet, j’avais besoin d’un aménagement de poste pour m’aider à gérer la fatigue, mais il était hors de question de m’exposer aux risques biologiques évidents dans tout laboratoire d’analyses… 

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Et si on parlait principe de rémunération ?

En réaction à l’annonce d’Emmanuel Macron pour la rémunération au mérite des fonctionaires

Emmanuel Macron, parmi les annonces faites lors de sa conférence de presse, a annoncé son intention de déployer la rémunération au mérite au sein de la fonction publique, notamment à l’Éducation Nationale, présentant cette mesure comme l’un des éléments de réponse aux difficultés que rencontre l’école et aux difficultés de recrutement des enseignants.

Au cours du temps, de nombreux qualificatifs ont été utilisés pour qualifier la rémunération conçue comme la contrepartie du temps passé au service de l’employeur. Par exemple le salaire à la pièce ou à la tâche, le salaire à la qualification de la personne ou de l’emploi et le salaire au mérite. Ces qualificatifs ne sont pas neutres car définissant le statut des salarié-e-s et donc celui du travail et les outils de sa rémunération. La rémunération au mérite est-elle vraiment différente de la rémunération à la pièce ou à la tâche, enfermant le salaire dans la seule contrepartie d’une production évaluée par la hiérarchie, par le management pour reprendre les termes de l’entreprise ? Et pourquoi la rémunération à la qualification, caractéristique des statuts de la fonction publique et des entreprises publiques adoptés en 1946, a-t-elle été présentée depuis plusieurs décennies comme inadaptée, dépassée et frein à leur modernisation ?

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La ferme des Bertrand : un film de Gilles Perret

Un film de Gilles Perret pour voir et comprendre le travail dans une petite exploitation agricole

Gilles Perret vient en voisin filmer la ferme de la famille Bertrand depuis 1972, date du premier documentaire qu’il leur a consacré. Il revient en 1997, puis en 2022. La ferme des Bernard sort cette année, en 2023. Dans ce troisième documentaire, nous nous promenons dans le temps et dans l’espace. Les trois époques s’entrelacent, retour en arrière, comparaisons avec les techniques qui, progressivement prennent le pas sur le travail physique, très dur, de ces paysans montagnards : « Le travail, tout le temps, mais nous pensons qu’il n’y a pas d’autres façons de faire pour essayer de s’en sortir ». Le film commence par la visite d’une autre ferme et de sa trayeuse qui, munie d’une caméra détecte les pis de la vache, les lave et va automatiquement se fixer sur les tétines.

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Le travail à l’épreuve de la pandémie, la discussion continue

Ce sera le 16 janvier lors de la prochaine MasterClass de l’ITMD

MASTERCLASS LE 16 janvier 2024 – Par visioconférence de 18H30 à 20H
Inscriptions en ligne, sur le site de l’ITMD.

« Les masters class de l’ITMD ou comment entendre des points de vue sur le travail »

Nous avons l’honneur d’inviter François Granier qui nous présentera à partir de ses travaux quels enseignements et quels scénarios pour le futur  du travail? Francois Granier est sociologue, chercheur associé au sein du Lise (Laboratoire Interdisciplinaire pour la Sociologie Economique – Cnrs/Cnam) et  membre de l’association « La Compagnie. Pourquoi se lever le matin! »

Le travail à l’épreuve de la pandémie

Écouter le podcast de la conférence APSE du 12 décembre, visualiser le support de présentation

Le mardi 12 décembre 2023 à Paris au Café du Pont-Neuf mais également en ligne, François Granier a présenté son ouvrage « Le travail à l’épreuve de la pandémie – Scénarios pour demain » paru aux éditions « Raison et Passions », en septembre 2023. Plus de vingt-cinq participants étaient assis à l’étage du Café du Pont Neuf à Paris alors qu’une vingtaine étaient « en ligne ». En introduction, Jacques Viers a présenté les finalités de l’association « La Compagnie. Pourquoi se lever le matin ! » et rappelé ses méthodes de recueil de récits de travail. François a présenté son ouvrage de manière très pédagogique en projetant des extraits des 55 récits de travail qu’il a analysés. Il a aussi évoqué les coulisses de la fabrication du livre avec les membres de la Compagnie et débattu de l’approche sociologique qu’il a utilisée pour construire l’ouvrage: l’analyse culturelle des organisations (Sainsaulieu- Piotet). Il a également discuté les scénarios proposés dans l »ouvrage.

L’enregistrement de la conférence et du débat est en ligne, ici, sur le site de l’APSE. Nous vous proposons de l’écouter en visualisant le support utilisé pour la conférence.
L’ouvrage est toujours disponible : commande en ligne auprès de la Compagnie Pourquoi se lever le matin !

Nous poursuivons le débat lors de la prochaine MasterClass de l’ITMD. Inscription en ligne.

Le travail à l’épreuve de la pandémie

Une interview de François Granier, à lire sur le site de « Non Fiction »

Le vécu des travailleurs, les revendications d’autonomie et les questions qu’a pu susciter le télétravail, les difficultés des entreprises pour répondre à ces évolutions, les « futurs possibles » : 5 questions posées à François, auxquelles il répond dans l’interview publiée ce 7 janvier par le site « Non fiction ».

Le travail à l’épreuve de la pandémie

On en parle sur « Babélio »

 » Le confinement de mars 2020 et les avatars qui lui ont succédé ont généré nombre d’études et de recherches sur la question du travail comme expérience existentielle, comme activité groupale ou individuelle. L’espace de travail, par exemple, s’est imposé comme un objet d’étude de premier plan qui a intéressé les sociologues des organisations, les psychologues du travail, les ergonomes, les chercheurs en sciences de gestion… Les travaux sont pléthoriques sans que tous atteignent pour autant une scientificité à la hauteur de leurs ambitions et prétentions. Dans ce contexte de surabondance éditoriale, la publication le travail à l’épreuve de la pandémie. Scénarios pour demain portée par François Granier, sociologue confirmé se référant au courant de l’analyse culturelle des organisations instituée par le regretté Renaud Sainsaulieu, apporte un souffle inédit au coeur de cette production somme-toute conventionnelle. »

Rencontre au CCP de Saint-Nazaire autour des réalisations de la Compagnie

C’était le 21 décembre 2021, à l’invitation des « Jeudis populaires » du Centre de Culture Populaire.

Le 21 décembre, à l’invitation des « Jeudis populaires » Pierre est venu échanger avec les adhérents du « Centre de Culture Populaire de Saint-Nazaire » autour du projet et des réalisations de la « Compagnie Pourquoi se lever le matin ! ».
La démarche de la Compagnie a suscité d’autant plus d’intérêt que le CCP œuvre depuis 60 ans pour conjuguer travail et culture. De son côté, la Compagnie a produit plusieurs ouvrages qui ont donné la parole aux travailleurs de Saint-Nazaire. Ce fut le cas particulièrement pour le livre « Le train comme vous ne l’avez jamais lu » (éd. de l’Atelier) qui a été réalisé en grande partie grâce à la coopération des cheminots nazairiens ; et pour « L’urgence c’est de vivre » (ed. de l’Atelier) dont l’objet a été de recueillir les récits des personnels qui forment la chaîne de soins du service d’oncologie de la Clinique mutualiste.

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