« Les soignants sont autant dans l’humain que dans le technique »

Fabien, infirmier aux urgences de l’hôpital

Parole de mars 2021, mise en texte avec Pierre

Ce jour là, je suis infirmier d’accueil aux urgences de l’hôpital de Saint Nazaire. Une femme se présente avec une demande d’échographie pour une douleur abdominale. « Mon médecin me dit que j’ai peut-être une appendicite. J’ai appelé quatre ou cinq cabinets de radiologie. Aucun ne peut me proposer un rendez-vous avant quinze jours. » L’hypothèse diagnostique du médecin traitant n’est pas anodine. De plus, même si elle n’est pas très douloureuse, cette femme est suffisamment gênée, et son état est susceptible de se dégrader rapidement. Elle est un peu désolée. Elle voit bien que sa situation n’a rien à voir avec celle des gens qui arrivent avec des traumatismes ou des crises aigües. Elle a pourtant réellement besoin, maintenant, de déterminer quelle sera la suite pour elle.

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Je travaille à l’hôpital public par choix complet, absolu (1/6)

Jean-Luc , chef de pôle au CHU de La Timone

Parole du 30 janvier, mise en texte avec Olivier

A la fin de mes études, il n’y avait pas de place universitaire et je suis allé travailler dans le privé. J’ai fait 6 ans d’activité libérale comme chirurgien orthopédiste adulte, où j’ai gagné beaucoup, beaucoup d’argent. C’est très lucratif, le libéral.

Ensuite, comme cela avait été évoqué avec mes maîtres, j’ai rejoint l’hôpital pour un poste universitaire de professeur agrégé et j’ai fait le parcours habituel de chef de service. D’abord les urgences pédiatriques pendant quinze ans, puis une dizaine d’années de chef de service d’orthopédie pédiatrique, où je n’opère pratiquement plus que des colonnes vertébrales et des tumeurs malignes chez les petits enfants.

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« Aujourd’hui, la suprématie de la rentabilité économique conduit à reléguer au second plan l’exigence de la qualité des soins »

Stéphane, Professeur hospitalo-universitaire au CHU « Robert Debré » – Paris

Parole du 13 février 2021, mise en mots par François

Après ma formation à la faculté de médecine de Limoges, j’ai réalisé mon internat de Pédiatrie en Basse Normandie au CHU de Caen, et je suis arrivé à Paris pour effectuer la fin de mon internat et une année de recherche. J’ai à présent 51 ans. En 2006, je suis devenu Professeur des Universités –Praticien Hospitalier et j’ai simultanément pris la responsabilité du service de réanimation pédiatrique à l’hôpital Robert Debré, à Paris. Chaque année notre service accueille dans des situations de santé altérées environ 1.000 à 1.200 enfants : du nourrisson de deux jours de vie à l’adolescent jusqu’à 18 ans.

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Ateliers pour la refondation du service public hospitalier

Pour suivre l’actualité des Ateliers, c’est ici : https://ateliersrefondationhopitalpublic.org/

Ces Ateliers ont été lancés en pleine crise sanitaire par le Collectif Inter-Urgences, les Économistes Atterrés, le Collectif Inter-Hôpitaux, le Printemps de la psychiatrie, les Ateliers Travail et Démocratie dont l’Appel du 7 juillet 2020 a été rejoint par de nombreux signataires, collectifs et individuels, notamment la Compagnie Pourquoi se lever le matin ! En effet, l’Atelier est bâti autour de témoignages du travail concret de personnes travaillant dans le secteur de la santé et d’usagers de ces services publics. Ces récits, que nous contribuons à réaliser, alimentent les réflexions pour réinvestir les collectifs de soin, le travail institutionnel et la question critique de la gouvernance avec en son coeur la démocratie sanitaire à réinventer. Une dizaine de textes sont déjà parus, à lire ci-dessous. D’autres sont en préparation.

Vu « d’en haut », du moment qu’on opère les gens, tout va bien

Philippe, anesthésiste-réanimateur en chirurgie cardiaque

Parole du 5 février, recueillie par Pierre, mise en texte par Christine

Le CHU Laennec

Un patient comme ce jeune de quarante ans, qui a fait un arrêt cardiaque, arrive dans mon service parce que les grosses machines sont ici. C’était la semaine dernière, il était en bonne santé, sans aucun antécédent. Sa femme avait suivi le camion du SAMU, mais elle n’a pas pu entrer dans la chambre de réanimation tout de suite parce qu’on avait énormément de tuyaux à installer.

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Actuellement, c’est compliqué pour nous, il y a un clair risque pour la démocratie syndicale

Valérie, Secrétaire syndicale, branche « Transports » – Canton de Genève

Parole de février 2021, recueillie par Martine, mise en texte par François

Mon travail est extrêmement protéiforme. Je suis secrétaire syndicale en charge des salariés de la branche « Transport » pour le canton de Genève. Je suis donc salariée de mon syndicat : le SEV. J’ai en responsabilité les travailleurs des transports, c’est à dire ceux en poste aux Chemins de Fer Fédéraux (CFF), mais également les travailleurs des TPG (Transports Publics Genevois) ceux des tramways, des trolleybus, des autobus, des bateaux et même ceux affectés aux remontées mécaniques, qu’ils les conduisent, les réparent ou les organisent … et ce, qu’ils soient employés dans le secteur public ou dans des entreprises de droit privé réalisant des prestations publiques.

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“Si on ne se réunit plus, on ne peut plus soigner”

Delphine, praticien hospitalier en psychiatrie

Parole du 16 février 2021, mise en texte avec Christine

A la Queue-en-Brie, chacun des six pavillons de l’hôpital des Murets est un service. Dans celui dont je suis responsable nous avons vingt-neuf chambres, plus une chambre d’isolement. Les personnes peuvent être hospitalisées quelques jours, quelques semaines ou mois, sortir, revenir. Certaines ne peuvent pas sortir, comme ces patients psychotiques qui sont là depuis vingt ans. Il y a eu des tentatives pour les faire sortir, vers des appartements thérapeutiques, mais ils sont revenus au bout de quelques jours ou semaines. Ils ont tous leurs repères dans l’unité d’hospitalisation, ils ont besoin d’une approche thérapeutique.

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“Pour continuer à faire vivre la pédopsychiatrie”

Martin, pédopsychiatre dans une Unité d’accueil familial thérapeutique et Centre médico-psychologique

 Parole du 16 février 2021, mise en texte avec Jacques

L’approche analytique, la psychodynamique sont indispensables à ma pratique. C’est une évidence. Cependant je ne suis pas allé jusqu’à devenir psychanalyste. Je m’occupe d’enfants qui sont dans des familles d’accueil et aussi protégés par l’Aide sociale à l’enfance. Ils ont eu un démarrage difficile dans la vie. Ils ont subi des carences et ont dû faire face à des maltraitances de la part de parents qui n’arrivaient pas à être parents pour des raisons souvent très tumultueuses. Ils sont protégés par le juge parce que leurs parents ne peuvent s’en occuper, en raison souvent de problèmes psychiatriques.

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Entre cours en visio et stages, les pérégrinations d’une étudiante

Anne-Charlotte, étudiante en médecine

Parole du 18 janvier 2021, mise en texte avec Martine

De mars à juin 2020 en pleine crise sanitaire, j’étais en troisième année de médecine, je n’avais plus de cours, j’étais confinée, chez moi, avec mon conjoint. Les professeurs nous envoyaient les diaporamas correspondant à leur cours en amphithéâtre, sur notre espace de travail virtuel. On a bossé, tout seul à la maison, chacun de notre côté, même si avec mon petit groupe d’amis on s’appelait tous les jours.

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Pour une psychiatrie humaine

Olivia, militante associative

Parole du 21 décembre 2020, mise en texte avec Christine

Est-ce que le militantisme est un travail ? En tous cas, c’est le travail que je me donne, avec l’association HumaPsy, où il faut avoir eu une expérience de la psychiatrie en tant que patient pour être membre actif, et où les tâches sont partagées, ça tourne. La notoriété d’HumaPsy est encore faible mais les réseaux sociaux fonctionnent bien.

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Débrancher sa caméra en visioconférence : ce n’est pas qu’une affaire de débit internet

Pascale, coach et facilitatrice en intelligence collective.

Parole du 15 décembre 2020, mise en texte avec Roxane

Le télétravail, c’est paradoxal pour moi. Je peux en dire tout et son contraire. Il est outil d’équilibre et de déséquilibre individuel et collectif. Tout le monde est très content que cela se mette en place, mais il y a des travers sur le plan social et psychologique qui ne sont pas encore analysés. 

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Les « petites barcasses » ont su mieux s’adapter que les « gros paquebots ».

Michel, ingénieur de recherches

Parole du 17 décembre 2020, mise en texte avec François

J’ai une formation de pharmacien mais depuis 1989 je ne travaille plus en officine car je me suis alors engagé dans l’association AIDES dès la fin de mes études et ainsi participé à la mise en place de réponses communautaire avec toutes les personnes infectées ou affectées par le VIH … et j’ai continué à mener ces  actions tout au long de ma vie dans plusieurs structures dont le centre régional d’information et de prévention du sida et pour la santé des jeunes (CRIPS) en Ile de France pendant quelques mois entre 2015 et 2016.

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« Nous étions devenus des personnes en mission humanitaire dans un pays qui est l’un des plus riches de la planète. »

Elisa, accueillante, conseillère conjugale et familiale

Parole du 21 décembre 2020, mise en texte avec François

« Le château en santé » est situé dans le quinzième arrondissement de Marseille. Il est installé dans une bastide du dix-neuvième siècle qui a été longtemps inoccupée. Il offre aux habitants de ces quartiers, situés au nord de la ville, des consultations de médecine générale, des entretiens sociaux ou infirmiers, des suivis orthophoniques, de l’interprétariat… Nous avons fait le choix d’une logique d’action explicitement pluridisciplinaire. En complément d’approches individualisées nous développons des dispositifs collectifs au travers de différents groupes de réflexion, de marche, de parole, d’entraide et de partage des savoirs et des expériences.

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L’entraide permanente, c’est le soin

Patrick, psychiatre de service public, en charge du Centre Antonin Artaud

Parole de décembre 2020, mise en texte avec Pierre

« … J’ai franchement l’impression de vivre dans un monde de fous ! Comme si on voulait nous imprégner d’une réalité qui semble fausse, alors que je passe mon temps à m’ancrer dans votre réalité avec mes troubles psychiques… » Le patient qui s’exprime ici a eu un très long trajet psychothérapique avec le Centre de jour Antonin Artaud que je dirige, à Reims. Il a dû faire un énorme effort pour arriver à se sortir de la folie qu’il a traversée. Et voilà maintenant qu’on lui demande d’entrer dans la réalité d’un confinement qui a toutes les apparences d’une situation folle.

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Le métier de guide conférencière à l’épreuve du virtuel

Émilie, guide conférencière

Parole du 15 novembre 2020, mise en texte avec Christine

Pour découvrir son travail sur le terrain, voir aussi le texte « Versailles pour tous les publics »

Au mois de mars, j’ai eu de grosses angoisses à l’annonce du confinement général. À Versailles, nous nous étions tous dit « à dans quinze jours ! » quand ils ont fermé le château. Mais j’avais très peur que la RMN, la Réunion des Musées Nationaux, nous mette en chômage technique, donc à 80% de mon salaire. Quant à mon autre activité, de guide conférencière indépendante…

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Versailles pour tous les publics

Émilie, guide conférencière

Parole du 15 novembre 2020, mise en texte avec Christine

Pour mieux comprendre les effets de la crise sanitaire sur son travail, voir aussi le texte : « le métier de guide conférencière à l’épreuve du virtuel »

Le 6 juin, Versailles a été le premier musée à rouvrir après le premier confinement et les conférenciers ont énormément travaillé … jusqu’au confinement de novembre. Les touristes ne sont pas revenus, les entrées au château ont baissé considérablement. Mais les franciliens sont venus en famille et ils voulaient davantage que ce qu’ils connaissaient déjà.

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P.S. Le télétravail d’accord, mais avec de la souplesse

Françoise, agente bancaire, commerciale

Parole de novembre 2020, mise en texte avec Roxane – Post Scriptum au texte J’aime bien cloisonner : chez moi c’est chez moi et la banque, c’est la banque !, du 15 juillet 2020

Entre les deux confinements deux équipes ont été créées, qui alternaient bureau et télétravail. Dans mon service, où on est une vingtaine, le patron autorisait chacun à venir au bureau à condition de ne pas  être trop nombreux et d’adopter les règles sanitaires, que nous rappellent les  inspecteurs  du travail, et qu’il s’agit  de respecter. 

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Je ne suis pas une femme de distance

Pia, syndicaliste aux Hospices Civils de Lyon

Parole de décembre 2020, mise en texte avec Martine

Mon travail et la première de mes responsabilités c’est d’aller physiquement voir les personnels dans les services hospitaliers, c’est comme ça que la parole se délie. J’y vais souvent accompagnée par mes collègues syndicalistes, au moment de la pause la plupart du temps. On ne prend pas rendez-vous quand on va dans les services de soins, on sait qu’il y a un vrai besoin.

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Premier Atelier de travail pour refonder le service public hospitalier

Compte rendu de la première rencontre, à Montreuil, le 10 octobre 2020

Dans les locaux de l’AERI à Montreuil

L’Atelier pour la refondation du service public hospitalier a été lancé dans le contexte de la crise sanitaire, par plusieurs collectifs, dont l’appel publié le 7 juillet 2020 et a été rejoint par de nombreux signataires, collectifs et individuels. La Compagnie Pourquoi se lever le matin ! s’est associée à cette démarche, qui part du travail des acteurs de la santé. Le 10 octobre 2020, une centaine de personnes participaient à la première rencontre, dont nous annoncions ici le programme. Le compte-rendu est en ligne sur le blog de l’atelier.

La prochaine rencontre se tiendra les 23 et 24 janvier à Marseille.

P.S. D’ici l’année prochaine on va perdre beaucoup de clients.

Véronique, responsable d’un service de gestion des payes en sous-traitance

Parole du 15 novembre 2020, mise en texte avec Roxane. Post-scriptum au texte de Véronique du 15 Juin 2020 : “gérer des payes dans la cacophonie de la crise sanitaire”

Au premier confinement le président de la République avait  balancé : «Tout le monde reste à la maison, en télétravail ou pas».  À la suite du déconfinement, autour du 11 mai, j’ai repris le travail complètement au bureau. À mon grand soulagement. Au deuxième confinement le même président a dit : “Tout le monde travaille, avec une option sur le télétravail si c’est possible”. C’est devenu une obligation. Sauf pour les entreprises industrielles, métallurgiques et artisanales.    

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Quand le journal de bord d’une télétravailleuse révèle le travail réel de l’assistante.

Bilie, assistante dans un grand groupe

Parole du 19 juin 2020, mise en texte avec François

Dans ma famille et avec des amis je ne dis jamais ce que je fais comme travail, je dis simplement que je travaille dans une grande entreprise du secteur de l’assurance, mondialement connue, c’est tout. Mais quand un membre de ma famille en l’occurrence ma fille, m’a vue travailler pendant le confinement, elle m’a dit : « Mais je te croyais assistante ! Ce que tu fais là, ce n’est pas un travail d’assistante… Ça veut dire que tu comprends la logique des contrats d’assurance ! » Elle avait une vision très réduite, très mauvaise, du métier d’assistante. Du coup, elle a commencé à m’appeler : « La poule aux œufs d’or » en disant que mon manager avait beaucoup de chance d’avoir dans son service une juriste payée comme une assistante. Je lui ai répondu que mon manager me dit que je suis payée en conséquence.

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Zoom ? Canva ? Drive ? Finalement le Qi Gong à distance sera sur YouTube

Corine, enseignante de Qi Gong

Parole du 3 juillet 2020, mise en texte avec Martine et Christine

Quand j’ai commencé à enseigner le Qi Gong, je voulais que cette activité soit accessible à tous, je ne voulais pas faire cela dans une association pour riches. Alors, j’ai fondé « Ombre et lumière » avec quelques amis, en 2015.

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Quand la distance conduit à repenser comment on travaille ensemble

Corine, directrice du Centre Associatif de Vénissieux

Parole du 3 juillet 2020, mise en texte avec Martine et Christine

Quand le confinement est arrivé, les huit salariés du Centre sont passés prendre ce dont ils avaient besoin pour travailler : nos ordinateurs portables et des dossiers sur nos clés USB. L’un de nous a emporté le serveur fixe chez lui, pour gérer les envois de dossiers. Je me demandais bien quelles activités nous pourrions mener avec les associations si tout était fermé.

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Distance et proximité en classe virtuelle

Sophie, professeure de français en collège

Parole de juillet 2020, mise en texte avec Pierre

Lorsque je commençais une séance de classe virtuelle, les noms des élèves connectés s’affichaient sur mon écran. Je leur avais envoyé le lien sur la messagerie du logiciel « Pronote »[1]. Ils n’avaient plus qu’à rejoindre la session que j’avais moi-même ouverte et dont je maîtrisais les paramètres. Je n’ai jamais utilisé la fonction qui permet de voir les interlocuteurs à l’image. Dans une classe à distance, depuis mon domicile, activer la vidéo aurait eu pour effet d’incruster mon travail dans le décor de ma vie personnelle.

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“En télétravail, quand je ne suis pas motivé, je n’ai pas l’énergie collective pour venir à ma rescousse”

Camille, ingénieur dans une installation nucléaire

Parole du 3 juillet 2020, mise en texte avec Roxane

Je suis ingénieur travaux et à ce titre, je participe aux opérations d’assainissements de démantèlements d’un réacteur graphite gaz (ancienne génération), sur les phases de cadrage de besoin, de consultation et de suivi des entreprises. Comme tout démantèlement, cela doit se faire en respectant les règles du code du travail et du code de la santé publique. Mais en plus, la problématique radiologique accentue les obligations et la minutie du suivi des différents chantiers.

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