Quand P a débarqué en 2019 à la « maison du peuple » de l’avenue Albert de Mun (MDP 2), qui servait de point de ralliement au mouvement des Gilets Jaunes, il était mineur et sans domicile fixe. Il avait été mis à rue par sa tante et il est arrivé avec le flot de ceux qui disaient : « On n’arrive pas à boucler les mois, on est dans une situation désastreuse ». Il y avait là des gens qui vivaient dans des voitures, dans la rue, beaucoup de jeunes. On n’a pas supporté l’idée que, le soir, on devrait fermer la porte de la maison qui nous servait de lieu de ralliement, en disant à ces gens d’aller dormir dehors et de revenir quand on rouvrirait le lendemain matin. Donc on a aménagé des chambres : « Installez-vous… ».
Prochaine séance le 5 octobre, autour du film « Brillantes »
Le CRTD et le LISE organisent et animent un ciné-club au CNAM autour du travail, à partir d’un choix de films et de documentaires qui mettent en lumière des aspects du travail peu accessibles autrement.
« Brillantes » : Karine, femme de ménage, partage sa vie entre son travail de nuit avec ses collègues et Ziggy, son fils de 17 ans. Lorsque l’entreprise qui l’emploie est rachetée, tout bascule pour Karine. La pression sociale va la pousser dans ses retranchements et la mettre face à un dilemme : dévoiler un lourd secret ou mentir pour se protéger. Le visionnage du film sera suivi d’un DÉBAT avec : Sylvie Gautier, réalisatrice du film -Dominique Lhuilier, psychologue du travail – Frédérique Pigeyre, sociologue du travail. Pour recevoir le lien de la séance (en visioconférence) avec la projection du film et le débat (en direct) : demande d’inscription obligatoire sur le site du LISE
Les prochains rendez-vous : Le 7 décembre 2023 : « Par la fenêtre ou par la porte » de Jean-Pierre Bloc. Le 18 janvier 2024 : « Divertimento » de Marie-Castille Mention-Schaar
Septembre 2023, nous avons presque oublié les seize semaines de confinement de 2020, l’actualité de la rentrée des classes 2023 est celle de la canicule tardive et du Pacte enseignant. Dans cette actualité, nous n’en saurons pas davantage sur ce qu’est le travail consistant à enseigner et à étudier, à l’école, dans le secondaire ou à l’université. Martine nous propose de revisiter quelques récits de ce travail de profs et d’élèves. Septembre 2023, il y a aussi des rentrées qui n’auraient pas dû avoir lieu : les « faux-départs » de ceux qui sont tombés sous le coup de la réforme des retraites ; ils doivent y retourner. A écouter en podcast sur France Culture avec l’émission « les pieds sur terre ». Septembre 2023, c’est la rentrée de la Compagnie Pourquoi se lever le matin ! avec « Le travail à l’épreuve de la pandémie – scénarios pour demain », tout frais sorti de l’imprimerie, un livre écrit par François à partir de 55 récits de travail que nous avons réalisés entre mars 2020 et juin 2022. Découvrir et commander l’ouvrage.
Lors de notre séminaire de juin 2022 nous évoquions l’idée de nous intéresser au travail dans les métiers d’art. En aout, je pratiquais des entretiens avec 15 artisans d’art qui, chaque été, ouvrent leur boutique à Salers, petit village touristique classé du Cantal. La Compagnie s’est appliquée, alors, pendant l’année, à mettre en récit ces entretiens, avec ces quinze artisans. Lors du séminaire de juin 2023, nous décidâmes d’imprimer le recueil de ces récits, avec les photos des artisans à leur ouvrage, et de le mettre à disposition dans les boutiques de Salers pendant l’été. Au pied levé, Pierre fit la mise en page depuis Nantes et avec Christine, ils firent réaliser une cinquantaine d’exemplaires du livre. Véronique une aquarelliste de Salers composa la page de couverture. Début aout, je recevais les brochures, en distribuais, gracieusement, un exemplaire à chacun des artisans, et leur en laissais en dépôt-vente dans leurs boutiques.
Le livre est disponible : 15 récits avec les photos des artisans à leur ouvrage
15 récits de travail collectés et mis en récit par Roxane Caty-Leslé avec les compagnons de « Pourquoi se lever le matin ! ».
Vous avez probablement déjà aperçu, sur la route de vos vacances, des boutiques éphémères d’artisans d’art. C’était dans les ruelles d’un village médiéval, en Bretagne, en Alsace, ou ailleurs. Peut-être avez-vous franchi leur porte, engagé la conversation, voire acquis une de leurs créations ? Vous ont-ils expliqué leur travail, leurs activités artistiques, artisanales, techniques et commerciales ?
Septembre 2023 : les « faux-départs » à la retraite
Nés entre 1961 et 1965, carrière longue, métier pénible ou épargnant du temps, il va leur falloir cotiser quelques mois supplémentaires pour toucher leur retraite à taux plein. Pour ceux qui avaient anticipé leur départ, il va falloir retourner au travail. Ils ont quitté leur entreprise, pris leur carton d’affaires, organisé le pot, versé des larmes (ou pas) et rendu leurs clés. Leur poste a parfois été supprimé. Pour Olivier et Patrick, la réforme des retraites signifie un retour brutal au travail. Un reportage de Martine Abat à (re)écouter sur France Cuture (29 minutes). C’est dans « les pieds sur terre », une émission sans blabla, qui donne la parole aux personnes.
Septembre 2023, nous avons presque oublié les seize semaines de confinement de 2020, l’actualité de la rentrée est celle du Pacte enseignant : combien l’auront signé ? Sans surprise, nous n’en saurons pas davantage sur ce qu’est le travail consistant à enseigner et à étudier, à l’école, dans le secondaire ou à l’université. Martine nous propose de revisiter quelques récits de ce travail de profs et d’élèves.
Correspondances croisées entre un reportage de 1967 et les récits du travail d’aujourd’hui
Vous n’avez jamais vu ce reportage à la télévision, ni vos parents ou vos grands-parents. « Le ministère de l’information jugeant à l’époque le film trop favorable aux ouvriers, en avait interdit la diffusion à la télé. C’était le temps de l’ORTF, deux chaînes en noir et blanc sous le contrôle du gouvernement. Mais quand même, des émissions avaient réussi à s’imposer, c’était le cas de « Cinq colonnes à la une » qui est restée dans la légende. Mais là, pas question de diffuser et même pire dans ce cas-là, le film était carrément détruit. Sauf que le réalisateur, Marcel Trillat, a volé le film en le cachant dans son blouson. En volant son propre film, il l’a sauvé. » Pour le 1er mai 2023, « Là-bas si j’y suis » l’a mis en ligne sur son site. Les paroles des nazairiens qui s’expriment dans ce reportage font terriblement écho à ce que disent ceux d’aujourd’hui dans les récits de leur travail, écrits avec la Compagnie Pourquoi se lever le matin ! Des récits sur ce que le territoire fait au travail, et vice-versa.
Aujourd’hui encore, les grandes entreprises nazairiennes restent mythiques, on est fier d’y travailler même si c’est dur ; on est solidaire, face aux drames comme dans les mouvements sociaux ; on accueille l’autre, l’étranger, le démuni ; on se bagarre dans les services publics pour bien accueillir les usagers.
En cette veille de rentrée, l’ami Jean-Marie nous propose une réflexion sur les mots du travail, ceux que l’on entend dans l’entreprise, ceux que l’on utilise pour parler de son travail. Un sujet sur lequel nous reviendrons très vite dans le cadre du chantier « Les mots du travail, de la cacophonie vers la polyphonie », que nous avons décidé d’engager lors de notre séminaire de juin dernier. Ce sera aussi le sujet de l’atelier que la Compagnie Pourquoi se lever le matin ! animera le 14 septembre lors de l’Université de l’APSE.
Parole de juin 2023, mise en récit par Dominique et Pierre
À Saint-Nazaire, un immeuble épargné par les bombes et ses récents voisins
Le métier que j’exerce aujourd’hui suppose de s’adapter en permanence aux clients et aux imprévus. C’est une occasion quotidienne d’apprendre. J’ai en effet créé mon entreprise il y a quelques années et je pilote désormais une activité dans le bâtiment et la rénovation, un secteur économiquement porteur, sur un territoire caractérisé par une grande diversité sociale et économique et une grande diversité de besoins. À La Baule, on n’a pas la même clientèle qu’à Saint-Nazaire, Montoir, Donges ou même Pontchâteau.
Virginie, agent d’accueil à la CPAM de Loire-Atlantique
Parole recueillie en septembre 2022 par Jacques et Pierre, mise en texte par Christine
La CPAM de Loire-Atlantique
Parfois, les gens nous voient encore à l’ancienne, comme le guichet de « la sécu » où l’on appelle : « numéro 302 ! ». En fait, ce n’est pas du tout ça. Je reçois les assurés comme j’aimerais être reçue. J’appelle la personne par son nom de famille, pas par un numéro. Plutôt que de l’attendre assise à mon bureau, je me lève pour aller à sa rencontre. Les situations auxquelles j’ai affaire sont très variées. C’est par exemple une dame qui vient parce que son mari est mort de l’amiante ; il s’agit d’un dossier de maladie professionnelle post mortem. Ça peut être une question d’affiliation, un enfant qui vient de naître ou un étranger qui arrive. Je peux m’occuper de la prise en charge des implants capillaires de quelqu’un qui a un cancer, d’un dossier d’invalidité, d’une rente d’accident du travail, d’un appareillage auditif ou d’une prise en charge d’orthodontie. Je me suis récemment occupée d’obtenir une aide extraordinaire pour un recours à une diététicienne, alors que cela n’est normalement pas pris en charge par la CPAM. Je prends la demande et j’essaye d’y répondre. Mais, la législation ne cessant d’évoluer, je me pose tous les jours de nouvelles questions, la plupart du temps très techniques. Il faut plus de six mois pour former un agent d’accueil.
Antoine, régisseur général à la mairie de Saint-Nazaire
Parole recueillie par Pierre et mise en récit par Jean-Pierre et Pierre.
Le VIP, scène de musiques actuelles à l’intérieur de la base sous-marine
Il n’y a pas de petite manifestation culturelle. Le régisseur général que je suis, au sein du « Service Technique Animation Régie Événementielle » de la mairie de Saint-Nazaire, sait qu’il y aura beaucoup de travail pour régler ce qui ne se voit pas derrière le moindre projet d’expo ou de spectacle. À côté de ce qui sera exposé à la lumière et aux regards, il y a toujours eu quelque chose que les organisateurs n’avaient pas prévu. Je suis du côté de la partie immergée de l’iceberg.
Propos recueillis et mis en texte par Roxane avril 2023
Christian devant sa boutique, à Salers
Quarante ans de chine sur les trottoirs et vingt-cinq à mon compte ! Dès le XIX°S. on parlait du métier de biffin, c’était ceux qui fouillaient dans les poubelles avec un crochet. Des chiffonniers. Puis on est passé à brocanteur. Lui il chine sur le trottoir, il va dans les maisons, sur les vide-greniers … Chiner c’est l’art de dénicher, quelque chose que personne n’a vu, qui a échappé aux regards scrutateurs. Chiner, c’est croire que l’on va trouver quelque chose d’incroyable. Quand j’étais jeune, j’étais passionné par le matériel de pêche. Et mon Graal fut de trouver, chez un ferrailleur, par hasard, dans un phare de DS, un moulinet de pêche exceptionnel. Celui-là même, que le plus gros collectionneur et écrivain de Paris, venu sur les lieux, n’avait même pas vu. Je l’ai acheté dix francs, ce n’était rien ! Chiner c’est aussi répondre aux appels pour expertiser une maison, en cas de succession. Chiner c’est découvrir des univers.
Un éclairage sur le travail des artisans de Salers
Une quinzaine d’artisans de Salers nous ont confié leurs paroles, mises en récits dans ce dossier. Beaucoup d’entre eux avaient pris ce virage bien avant que l’on parle de la crise du sens du travail, ils en parlent dans leurs récits.The Conversation nous propose un éclairage sur leur travail.
Thierry, tabletier en bois rares – Salers août 2022
Propos recueillis et mis en texte par Roxane – avril 2023
Thierry devant ses oeuvres
Mon métier porte le nom exact de tabletier. La tabletterie, comme la marqueterie sont des branches de l’ébénisterie. Tabletier c’est fabriquer de petits objets en matière dure, ivoire, corne, bois précieux, bois dur, ébène… Dans l’Antiquité les tabletiers fabriquaient des tablettes à écrire. C’était des petites plaques d’argile, de bois ou de métal, enduites d’une légère couche de cire sur lesquelles on écrivait. Puis avec le temps les tabletiers ont fabriqué, entre autres, les damiers, les échiquiers et sculpté leurs petites pièces dans le bois. J’avais 19 ans, en 1979, quand avec mes trois copains, nous ramassions dans les torrents des Alpes, des bois flottés.
Cécile, créatrice de fleurs en porcelaine froide – Salers août 2023
Propos recueillis et mis en texte par Roxane mars 2023
Cécile fabrique ses fleurs
J’habite et je vis à Salers depuis 2019. C’est un pur hasard. Quand j’ai voulu partir des Landes, suite à une erreur de casting relationnel, j’ai voulu revenir en Corrèze au plus près de la montagne. Ma fille, elle a 17 ans, étant revenue de chez son papa, j’avais repéré un lycée pas mal à Mauriac et lors de ma demande de HLM, une dame avec qui je suis restée longtemps au téléphone m’a dit : « J’ai quelque chose qui va être parfait pour vous, votre fille et votre gros chien… à Salers » J’ai dit oui tout de suite, sans visiter. Quinze jours après, j’étais là… dans ma cave, sans fenêtre. La plupart des boutiques de Salers sont les pas de porte d’anciennes boutiques des maisons renaissance, qui ouvrent sur la rue. J’allais la transformer en atelier boutique où aujourd’hui, je fabrique, expose et vends mes fleurs et bijoux en porcelaine froide.
Jean-Paul, agent consignataire au port de Saint-Nazaire
Parole mise en récit par François et Pierre
Le site portuaire de Saint-Nazaire – Montoir – Donges
La société d’agents consignataires au port de Saint-Nazaire travaille 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Ça ne s’arrête jamais. Un soir où j’étais d’astreinte, je reçois un appel. Il est 23 heures, je suis tout seul à la maison, devant mon petit écran. Le commandant d’un navire en attente sur rade a un problème. En raison du gros temps, le bâtiment au mouillage a tiré sur sa chaîne. L’ancre est accrochée au fond. L’équipage a les plus grandes difficultés à la relever. Il ne pourra donc pas monter au terminal à l’heure prévue pour décharger sa cargaison. Mon rôle d’agent consignataire, en tant qu’interlocuteur du bateau et de l’affréteur, est alors d’appeler la capitainerie du port pour signaler le problème. À partir de là, l’information est répercutée auprès des services qui s’occupent des opérations d’accostage et de la rotation des navires, afin que les répercussions de ce contretemps soient gérées au mieux.
Devant le siège de l’usine de Montoir, le « SO-30P Bretagne », un moyen courrier de 1947
Quand je suis entré dans la vie active, j’ai travaillé ici ou là dans le domaine de la chaudronnerie, du tournage, du fraisage. Un jour, je rencontre quelqu’un qui me dit : « Tiens, ils cherchent du monde à l’Aérospatiale ». Je ne savais même pas qu’il y avait cette entreprise dans la région de Saint-Nazaire – Montoir. Lorsque, venant de la Mayenne, j’étais arrivé dans la région en 1989 pour suivre mes parents du côté de Pontchâteau, on ne parlait que des Chantiers : « – Tu travailles où ? – Je travaille aux Chantiers de l’Atlantique… » À l’époque, il y avait plus de 10 000 personnes employées là-bas. L’image de la région, c’était celle des paquebots. En fait, j’ai été embauché à l’aérospatiale, dans l’usine de Montoir. Là, j’ai d’abord travaillé sur la zone des panneaux sous voilures avant d’être affecté à la fabrication de la « case de train » du programme Airbus A330. Cette « case » est l’endroit où les roues de l’avion viennent se loger après le décollage. Puis, j’ai passé quelques années sur la ligne d’assemblage du fuselage de l’A300. À la longue, j’ai eu des problèmes de dos et je me suis retrouvé dans un service adapté. J’ai alors repris des études et j’ai décroché un diplôme qui, parmi les 563 métiers répertoriés chez Airbus, m’a permis d’en choisir un qui soit compatible avec mes soucis de santé. Je suis donc maintenant technicien aéronautique – un « col blanc » – chargé de remédier aux défauts de montage et d’améliorer le process sur le programme des A350.
Propos recueillis par Roxane et mis en texte par Dominique, février 2023
Karine à son établi
Je fais des bijoux en argent et j’ai une boutique à Salers pour la saison d’été, dans une grange ancienne, superbement rénovée. C’est un très bel endroit, un peu caché, dans une ruelle qui aboutit à des escaliers. Le sol est pavé de petits cailloux polis, des pierres volcaniques et du basalte, qui sont assemblés en calade, c’est-à-dire sur la tranche sur une couche de chaux. C’est la deuxième année que nous y sommes installés avec Hubert mon conjoint, également artisan bijoutier, avec qui j’ai monté notre atelier suite à notre reconversion professionnelle il y a 4 ans.
Une avalanche de nouveaux récits de travail, un événement avec le livre « le travail à l’épreuve de la crise sanitaire », un peu de poésie et nos lectures-visionnages du mois
La solitude de la dessinatrice de presse indépendante
Claire, graphiste et dessinatrice de presse nous a confié le récit de son travail . Elle nous a aussi confié sa vision du télétravail au féminin. Retrouvez-la sur son site. Il y est question de travail, dans les dessins qu’elle a réalisés pour des organisations syndicales comme la CGT, Sud ou la Confédération paysanne, pour des ONG comme Amnesty, Emmaüs, et bien des organisations dont vous pourrez aussi, à cette occasion, découvrir les activités militantes, notamment autour des enjeux de l’alimentation. Sans oublier le livre « La raison des plus forts – chroniques du procès France Télécom » paru aux Éditions de l’Atelier en 2020, dont Claire a abondamment illustré les audiences.
Parole d’octobre 2022, recueillie par Pierre, mise en récit par Christine
Devant la gare SNCF
« Tu vois, c’est la dame qui m’emmenait à l’école quand j’étais petit » : c’est ce que j’ai entendu dernièrement dans la bouche d’un jeune homme qui montait dans mon bus avec son fils. Depuis trente ans que j’exerce ce métier, je fais un peu partie des murs. Il y a même des usagers qui m’appellent par mon prénom, surtout depuis la grève de 2004. Il faut dire que j’étais en première ligne pendant le conflit, qui a été très médiatisé. Des journalistes nous ont raconté que leur rédaction, comme lors de toutes les grèves, leur demandait d’interroger des usagers mécontents de notre arrêt de travail. Mais ils n’en trouvaient pas à Saint-Nazaire. C’était impressionnant de voir à quel point l’opinion publique était avec nous.
Propos recueillis et mis en texte avec Roxane – février 2023
Maryline et ses créations
Pascal, mon compagnon, a décrit comment nous sommes arrivés à Salers. J’ai envie d’en dire aussi quelques mots. Nous étions harassés, lassés des nombreuses expositions, pour vendre nos pièces. Nous avions besoin de nous sentir bien dans un environnement, d’avoir pignon sur rue et fidéliser ainsi une clientèle. Nous avons trouvé une boutique à Salers cette année-là. Dans un premier temps, nous y avons campé, entre le petit atelier de démonstration, l’espace d’exposition de nos produits et l’espace cuisine et commodités. On avait de l’eau chaude ! Le soir, on poussait nos pièces, nos créations, pour ouvrir le canapé-lit. C’était vraiment très dur de rester dans cette boutique jour et nuit au milieu de nos pièces, quand bien même les avait-on créées et aimées. On ne souhaitait pas trop investir, puisqu’on ne savait pas non plus où on mettait les pieds. Au bout d’une saison on a su : on avait bien vendu. Alors nous avons saisi des opportunités et nous nous sommes installés dans une petite maison à côté du magasin. Comme cela les deux vies travail et profession étaient bien différenciées.
Pascal, souffleur de verre au chalumeau – Salers, août 2022
Propos recueillis et mis en texte par Roxane – janvier 2023
Pascal et ses créations
Il y a de cela neuf ans, en balade dans le Cantal, nous nous sommes arrêtés à Salers. Là, un artisan travaillant la corne m’a suggéré de prendre une boutique dans ce village touristique. Intéressé, je l’ai cherchée et trouvée facilement. Avec Marilyne ma compagne, on s’y est installé sans trop prévoir d’y rester. J’ai tout de suite apporté mon petit matériel et je me suis mis à travailler dur pour avoir suffisamment de stock à vendre et combler les espaces, garnir les rayonnages. J’essayais de produire en même temps que je vendais. Je mangeais dans une petite cuisine aménagée au fond avec un petit coin toilette, je dormais sur un canapé que je déployais chaque soir. C’est dire la petite vie de saltimbanque !