L’arrivée des femmes dans la sphère du travail : une aventure pour elles et pour les hommes

Au XIX° siècle, déjà

Femme au bureau

Elle entre dans la salle du conseil, tailleur noir, talons hauts, un vêtement féminin mais sans ostentation. Les administrateurs, réunis pour la circonstance, la découvrent ce jour-là. L’accueil est courtois. Elle s’assoit  naturellement à une place laissée libre mais rien ne se passe. Ils attendent que le patron de Margaret arrive. Mais Margaret est elle-même le patron. Après trois minutes ou plutôt plusieurs secondes de flottement, tout rentre dans l’ordre et elle peut présenter son projet. Plusieurs vont lui couper la parole mais elle en a l’habitude. Dans les réunions, les femmes se font interrompre plus souvent que les hommes, y compris à niveau de responsabilité équivalent. L’arrivée des femmes dans la sphère du travail est toujours une aventure. Pour elles mais aussi pour les hommes.

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Les dernières nouvelles de la Compagnie – janvier / février 2024

Nos publications, nos discussions, nos projets, nos lectures et nos films … on vous dit tout

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Révéler le métier par son récit

La démarche de la Compagnie Pourquoi se lever le matin ! fait école

L’association française de communication interne (Afci) https://www.afci.asso.fr/ qui réunit les communicants internes de nombreuses entreprises françaises vient de démarrer un atelier visant à collecter des récits de métiers de ses adhérents. Vincent Brulois, administrateur de l’Afci, présente ici la méthode de recueil et de production des récits de métier de communicants. Elle est basée sur la méthode mise au point par La Compagnie Pourquoi se lever le matin !

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Mémoire ouvrière en Val d’Aubois – Journal de recherche

Note de lecture

A la lecture du titre, nombre de lecteurs pourront assez légitimement se poser deux questions. D’une part, en quoi un ouvrage destiné à rendre compte d’une  mémoire ouvrière peut-il apporter une contribution significative à un champ dont la bibliographie s’avère fort abondante voire redondante ? D’autre part, où situer le Val d’Aubois ? Dans les Vosges frappées par la désindustrialisation ou dans le Massif central en lien avec l’épuisement de quelque mine ? C’est le sous-titre qui nous éclaire sur l’originalité du propos, conforté dans l’introduction par l’explicitation du projet de Laurent Aucher : « Saisir la sociologie en actes : tel est, me semble-t-il, le premier intérêt de ce carnet » (p.17). L’auteur affirme donc vouloir révéler les conditions très concrètes de son travail de chercheur en sciences sociales. Tel un modeste artisan fier des outils qu’il a lui-même fabriqués, il nous conduit dans les coulisses de son enquête. 

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Un « retour à la normale » qui ne peut pas être un « retour en arrière »

Vincent, technicien en laboratoire d’analyses biologiques

« Je ne pouvais pas m’installer dans les grands open-spaces où le moindre virus se transmet à toute vitesse« 

« On t’enlève du labo, on te met sur un ordinateur ».  C’est la solution que mes employeurs ont proposée, il y a deux ans, quand, après avoir combattu un lymphome hodgkinien, je suis revenu travailler dans le laboratoire qui m’emploie. Ce cancer du sang, traité ordinairement facilement, avait été réfractaire aux traitements les plus efficaces. Il a fallu, pour le vaincre, passer par une autogreffe de moelle osseuse. Affaibli par les chimiothérapies et les divers traitements, avec des défenses immunitaires très déficientes, j’ai repris mon travail, en juin 2023, dans le cadre d’un mi-temps thérapeutique et sous le statut de « handicapé temporaire ». Non seulement, en effet, j’avais besoin d’un aménagement de poste pour m’aider à gérer la fatigue, mais il était hors de question de m’exposer aux risques biologiques évidents dans tout laboratoire d’analyses… 

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Et si on parlait principe de rémunération ?

En réaction à l’annonce d’Emmanuel Macron pour la rémunération au mérite des fonctionaires

Emmanuel Macron, parmi les annonces faites lors de sa conférence de presse, a annoncé son intention de déployer la rémunération au mérite au sein de la fonction publique, notamment à l’Éducation Nationale, présentant cette mesure comme l’un des éléments de réponse aux difficultés que rencontre l’école et aux difficultés de recrutement des enseignants.

Au cours du temps, de nombreux qualificatifs ont été utilisés pour qualifier la rémunération conçue comme la contrepartie du temps passé au service de l’employeur. Par exemple le salaire à la pièce ou à la tâche, le salaire à la qualification de la personne ou de l’emploi et le salaire au mérite. Ces qualificatifs ne sont pas neutres car définissant le statut des salarié-e-s et donc celui du travail et les outils de sa rémunération. La rémunération au mérite est-elle vraiment différente de la rémunération à la pièce ou à la tâche, enfermant le salaire dans la seule contrepartie d’une production évaluée par la hiérarchie, par le management pour reprendre les termes de l’entreprise ? Et pourquoi la rémunération à la qualification, caractéristique des statuts de la fonction publique et des entreprises publiques adoptés en 1946, a-t-elle été présentée depuis plusieurs décennies comme inadaptée, dépassée et frein à leur modernisation ?

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La ferme des Bertrand : un film de Gilles Perret

Un film de Gilles Perret pour voir et comprendre le travail dans une petite exploitation agricole

Gilles Perret vient en voisin filmer la ferme de la famille Bertrand depuis 1972, date du premier documentaire qu’il leur a consacré. Il revient en 1997, puis en 2022. La ferme des Bernard sort cette année, en 2023. Dans ce troisième documentaire, nous nous promenons dans le temps et dans l’espace. Les trois époques s’entrelacent, retour en arrière, comparaisons avec les techniques qui, progressivement prennent le pas sur le travail physique, très dur, de ces paysans montagnards : « Le travail, tout le temps, mais nous pensons qu’il n’y a pas d’autres façons de faire pour essayer de s’en sortir ». Le film commence par la visite d’une autre ferme et de sa trayeuse qui, munie d’une caméra détecte les pis de la vache, les lave et va automatiquement se fixer sur les tétines.

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Le travail à l’épreuve de la pandémie, la discussion continue

Ce sera le 16 janvier lors de la prochaine MasterClass de l’ITMD

MASTERCLASS LE 16 janvier 2024 – Par visioconférence de 18H30 à 20H
Inscriptions en ligne, sur le site de l’ITMD.

« Les masters class de l’ITMD ou comment entendre des points de vue sur le travail »

Nous avons l’honneur d’inviter François Granier qui nous présentera à partir de ses travaux quels enseignements et quels scénarios pour le futur  du travail? Francois Granier est sociologue, chercheur associé au sein du Lise (Laboratoire Interdisciplinaire pour la Sociologie Economique – Cnrs/Cnam) et  membre de l’association « La Compagnie. Pourquoi se lever le matin! »

Le travail à l’épreuve de la pandémie

Écouter le podcast de la conférence APSE du 12 décembre, visualiser le support de présentation

Le mardi 12 décembre 2023 à Paris au Café du Pont-Neuf mais également en ligne, François Granier a présenté son ouvrage « Le travail à l’épreuve de la pandémie – Scénarios pour demain » paru aux éditions « Raison et Passions », en septembre 2023. Plus de vingt-cinq participants étaient assis à l’étage du Café du Pont Neuf à Paris alors qu’une vingtaine étaient « en ligne ». En introduction, Jacques Viers a présenté les finalités de l’association « La Compagnie. Pourquoi se lever le matin ! » et rappelé ses méthodes de recueil de récits de travail. François a présenté son ouvrage de manière très pédagogique en projetant des extraits des 55 récits de travail qu’il a analysés. Il a aussi évoqué les coulisses de la fabrication du livre avec les membres de la Compagnie et débattu de l’approche sociologique qu’il a utilisée pour construire l’ouvrage: l’analyse culturelle des organisations (Sainsaulieu- Piotet). Il a également discuté les scénarios proposés dans l »ouvrage.

L’enregistrement de la conférence et du débat est en ligne, ici, sur le site de l’APSE. Nous vous proposons de l’écouter en visualisant le support utilisé pour la conférence.
L’ouvrage est toujours disponible : commande en ligne auprès de la Compagnie Pourquoi se lever le matin !

Nous poursuivons le débat lors de la prochaine MasterClass de l’ITMD. Inscription en ligne.

Le travail à l’épreuve de la pandémie

Une interview de François Granier, à lire sur le site de « Non Fiction »

Le vécu des travailleurs, les revendications d’autonomie et les questions qu’a pu susciter le télétravail, les difficultés des entreprises pour répondre à ces évolutions, les « futurs possibles » : 5 questions posées à François, auxquelles il répond dans l’interview publiée ce 7 janvier par le site « Non fiction ».

Le travail à l’épreuve de la pandémie

On en parle sur « Babélio »

 » Le confinement de mars 2020 et les avatars qui lui ont succédé ont généré nombre d’études et de recherches sur la question du travail comme expérience existentielle, comme activité groupale ou individuelle. L’espace de travail, par exemple, s’est imposé comme un objet d’étude de premier plan qui a intéressé les sociologues des organisations, les psychologues du travail, les ergonomes, les chercheurs en sciences de gestion… Les travaux sont pléthoriques sans que tous atteignent pour autant une scientificité à la hauteur de leurs ambitions et prétentions. Dans ce contexte de surabondance éditoriale, la publication le travail à l’épreuve de la pandémie. Scénarios pour demain portée par François Granier, sociologue confirmé se référant au courant de l’analyse culturelle des organisations instituée par le regretté Renaud Sainsaulieu, apporte un souffle inédit au coeur de cette production somme-toute conventionnelle. »

Rencontre au CCP de Saint-Nazaire autour des réalisations de la Compagnie

C’était le 21 décembre 2021, à l’invitation des « Jeudis populaires » du Centre de Culture Populaire.

Le 21 décembre, à l’invitation des « Jeudis populaires » Pierre est venu échanger avec les adhérents du « Centre de Culture Populaire de Saint-Nazaire » autour du projet et des réalisations de la « Compagnie Pourquoi se lever le matin ! ».
La démarche de la Compagnie a suscité d’autant plus d’intérêt que le CCP œuvre depuis 60 ans pour conjuguer travail et culture. De son côté, la Compagnie a produit plusieurs ouvrages qui ont donné la parole aux travailleurs de Saint-Nazaire. Ce fut le cas particulièrement pour le livre « Le train comme vous ne l’avez jamais lu » (éd. de l’Atelier) qui a été réalisé en grande partie grâce à la coopération des cheminots nazairiens ; et pour « L’urgence c’est de vivre » (ed. de l’Atelier) dont l’objet a été de recueillir les récits des personnels qui forment la chaîne de soins du service d’oncologie de la Clinique mutualiste.

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CinéClub’ CNAM Travail & Cinéma

Prochaine séance le 18 janvier autour du film « Divertimento »

Le CRTD et le LISE organisent et animent un ciné-club au CNAM autour du travail, à partir d’un choix de films et de documentaires qui mettent en lumière des aspects du travail peu accessibles autrement.
Divertimento : A 17 ans, Zahia Ziouani rêve de devenir cheffe d’orchestre. Sa sœur jumelle, Fettouma, violoncelliste professionnelle. Bercées depuis leur plus tendre enfance par la musique symphonique classique, elles souhaitent à leur tour la rendre accessible à tous et dans tous les territoires. Alors comment peut-on accomplir ces rêves si ambitieux en 1995 quand on est une femme, d’origine algérienne et qu’on vient de Seine-Saint-Denis ? Avec détermination, passion, courage et surtout le projet incroyable de créer leur propre orchestre.
Le visionnage du film sera suivi d’un DÉBAT avec : Marie-Castille Mention-Schaar, réalisatrice du film, Yaïr Benaïm, chef d’orchestre et Sylvie Rouxel, sociologue. Pour recevoir le lien de la séance (en visioconférence) avec la projection du film et le débat (en direct) : demande d’inscription obligatoire sur le site du LISE

Les dernières nouvelles de la Compagnie – novembre / décembre 2023

Nos publications, nos actions, nos lectures, podcasts et vidéos … on vous dit tout

Saint-Nazaire, territoire industrialo-portuaire

Le travail dans le territoire de Saint-Nazaire raconté par ceux qui le font, c’est aujourd’hui une trentaine de récits où découvrir ce que le territoire fait au travail, et vice-versa. Les analyses respectives des économistes Thomas Piketty et Julia Cagé, et du député de la Somme François Ruffin confirment la nécessité de s’intéresser à la réalité du travail dans les territoires, notamment les zones rurales, et néanmoins industrielles. La Rédaction de Médiapart les a réunis pour échanger autour de leurs données, issues de statistiques électorales et du terrain. Nous en parlons dans ce billet.

« Parfois, je dois me contorsionner »

Dernier récit publié : “Souder, souder, raccorder, raccorder… des tubes et des tubes…”, le travail de Brahim, soudeur sur les grands chantiers de par le monde, actuellement salarié d’un prestataire des chantiers de Saint-Nazaire. « … Il y a une chose qui me plait aux Chantiers de Saint-Nazaire, et que je n’ai vue nulle part ailleurs : chaque matin, en arrivant au travail, tout le monde se salue. Tous les ouvriers, pas seulement les soudeurs, viennent te dire : « Salut ! ». […] Quand il y a un travail difficile, ils m’appellent et ils me disent: « Toi, tu es capable de le faire ». Par exemple, quand le soudeur n’arrive pas à pointer sa torche pour souder dans un recoin, j’y vais et je soude avec un miroir. C’est un miroir professionnel, qui permet de regarder tout le tour de la soudure. Je ne vois pas ce que fait ma main, je soude seulement en regardant dans le miroir, où l’image est à l’envers. Peu de soudeurs savent le faire.  »
Dans le prochain récit, à paraître, on découvrira comment une installation industrielle d’envergure, plutôt que d’être abandonnée pour obsolescence, peut être transformée grâce à la coopération des cadres, des ouvriers et des techniciens.

Le livre est en vente ici

Le 12 décembre, François est convié par l’APSE à présenter le livre. Il évoquera notamment les coulisses de la réalisation des récits de travail lors de la pandémie : pourquoi et comment recueillir des récits sur le vécu des transformations du travail à cette occasion ? Quelles questions méthodologiques et déontologiques se sont posées ?
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C’était le 14 septembre à l’université de l’APSE, un atelier animé par la Compagnie Pourquoi se lever le matin ! « Mettre en mots des histoires de travail » :  c’est ce que nous faisons. Nos mots sont les paroles de ceux qui racontent leur activité, ce sont ensuite les mots du récit que nous publions. On y trouve beaucoup de mots de métier. Parfois, quelques néologismes de l’entreprise, souvent des mots en « ing » comme reporting ou en « ence » comme efficience. Ou des mots récupérés par l’organisation, comme la « qualité ». Nous-même au sein de la Compagnie avons chacun nos mots pour les lectures transverses que nous faisons des récits. Tous ces mots sont habités, voire surpeuplés dans une sacrée cacophonie.
Les participants à l’atelier étaient invités à réagir à un mot du travail : manageur. Pour découvrir ce qu’ils ont produit, ainsi que l’usage que l’on trouve, ou pas, de ce mot dans les récits de travail que nous avons publiés, lire la suite…

Ce livre, qui faisait partie de la sélection du Prix Afci 2023 1, est une véritable référence sur le tripode travail-management-démocratie. J’ai été enthousiasmé par sa lecture. L’auteur s’intéresse à la manière dont le management des entreprises influe sur le processus de socialisation des salariés : comment celui-ci peut-il humaniser et émanciper au lieu de déshumaniser et infantiliser, comme il tend à le faire actuellement. Comment pourrait-il contribuer à former des citoyens responsables et participatifs ? Lire la suite

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Travail et management : une approche éthique et humaniste

La Fabrique des mondes communs : réconcilier le travail, le management et la démocratie un livre de Pierre-Olivier Monteil

 Ce livre, qui faisait partie de la sélection du Prix Afci 2023 1, est une véritable référence sur le tripode travail-management-démocratie. J’ai été enthousiasmé par sa lecture. L’auteur s’intéresse à la manière dont le management des entreprises influe sur le processus de socialisation des salariés : comment celui-ci peut-il humaniser et émanciper au lieu de déshumaniser et infantiliser, comme il tend à le faire actuellement. Comment pourrait-il contribuer à former des citoyens responsables et participatifs ?

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Le travail à l’épreuve de la pandémie, quels scénarios pour demain ?

Rencontre-débat autour du livre, organisée par l’APSE le 12 décembre (en présence et à distance)

Le livre est en vente ici, sur notre site

Inscription sur le site de l’APSE

Dans le cadre de son atelier de réflexion sur le thème du télétravail et du travail hybride, et dans le prolongement des échanges à l’occasion de l’Université APSE en septembre dernier, l’APSE vous convie à une rencontre-débat autour de l’ouvrage le travail à l’épreuve de la pandémie, scénarios pour demain (éditions Raison et Passions, 2023), en partenariat avec la Compagnie Pourquoi se lever le matin ! Nous recevrons François Granier, chercheur associé au LISE (Laboratoire Interdisciplinaire pour la Sociologie Economique), qui propose dans cet ouvrage une analyse sociologique à partir de 50 récits de travail recueillis par la Compagnie pendant la période de pandémie, et en particulier les confinements qui plongent des millions de personnes dans le télétravail, du jour au lendemain. Ces récits questionnent notamment les innovations qui ont pu émerger, les effets sur les relations socioprofessionnelles, les valeurs mobilisées pour redonner du sens au travail dans ce contexte. Sans poser un avis sur le devenir du télétravail ou du travail « hybride », l’analyse portée nous invite à explorer des scénarios possibles pour le futur, notamment sur les articulations entre temps et lieux de travail, sphère professionnelle et sphère personnelle.

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Travail & Territoire

Un échange entre deux économistes et un député, qui donne à réfléchir sur le rapport entre les résultats électoraux et l’attention portée au travail

Élections et inégalités en France – 1789 / 2022

En 1981, le vote des classes populaires était quasiment identique entre les territoires urbains et les territoires ruraux, ces derniers étant aussi des territoires ouvriers. Aujourd’hui, le RN s’est installé dans ces territoires et les électeurs des zones urbaines et rurales votent de manière très différente. Voici un des enseignements que tirent Thomas Piketty et Julia Cagé de leur travail sur les données électorales et socioéconomiques depuis 1789, analysées à une maille microscopique : celle des quelques 36 000 communes de France. La Rédaction de Médiapart les a réunis dans un débat avec François Ruffin, député d’une circonscription rurale de la Somme, autour de la question : « Ranimer la gauche, mais comment ? ».

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Le travail dans le territoire de Saint-Nazaire, raconté par ceux qui le font

Une trentaine de récits à parcourir pour découvrir les liens entre Travail et Territoire

En mars 2022, la Compagnie Pourquoi se lever le matin publiait le premier d’une série de récits réalisés dans la région de Saint-Nazaire sur le thème Travail & Territoire, dans cette région ouvrière rurale et urbaine, en voici la liste

Agathe, libraire indépendante en SCOP : Libraire engagée dans la ville
Amaury, professeur d’Histoire et Géographie au lycée Aristide Briand de Saint-Nazaire : Quand les lycéens découvrent leur ville
Antoine, régisseur général à la mairie de Saint-Nazaire : « Faire ensemble » autre chose que le travail tout en gardant la solidarité qu’on trouve dans le travail
Aurélie, guide-conférencière à « Saint-Nazaire Renversante » : Je cherche à ce que la fascination que j’éprouve pour ce territoire industrialo-portuaire embarque les visiteurs
Brahim, soudeur sur les grands chantiers : Souder, souder, raccorder, raccorder… des tubes et des tubes…

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Atelier les mots du travail – de la cacophonie vers la polyphonie

C’était le 14 septembre à l’université de l’APSE, un atelier animé par la Compagnie Pourquoi se lever le matin !

« Mettre en mots des histoires de travail » :  c’est ce que fait la Compagnie Pourquoi se lever le matin, association créée en 2020. Nos mots sont les paroles de ceux qui racontent leur activité. Ils parlent avec un écrivant, parce que « parler de son travail ne va pas soi ». Ce sont ensuite les mots du récit écrit que nous leur proposons et que nous publions sur notre site, ou dans des livres. On y trouve beaucoup de mots de métier. Parfois, quelques néologismes de l’entreprise, souvent des mots en « ing » comme reporting ou en « ence » comme efficience. Ou des mots récupérés par l’organisation, comme la « qualité ». Nous-même au sein de la Compagnie avons chacun nos mots pour les lectures transverses que nous faisons des récits. Les mots du travail font débat. Tous ces mots sont habités, voire surpeuplés dans une sacrée cacophonie.

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“Souder, souder, raccorder, raccorder… des tubes et des tubes…”

Brahim, soudeur sur les grands chantiers

Brahim sur un navire en construction. Au loin, le port de Saint-Nazaire

J’habite dans le sud de l’Espagne depuis que j’ai seize ans. Mon père y travaillait, et nous avons quitté le Maroc avec le reste de la famille pour le rejoindre. Maintenant, j’ai les deux nationalités et j’ai acheté une maison en Espagne. J’avais commencé ma formation de soudeur au Maroc, je l’ai terminée en Espagne et j’ai commencé à travailler à 18 ans. Depuis, j’ai travaillé dans toutes les régions d’Espagne, puis en Finlande, aux Pays-Bas, en France et ailleurs. Et me voilà depuis presque deux ans aux Chantiers Navals de Saint-Nazaire.

Le chantier ressemble à une sorte de Lego géant où l’on assemble des blocs qui sont des morceaux de paquebot. Les panneaux qui vont faire les blocs sont très grands et il faut y souder les tuyaux dans les trous prévus. Je soude les tubes et quand j’ai fini mon travail, la grue se saisit du bloc entier et le pose sur le bateau Et ainsi de suite. Après, quand les panneaux sont installés, je monte raccorder leurs tuyaux.

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Les dernières nouvelles de la Compagnie – octobre 2023

Nouveaux récits, avec le travail militant de deux personnes à Saint-Nazaire, nos lectures du mois…

Est-ce un travail que de militer ? La réponse est oui à la lecture du récit d’Enoch : Hébergement solidaire, un bénévolat à plein temps. « … c’est dans la dynamique de cette lutte que s’est formé le « Collectif urgence sociale ». Rapidement, après la création de ce collectif, s’est imposée l’idée d’occuper deux maisons propriétés de la ville de Saint-Nazaire pour loger ceux qui en avaient besoin. Ces maison étaient abandonnées depuis des années et ne faisaient l’objet d’aucun projet immobilier. C’est ainsi que l’occupation et la création des Maison d’Hébergement Solidaire ont eu lieu. » … « Il fallait trouver la façon dont on pourrait assurer l’alimentation, la fourniture des produits d’hygiène, de ménage »… « Dans le même temps, le collectif menait les chantiers de rénovation : isolation, enduits, cloisonnement, pose de menuiserie, fabrication d’escaliers. Personnellement, en tant que technicien du bâtiment, je suis assez polyvalent. Je me suis donc joint aux habitants des maisons pour réaliser les travaux » … « Cette forme de militantisme n’est pas une occupation qu’on fait à côté. C’est un travail qui prend tout le temps, parfois soixante heures par semaine et qui ne fonctionne pas sur le modèle de l’emploi salarié. Il n’y a pas de rapports de subordination entre les membres du collectif. » … « Pour vivre, je touche l’ « Allocation de solidarité spécifique », qui est l’équivalent d’un RSA.  Mais, maintenant que l’opération « maison d’hébergement solidaire » est finie, que les personnes sont à l’abri et que, pour l’instant, le dossier urgence est clos, je vais reprendre une activité salariée.« 

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L’évaluation ergologique. Ce que les chiffres ne montrent pas

Un ouvrage d’Ingrid Dromard.

Une note de lecture proposée par Serge, où l’on retrouve les questions de l’invisibilité du travail réel pour l’organisation et de la vanité de la gouvernance par les nombres. Questions qui traversent le récit de Virginie, agent d’accueil dans une CPAM, le « terrain » de recherche de l’autrice du livre.

Octarès éditions – 26€

Développée sous l’instigation du philosophe Yves Schwartz, la démarche ergologique  se fonde sur un dialogue et une confrontation heuristique entre des savoirs  hétérogènes mais néanmoins commensurables : des savoirs « institués » (académiques) d’un côté ; des savoirs d’expérience, « investis » dans les situations de  travail de l’autre. L’évaluation dite ergologique au cœur de cet ouvrage se réfère à  cette démarche pour montrer ce qui dans l’activité de travailleurs au sein d’une  Caisse d’Allocations Familiales est irréductible aux objectifs chiffrés et aux critères  de la commande publique. C’est sur ce terrain institutionnel que l’autrice a mené une  recherche doctorale dont cet ouvrage est le prolongement. Cette évaluation qualitative se veut complémentaire des évaluations quantitatives ayant cours habituellement  dans les organisations de travail.

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Rechercher un emploi : une contrainte douloureuse et blessante

Pierre, chômeur et militant

On voit les grandes entreprises, mais pas les sous-traitants qui représentent un part énorme de leurs emplois

Avant d’être éducateur spécialisé en contrat à durée indéterminée, puis d’affronter de graves  soucis de santé qui ont abouti à un licenciement pour inaptitude, j’avais connu des périodes de chômage parfois très longues, très éprouvantes, entrecoupées de petits contrats d’animateur socio-culturel et de périodes où j’exerçais en tant que remplaçant. Mon état de santé s’étant aggravé, je bénéficie aujourd’hui d’une pension d’invalidité. Heureusement, les soins que j’ai suivis me permettent de mener maintenant une activité de militant à l’union locale du syndicat et d’accepter un statut qui fait que je ne suis ni à la recherche d’emploi ni salarié. Revenir au chômage, c’est quelque chose qui me fait très peur. 

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Pouvoir faire un beau travail – Une revendication professionnelle

Un livre de Jean-Philippe Bouilloud

Editions Érès, 2023, 161 p, 20 €

Quel professionnel n’a pas été, au terme d’une semaine d’activités, traversé par des sentiments opposés. Pour certains, c’est la satisfaction d’avoir pu les réaliser conformément à l’idéal du métier. En revanche, pour d’autres, ce qui domine c’est l’amertume d’avoir dû sacrifier la qualité sous la pression d’une hiérarchie attachée à des procédures obsolètes ou d’actionnaires privilégiant la rentabilité. Pour Jean-Philippe Bouilloud, la crise de sens qui se manifeste par des démissions
mais aussi par un « exil intérieur » (Jaccard, 2010) trouve ses racines les plus profondes dans l’érosion de l’esthétique du travail (p. 8).

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Le monde des bureaux -Rencontre littéraire avec les employés aux écritures, ces héros minuscules, invisibles et transparents.

Un livre de Dominique Massoni, lu par Martine, toutes deux membres de la Compagnie Pourquoi se lever le matin !

Ed l’Harmattan – 19€

L’auteur, Dominique Massoni, est diplômée de littérature comparée mais aussi de sociologie du travail et d’ergonomie, elle tient les deux bouts c’est évident ! Munie de tels diplômes et expériences professionnelles, il est clair qu’elle ne pouvait qu’écrire cet ouvrage de recherche.
Dans ce petit livre, à vocation universitaire, Dominique Massoni analyse en parallèle trois romans, Tous les noms, du Portugais José Saramago, Bartleby, d’Herman Melville et Le manteau de Nicolas Gogol. Mais elle fait aussi référence à un nombre impressionnant d’autres livres et auteurs, qu’ils soient romanciers ou sociologues, récents, ou du siècle passé (sept pages de bibliographie, une somme qu’elle a analysée et qu’elle utilise dans son ouvrage : de Balzac à Pérec, d’Arendt à Deleuze et même la Bible).

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