Du télétravail des maîtresses au bricolage de grand-mère

Roxane, enseignante retraitée

Texte de Roxane, le 17 juin 2020

C’est à la veille du déconfinement, le 10 mai, que je suis partie en Bourgogne munie de moult dérogations et pièces  d’identité pour aller chercher mes deux petits enfants. J’allais  vivre avec eux une quinzaine de jours, pour permettre à leur parent de travailler. 

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Il y a télétravail et télétravail

Frédéric, responsable marketing dans une société informatique

Parole du 6 mai 2020, mise en texte avec Roxane

Avant le 17 mars, au début de l’épidémie, ceux qui avaient des enfants pouvaient rester à la maison et les autres travailler sur place. Mais à partir du 17 mars, jour du confinement les bureaux ont été fermés et tout le monde a dû s’installer à la maison.

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PS – Le vrai rythme, on le prendra en septembre

Joumana, directrice d’une entreprise d’insertion, l’association les Potagers du Garon.

Post-scriptum du 18 juin 2020, au texte du 6 avril – J’ai une folle envie que ça finisse – mis en texte avec Martine

Le début était un peu nouveau. On a commencé par notre réunion hebdomadaire du mardi après-midi, pour justement parler de l’impact du confinement, comment on voit les choses, comment ça s’est passé et pour recréer un peu de lien. C’est une très bonne chose ça permet une reprise en douceur, de ne pas se plonger directement dans les dossiers. La salle est grande, on est loin les uns des autres pour respecter les  gestes barrière  On a eu aussi une séance d’analyse de la pratique qui a porté sur le confinement. Et on a organisé deux recrutements.

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PS – La consultation téléphonique : solution exceptionnelle à une situation exceptionnelle

Guy, médecin du travail en Ile-de-France

Post scriptum au texte du 6 juin, de la gestion des contradictions dans un monde qui n’aime pas l’incertitude mis en texte avec Christine

Le 11 mai, avec la levée du confinement, j’ai été très content de reprendre des activités en présentiel, visites médicales au cabinet et visites des locaux. Ce contact humain est absolument fondamental. Nous parlions souvent des téléconsultations avec mes confrères, avant la crise. Ça peut être utile en cas de déserts médicaux, ou dans des situations particulières où le médecin du travail n’est plus là et où le confrère qui prend le relais est à deux-cents kilomètres.

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PS – “On nous a expliqué qu’on devait être dans l’école de la bienveillance”

Anne, professeur dans un lycée professionnel de Seine St Denis

Post scriptum du 29 juin 2020, au texte du 11 avril, depuis le confinement je travaille beaucoup plus, mis en texte avec Jacques

Il y a eu plusieurs projets de plans de déconfinement à l’Éducation Nationale. Moi, j’étais d’accord pour reprendre si les barrières sanitaires étaient respectées et qu’on nous donnait des moyens. Très vite, le  lycée a essayé de recenser les lycéens qui seraient d’accord pour revenir. Finalement, on a décidé de ne faire revenir que ceux qui risquaient de ne pas avoir leur examen pour les booster un peu pour le rattrapage de début juillet. On a aussi cherché à rattraper les lycéens en difficulté pour les sortir de chez eux et leur expliquer par exemple les gestes barrière.

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PS – « Les concours à distance m’ont permis de m’adapter à de nouvelles conditions »

Antoine, étudiant en classe préparatoire aux beaux-arts

Post scriptum du 27 juin 2020, au texte du 16 avril, le confinement c’est du pain béni, mis en texte avec Jacques

J’ai eu tous mes résultats de concours. J’ai été reçu à Brest, Lorient, Quimper, Rennes, Montpellier, Lyon, Nice et Mulhouse. Je n’ai pas eu Cergy-Pontoise et Strasbourg. Pas grave. Pour Berlin j’ai fait une erreur administrative et ils n’ont même pas examiné mon dossier. Finalement je ne regrette pas.

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Jouer à la bataille navale à distance avec des enfants malvoyants

Tiphaine, psychomotricienne et instructrice de locomotion

Parole du 16 avril 2020, mise en texte avec Martine et Christine

Pendant les grèves des transports en décembre – janvier, je pouvais marcher jusqu’à 1h30 pour me rendre d’une école à une autre. Avec le Covid, on a enchaîné sur une autre galère ! Je suis psychomotricienne et instructrice de locomotion dans une équipe pluridisciplinaire où nous suivons 70 enfants de zéro à vingt ans, en nous déplaçant sur leurs lieux de vie, crèche et établissements scolaires, parfois à domicile.

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Vous avez dit “télétravail” ? Racontons-le ensemble !

La crise sanitaire a conduit bon nombre de travailleurs à se lancer dans le travail à distance. Quelques-uns l’avaient déjà expérimenté, rarement à plein temps. Pour d’autres, c’est une première expérience, plus ou moins volontaire, plus ou moins improvisée. Ils ont dû composer avec les autres occupants du logement, s’organiser avec les collègues, la hiérarchie, les clients, les usagers, les administrés, les élèves … 

Et vous que vous a-t-on demandé de faire ou ne pas faire ? Quelle aide vous a-t-on apportée … ou pas ? Quelles ont été les surprises, bonnes … et moins bonnes ? Comment vous en êtes-vous débrouillé, qu’avez-vous inventé, qu’y avez-vous perdu … gagné ? 

Alors que ceux qui le peuvent sont invités à continuer leur travail à distance, la Compagnie Pourquoi se lever le matin ! propose d’écrire ensemble, de l’intérieur, comment s’est passée et se poursuit cette organisation différente. Notre objectif : que le point de vue du travail soit bien présent dans les débats de société sur le télétravail.  Contactez-nous !

Travail à distance imposé par la crise sanitaire : un drôle de bricolage…

10 juin 20202 – Quelques pistes de réflexion issues de l’analyse des textes publiés par la Compagnie depuis le début du confinement

La crise sanitaire a imposé une organisation du travail qui demande à beaucoup de salariés de participer à distance à une tâche plus ou moins collective. Certains, en particulier parmi les cadres, avaient déjà expérimenté cette forme de travail. Les nécessités du confinement en ont généralisé la pratique. 

Au sein de la Compagnie Pourquoi se lever le matin !, et à partir de textes que nous avons publiés dans le dossier crise sanitaire, nous avons pointé quelques axes de réflexion:

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D’habitude, tous les quatre jours on prépare notre valise

Alice, musicienne dans le groupe des Ogres de Barback

Parole du 22 mai, mise en texte par Martine 

Il y a plein de manières d’être musicienne, moi je fais essentiellement des concerts comme violoncelliste, contrebassiste et tromboniste, ce sont mes trois instruments principaux. Je fais partie du groupe des Ogres de Barback, depuis le début, il y a plus de vingt ans. Pour l’instant on a annulé une trentaine de concerts, et on va encore en annuler d’autres.

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Les enfants ont appris le télé-théâtre

Malvina, animatrice d’ateliers d’art vivant

Parole du 14 avril 2020, mise en texte avec Olivier et Christine, Post-Scriptum du 29 mai

Je suis animatrice d’ateliers d’art vivant, de théâtre, avec un statut d’autoentrepreneur. J’ai commencé l’année dernière et je travaille avec des associations. Je suis partie de quatre élèves, j’en ai actuellement soixante-dix.  Bref, je donne des cours de théâtre : seize heures par semaine, sans compter la préparation. Parfois j’ai en plus des ateliers de quatre heures pour les adultes.

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Les journalistes prennent des risques pour informer

Guillaume, responsable du web d’un magazine

Parole du 8 avril 2020, mise en texte avec Christine

La presse parle beaucoup des soignants, des caissiers, des routiers. Il faut le faire. Mais je trouve que l’on parle assez peu des journalistes. Or quand on sort de bonnes informations, c’est grâce à leur travail. Ils prennent des risques pour informer. Des collègues sont allés dans les hôpitaux et en sont ressortis malades. Certains ont été hospitalisés alors que ça allait mieux. Psychologiquement, c’est lourd pour tout le monde. Des journalistes se sont mis en retrait, ils ont des proches atteints de maladies chroniques ou s’occupent de leurs enfants. Ils font du travail de desk chez eux. D’autres continuent à aller sur le terrain, avec leurs cartes de presse. Certains restent dans la rue mais beaucoup rentrent dans les bâtiments. Il y en a qui sont sur-actifs, comme des malades à peine guéris du Covid qui veulent revenir tout de suite au travail. 

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“Cette situation de télétravail massif modifie les représentations”

Blaise, conseiller RH dans les assurances

Parole du 21 avril 2020, mise en texte avec Jacques

Dans la période actuelle du confinement, le télétravail  a été imposé comme la solution de l’entreprise pour gérer la continuité de  son activité. Aucun salarié n’est au chômage partiel,  sauf ceux qui doivent  garder des enfants ou aider à domicile une personne dépendante. Actuellement 95 % des salariés sont en télétravail. Il s’agit donc d’un télétravail à 100 %, sans retour sur site. Ca change complètement les règles du jeu. Mais, comme nous avons une pratique du télétravail intensif – plusieurs jours par semaine – depuis une dizaine d’années, l’entreprise a pu rapidement fournir les outils qui conviennent et donner les bonnes consignes.

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J’ai une folle envie que ça finisse

Joumana, directrice d’une entreprise d’insertion, l’association les Potagers du Garon.

Parole du 6 avril 2020, mise en texte avec Martine

La première semaine après le 16 mars, j’ai distribué beaucoup de papiers, des attestations de déplacement, des consignes sanitaires à respecter durant le travail. Je répétais ça, en continu. Maintenant j’y vais pour voir les équipes et redonner les consignes, pour être sûre que c’est respecté. C’était assez chargé, je me suis rendue trois demi-journées sur le terrain voir les deux équipes d’ouvriers qui interviennent aux Potagers, distribuer les fiches de salaire, leur expliquer comment s’actualiser à pôle emploi, un peu tout ce que Cécile fait d’habitude.  Maintenant, elle les appelle. Je fais le lien entre mes collègues et les maraîchers.

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Décoder le covid, en l’Etat…

Aymeril, expert en numérique, en mission pour l’Etat

Parole d’avril 2020, mise en texte avec Vanessa

Avant le confinement, j’accompagnais des entrepreneurs. Je fais du conseil en stratégie d’entreprises et du coaching de dirigeants. Au tout début du confinement, j’étais « tranquille ». Comme je travaille de chez moi, Je n’étais pas impacté particulièrement par les mesures. Cependant, face à ce constat d’effondrement et de crise sanitaire, je me suis demandé ce que je pouvais faire.

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“Le confinement c’est du pain béni”

Antoine, étudiant en classe préparatoire aux Beaux-arts

Parole du 16 avril 2020, mise en texte avec Jacques

Je suis étudiant en école d’art. Je suis dans une classe prépa qui dépend du ministère de la Culture. D’autres prépas dépendent du ministère de l’Education Nationale et d’autres encore sont privées. La prépa ne dure qu’une petite année car les concours ont lieu en mars, avril, mai. Je prépare les concours de plusieurs écoles des Beaux-arts.  Alors que dans les prépas de l’éducation nationale on passe un seul concours qui permet d’entrer dans plusieurs écoles, moi, je me présente aux écoles des Beaux-arts de Berlin, Bretagne (Rennes, Lorient, Quimper et Brest), Montpellier, Strasbourg, Nice et Cergy-Pontoise. Il faut que je m’inscrive au concours de chacune de ces écoles. 

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Inventer d’autres modalités de restitution et d’évaluation

Sophie, enseignante vacataire à l’Université

Parole du 11 avril 2020, mise en texte avec Christine

J’assure des enseignements en premier cycle de géographie dans une petite université. Avec les étudiants de deuxième année, je suis en charge d’un « atelier de mise en situation ». Je leur apprends à travailler sur un projet d’aménagement en partant d’un cas concret : un projet de restauration qui vise à redonner un cours plus naturel au Rhône. Suite à une visite sur le terrain et la rencontre d’acteurs du projet, ils doivent travailler par groupes, chaque groupe traitant d’un thème : biodiversité, risques d’inondation, débits du fleuve et usages de l’eau, déplacements des sédiments, aménagements pour les loisirs. Cette année les 30 étudiants inscrits se sont répartis en 5 groupes de six.

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“Depuis le confinement, je travaille beaucoup plus”

Anne, prof dans un lycée du 93

Parole du 11 avril 2020, mise en texte avec Jacques

Je suis enseignante dans un lycée professionnel du 93. C’est un lycée polyvalent de 600 élèves : 400 pour le lycée pro, 200 pour le lycée général. Les profs de lycée pro sont obligatoirement bivalents. Moi, je suis prof de français et d’anglais. Dans les faits je n’enseigne plus que l’anglais. J’ai des élèves de CAP : 2 classes, et de bac pro : 6 classes. Depuis le début du confinement je travaille beaucoup plus … je n’ai pas le temps d’aller aux fraises !

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