Le covid et son confinement, faut pas croire que c’est les vacances

Philou, ambulancier

 Parole du 14 avril 2020, mise en texte avec Roxane

 Je suis ambulancier dans  une entreprise privée en  milieu rural.  Les commanditaires des courses sont les hôpitaux, les cliniques et le SAMU qui nous demande de transporter les malades aux urgences. Quand bien même nous sommes une entreprise privée,  nous travaillons  pour le SAMU. J’ai des clients réguliers comme ceux que j’emmène en dialyse plusieurs fois par semaine. Quand j’arrive chez les patients, les particuliers,  je fais un petit bilan de ce qui ne va pas, on prend les constantes, comme on dit. Puis je  rappelle «la régule» du  SAMU qui  nous oriente vers des lieux de soins tels hôpital ou clinique. Je vais chercher aussi des patients à l’hôpital pour les ramener à leur domicile.

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J’ai une folle envie que ça finisse

Joumana, directrice d’une entreprise d’insertion, l’association les Potagers du Garon.

Parole du 6 avril 2020, mise en texte avec Martine

La première semaine après le 16 mars, j’ai distribué beaucoup de papiers, des attestations de déplacement, des consignes sanitaires à respecter durant le travail. Je répétais ça, en continu. Maintenant j’y vais pour voir les équipes et redonner les consignes, pour être sûre que c’est respecté. C’était assez chargé, je me suis rendue trois demi-journées sur le terrain voir les deux équipes d’ouvriers qui interviennent aux Potagers, distribuer les fiches de salaire, leur expliquer comment s’actualiser à pôle emploi, un peu tout ce que Cécile fait d’habitude.  Maintenant, elle les appelle. Je fais le lien entre mes collègues et les maraîchers.

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Décoder le covid, en l’Etat…

Aymeril, expert en numérique, en mission pour l’Etat

Parole d’avril 2020, mise en texte avec Vanessa

Avant le confinement, j’accompagnais des entrepreneurs. Je fais du conseil en stratégie d’entreprises et du coaching de dirigeants. Au tout début du confinement, j’étais « tranquille ». Comme je travaille de chez moi, Je n’étais pas impacté particulièrement par les mesures. Cependant, face à ce constat d’effondrement et de crise sanitaire, je me suis demandé ce que je pouvais faire.

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Comme si je laissais le virus derrière moi

Sandra employée dans la grande distribution et déléguée syndicale.

Parole du 15 avril 2020, mise en texte avec Pascal

Je suis employée de commerce chez Carrefour Market depuis 20 ans. Dans la grande distribution nous sommes toutes et tous employés de commerce, sauf pour certains métiers comme les bouchers. Sur les fiches de paie, ce n’est plus stipulé « hôtesse de caisse ». La polyactivité est inscrite dans les nouveaux contrats, c’est-à-dire qu’un salarié peut être affecté à différents postes dans sa journée. 

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Le matin ça fait bizarre de ne plus se serrer la main

Hamza, technicien en signalisation tramway

Parole du 10 avril 2020, mise en texte avec Martine

Personne ne sait vraiment ce que je fais, c’est difficile à expliquer. Quand je dis technicien en signalisation tramway, ça ne parle pas. C’est quoi ?  Les panneaux ?  Les feux ? Même pour moi, avant, il y avait forcément quelques personnes dans un bureau quelque part qui regardaient comment ça se passait. Quand j’ai fini mon travail et que je vais acheter une baguette avant de rentrer, on me demande ce que je fais comme boulot parce que je suis encore en tenue de travail, je leur dis que je travaille dans les transports en commun et ça ne surprend personne que l’on travaille encore.

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“Le confinement c’est du pain béni”

Antoine, étudiant en classe préparatoire aux Beaux-arts

Parole du 16 avril 2020, mise en texte avec Jacques

Je suis étudiant en école d’art. Je suis dans une classe prépa qui dépend du ministère de la Culture. D’autres prépas dépendent du ministère de l’Education Nationale et d’autres encore sont privées. La prépa ne dure qu’une petite année car les concours ont lieu en mars, avril, mai. Je prépare les concours de plusieurs écoles des Beaux-arts.  Alors que dans les prépas de l’éducation nationale on passe un seul concours qui permet d’entrer dans plusieurs écoles, moi, je me présente aux écoles des Beaux-arts de Berlin, Bretagne (Rennes, Lorient, Quimper et Brest), Montpellier, Strasbourg, Nice et Cergy-Pontoise. Il faut que je m’inscrive au concours de chacune de ces écoles. 

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Inventer d’autres modalités de restitution et d’évaluation

Sophie, enseignante vacataire à l’Université

Parole du 11 avril 2020, mise en texte avec Christine

J’assure des enseignements en premier cycle de géographie dans une petite université. Avec les étudiants de deuxième année, je suis en charge d’un « atelier de mise en situation ». Je leur apprends à travailler sur un projet d’aménagement en partant d’un cas concret : un projet de restauration qui vise à redonner un cours plus naturel au Rhône. Suite à une visite sur le terrain et la rencontre d’acteurs du projet, ils doivent travailler par groupes, chaque groupe traitant d’un thème : biodiversité, risques d’inondation, débits du fleuve et usages de l’eau, déplacements des sédiments, aménagements pour les loisirs. Cette année les 30 étudiants inscrits se sont répartis en 5 groupes de six.

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“Depuis le confinement, je travaille beaucoup plus”

Anne, prof dans un lycée du 93

Parole du 11 avril 2020, mise en texte avec Jacques

Je suis enseignante dans un lycée professionnel du 93. C’est un lycée polyvalent de 600 élèves : 400 pour le lycée pro, 200 pour le lycée général. Les profs de lycée pro sont obligatoirement bivalents. Moi, je suis prof de français et d’anglais. Dans les faits je n’enseigne plus que l’anglais. J’ai des élèves de CAP : 2 classes, et de bac pro : 6 classes. Depuis le début du confinement je travaille beaucoup plus … je n’ai pas le temps d’aller aux fraises !

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Au pays des bisounours ?

Arielle, sage-femme hospitalière

Parole du 8 avril 2020, mise en texte avec Christine, Post Scriptum du 21 avril

A Thiers nous avons cinq-cents naissances par an, alors que la plupart des maternités en font entre deux et trois-mille. Ici, c’est donc particulier. Pour le Covid par exemple, les visites sont interdites, mais la direction du service a décidé que les pères peuvent être là avant, pendant et après la naissance. Dans certaines maternités le père ne peut venir que lorsque le travail est vraiment démarré et doit repartir après la naissance. Chez nous, cette mesure est réservée aux femmes suspectes de Covid. Il n’y en a pas eu pour le moment.

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“J’ai curieusement l’impression que les bébés comprennent la situation…”

Pauline, puéricultrice dans un CHU

Parole du 12 avril 2020, mise en texte avec Jacques

Je suis infirmière puéricultrice dans le  service de pédiatrie d’un CHU. Après avoir longtemps travaillé de nuit, je travaille de jour. Depuis le début de la crise sanitaire, toutes les interventions chirurgicales non urgentes ayant  été reportées, nous avons un peu moins d’enfants hospitalisés que d’habitude, sans que la situation globale n’ait vraiment changé. Nous avons toujours des enfants avec des pathologies lourdes.

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Bas les masques

Nanon, magasinière et cariste dans une usine de fabrication de moteurs électriques

Parole de mars 2020, mise en texte avec Roxane

 Je suis magasinière cariste. Quand je ne suis pas  sur le chariot élévateur, je suis devant mon ordi ou au téléphone. Je m’occupe des stocks des fournitures qui arrivent, et des commandes qui partent.  Dans mon usine, dans un petit village,  on fabrique des moteurs électriques. Nous sommes 3 sur ce poste …  et sur 4 m². 

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