De la gestion des contradictions dans un monde qui n’aime pas l’incertitude

Guy, médecin du travail local en Ile-de-France et référent auprès de la cellule de crise nationale de son entreprise

Parole du 6 juin 2020, mise en texte avec Christine

En Ile-de-France, on a été en plein dans la crise sanitaire, et on y est encore. Depuis le début de la crise je travaille à mon bureau de Noisy-le-Grand. Je suis un des rares salariés qui n’ait pas été confiné. Avec tous les dossiers de mes agents, et une connexion de qualité, j’y suis beaucoup plus opérationnel que chez moi. Bien sûr, mes conditions de transport et de travail me le permettent, en respectant les règles sanitaires de base que l’on connaît tous maintenant. J’arrive de bonne heure à mon cabinet médical. Je prépare mes consultations. Elles débutent à huit heures, avec les agents qui ont demandé un contact téléphonique avec moi. Depuis le 13 mai, je prends en consultation téléphonique essentiellement les sujets à risque, qui doivent rester confinés. Ce serait quand même un comble qu’ils s’exposent au virus en venant me voir !

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Je propose des vélos de fonction aux salariés

Quentin, réparateur de vélos

Paroles du 15 mai 2020, mises en texte avec Martine

Mon bureau est dans un coin de l’atelier, où six à huit mécaniciens travaillent à temps plein sur 450 m². On a une grosse organisation qui est assez unique. L’atelier est fermé au public. Ce sont les mécanos qui ont demandé. Avant ils étaient dans les magasins, les clients étaient à tourner autour d’eux, les mains dans le dos, à poser mille questions, l’efficacité n’était absolument pas là et leur métier, leur passion, c’est la mécanique vélo et pas la relation client. On peut expliquer ce qu’on va faire, comment on l’a fait, pourquoi, mais quand on travaille on travaille et la mécanique vélo est une activité aussi sérieuse que n’importe quelle autre activité. 

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D’habitude, tous les quatre jours on prépare notre valise

Alice, musicienne dans le groupe des Ogres de Barback

Parole du 22 mai, mise en texte par Martine 

Il y a plein de manières d’être musicienne, moi je fais essentiellement des concerts comme violoncelliste, contrebassiste et tromboniste, ce sont mes trois instruments principaux. Je fais partie du groupe des Ogres de Barback, depuis le début, il y a plus de vingt ans. Pour l’instant on a annulé une trentaine de concerts, et on va encore en annuler d’autres.

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Première expérience du travail salarié, pendant la crise sanitaire

Lusi 19 ans, étudiante et assistante en préparation de commandes

Parole du 8 mai 2020, mise en texte avec Pascal

Je suis assistante en préparation dans un supermarché alimentaire qui vend exclusivement par internet. Les gens font leurs courses en ligne et sont livrés une à deux heures plus tard. C’est une start-up, donc tout le monde se tutoie et s’appelle par son prénom. 

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Les enfants ont appris le télé-théâtre

Malvina, animatrice d’ateliers d’art vivant

Parole du 14 avril 2020, mise en texte avec Olivier et Christine, Post-Scriptum du 29 mai

Je suis animatrice d’ateliers d’art vivant, de théâtre, avec un statut d’autoentrepreneur. J’ai commencé l’année dernière et je travaille avec des associations. Je suis partie de quatre élèves, j’en ai actuellement soixante-dix.  Bref, je donne des cours de théâtre : seize heures par semaine, sans compter la préparation. Parfois j’ai en plus des ateliers de quatre heures pour les adultes.

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Covid ou pas, tout le monde attend son facteur

Pierre, Facteur en zone rurale

Parole du 21 avril 2020, mise en texte avec Christine

Depuis le temps que je fais cette tournée, je connais la vie privée des gens. Parce que le courrier, ça parle. Quand ils sont abonnés au Point ou au Monde Diplomatique, je me doute bien qu’ils ont des opinions politiques différentes. Avec l’habitude, je reconnais les enveloppes, par exemple celles des examens médicaux. Une enveloppe, c’est une prise de sang. Plusieurs dans le mois, c’est qu’il y a des problèmes de santé. Il y en a qui m’en parlent. Le facteur c’est un peu comme le médecin. Avec lui, les gens se lâchent. Parfois, je trouve que c’est même trop. Cela ne me gêne pas dans la mesure où je garde tout pour moi. J’ai prêté serment quand je suis rentré à la poste, et je fais très attention. Sinon, je pourrais colporter un tas de conneries sur les gens, les voisins, le maire. Surtout ici, à la campagne. On me le donne, je le prends.  Et j’essaye de ne pas afficher mes opinions.

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Un client m’a demandé un grand vin pour sa « douce »

Joëlle, Sommelière-Caviste

Parole du 16 avril 2020, mise en texte avec Christine

Mardi 24 mars, j’ai écrit en gros sur la vitrine : « Nous sommes ouverts de 10h à 12h30 et de 15h à 18h. Une seule personne dans la boutique. Prenons soin les uns des autres ». Le patron avait fermé les deux boutiques de l’entreprise le 17 mars et il nous avait tous mis en arrêt. Mais les cavistes se sont retrouvés dans la liste des commerces essentiels. Si nous restions fermés, nous n’avions pas droit au chômage partiel. Donc, on a rouvert, et je me suis portée volontaire pour tenir la boutique de Grenoble quand le boss m’a appelée. Célibataire, sans enfant, je me suis dit qu’il y aurait moins de conséquences si j’étais exposée.

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C’est peut être le moment pour recréer du lien social, de s’ouvrir à la culture, de se réapproprier un espace, de redécouvrir ses proches…

Raoul, employé dans un magasin d’alimentation bio

Parole du 23 avril 2020, mise en texte avec Olivier

Moi ça fait une dizaine d’année que je travaille chez Satoriz, c’est un magasin d’alimentation biologique. Au début j’ai travaillé au développement, à la mise en place de nouveaux magasins en tant qu’ouvrier du bâtiment. Et puis je n’arrivais plus à travailler dans le bâtiment, les déplacements, mon collègue parti à la retraite… Je me suis senti comme un orphelin, désemparé. J’ai bien essayé de continuer, mais je n’avais plus plus la patate. Je suis donc allé voir mon responsable, je lui ai expliqué . On a réfléchi ensemble à ce que je pouvais faire et on a trouvé une solution ; 16 heures au magasin et le reste du temps avec le service de traiteur.

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Les journalistes prennent des risques pour informer

Guillaume, responsable du web d’un magazine

Parole du 8 avril 2020, mise en texte avec Christine

La presse parle beaucoup des soignants, des caissiers, des routiers. Il faut le faire. Mais je trouve que l’on parle assez peu des journalistes. Or quand on sort de bonnes informations, c’est grâce à leur travail. Ils prennent des risques pour informer. Des collègues sont allés dans les hôpitaux et en sont ressortis malades. Certains ont été hospitalisés alors que ça allait mieux. Psychologiquement, c’est lourd pour tout le monde. Des journalistes se sont mis en retrait, ils ont des proches atteints de maladies chroniques ou s’occupent de leurs enfants. Ils font du travail de desk chez eux. D’autres continuent à aller sur le terrain, avec leurs cartes de presse. Certains restent dans la rue mais beaucoup rentrent dans les bâtiments. Il y en a qui sont sur-actifs, comme des malades à peine guéris du Covid qui veulent revenir tout de suite au travail. 

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“J’aime les gens, j’aime m’occuper des humains … avec le Covid c’est top”

Hélène, auxiliaire de vie sociale

Parole du 10 avril 2020, mise en texte avec Roxane

Je suis auxiliaire de vie sociale. Je permets, avec toutes mes collègues, le maintien à domicile des personnes âgées, parfois des jeunes, handicapées ou malades dépendantes. Je suis missionnée par des plannings  savants, très mouvants, pour des tâches du quotidien. Chacun·e doit s’adapter. Le personnel c’est surtout des femmes.  Je vais chez des personnes du lever jusqu’au coucher, je les accompagne aussi dans les services sociaux pour les affaires administratives ou pour maintenir des liens avec les parents ou amis. J’ai des journées bien réglées.

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« Ah ça y est ! Il a chopé le virus ! »

Jean-Luc, monteur de clichés et secrétaire du CSE

Parole du 7 avril 2020, mise en texte avec Pascal

Depuis le début de la crise, la charge de travail a explosé. Dans le groupe DS Smith, nous fabriquons des emballages en carton, prêts pour la vente au détail, du carton ondulé imprimé pour emballer les marchandises de l’agroalimentaire, de la biscuiterie, des fruits & légumes et des présentoirs pour les magasins. Je suis monteur de clichés, je travaille dans une unité de pré impression sur une imprimeuse Flexographique six couleurs et vernis. Le cliché est monté sur un cylindre qui est ensuite posé sur la machine. La machine fait une trentaine de mètre de longueur sur quinze de haut.  On retrouve ce procédé dans l’impression de cartons ondulés, les bobines de papier peuvent être pré imprimées avant la fabrication du carton. Ce procédé permet à la fois rapidité et une excellente qualité graphique.

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Le confinement ? C’est la reprise de l’ancien travail.

Claude, bénévole dans une association

Parole du 19 avril 2020, mise en texte avec Roxane

Avec le confinement j’ai repris mon travail bénévole  auprès de France Alzheimer. Aujourd’hui le dispositif pour les aidants « Escale répit » mis en place par la communauté de communes et le Café Mémoire de France Alzheimer sont fermés. La responsable, une  infirmière débordée, qui travaille aussi dans un EPHAD, m’a demandé de prendre en charge onze familles. Depuis le 30 mars, je les appelle, confinement oblige, une fois par semaine, pour savoir comment cela se passe.

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“Cette situation de télétravail massif modifie les représentations”

Blaise, conseiller RH dans les assurances

Parole du 21 avril 2020, mise en texte avec Jacques

Dans la période actuelle du confinement, le télétravail  a été imposé comme la solution de l’entreprise pour gérer la continuité de  son activité. Aucun salarié n’est au chômage partiel,  sauf ceux qui doivent  garder des enfants ou aider à domicile une personne dépendante. Actuellement 95 % des salariés sont en télétravail. Il s’agit donc d’un télétravail à 100 %, sans retour sur site. Ca change complètement les règles du jeu. Mais, comme nous avons une pratique du télétravail intensif – plusieurs jours par semaine – depuis une dizaine d’années, l’entreprise a pu rapidement fournir les outils qui conviennent et donner les bonnes consignes.

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Le covid et son confinement, faut pas croire que c’est les vacances

Philou, ambulancier

 Parole du 14 avril 2020, mise en texte avec Roxane

 Je suis ambulancier dans  une entreprise privée en  milieu rural.  Les commanditaires des courses sont les hôpitaux, les cliniques et le SAMU qui nous demande de transporter les malades aux urgences. Quand bien même nous sommes une entreprise privée,  nous travaillons  pour le SAMU. J’ai des clients réguliers comme ceux que j’emmène en dialyse plusieurs fois par semaine. Quand j’arrive chez les patients, les particuliers,  je fais un petit bilan de ce qui ne va pas, on prend les constantes, comme on dit. Puis je  rappelle «la régule» du  SAMU qui  nous oriente vers des lieux de soins tels hôpital ou clinique. Je vais chercher aussi des patients à l’hôpital pour les ramener à leur domicile.

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J’ai une folle envie que ça finisse

Joumana, directrice d’une entreprise d’insertion, l’association les Potagers du Garon.

Parole du 6 avril 2020, mise en texte avec Martine

La première semaine après le 16 mars, j’ai distribué beaucoup de papiers, des attestations de déplacement, des consignes sanitaires à respecter durant le travail. Je répétais ça, en continu. Maintenant j’y vais pour voir les équipes et redonner les consignes, pour être sûre que c’est respecté. C’était assez chargé, je me suis rendue trois demi-journées sur le terrain voir les deux équipes d’ouvriers qui interviennent aux Potagers, distribuer les fiches de salaire, leur expliquer comment s’actualiser à pôle emploi, un peu tout ce que Cécile fait d’habitude.  Maintenant, elle les appelle. Je fais le lien entre mes collègues et les maraîchers.

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Décoder le covid, en l’Etat…

Aymeril, expert en numérique, en mission pour l’Etat

Parole d’avril 2020, mise en texte avec Vanessa

Avant le confinement, j’accompagnais des entrepreneurs. Je fais du conseil en stratégie d’entreprises et du coaching de dirigeants. Au tout début du confinement, j’étais « tranquille ». Comme je travaille de chez moi, Je n’étais pas impacté particulièrement par les mesures. Cependant, face à ce constat d’effondrement et de crise sanitaire, je me suis demandé ce que je pouvais faire.

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Comme si je laissais le virus derrière moi

Sandra employée dans la grande distribution et déléguée syndicale.

Parole du 15 avril 2020, mise en texte avec Pascal

Je suis employée de commerce chez Carrefour Market depuis 20 ans. Dans la grande distribution nous sommes toutes et tous employés de commerce, sauf pour certains métiers comme les bouchers. Sur les fiches de paie, ce n’est plus stipulé « hôtesse de caisse ». La polyactivité est inscrite dans les nouveaux contrats, c’est-à-dire qu’un salarié peut être affecté à différents postes dans sa journée. 

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Le matin ça fait bizarre de ne plus se serrer la main

Hamza, technicien en signalisation tramway

Parole du 10 avril 2020, mise en texte avec Martine

Personne ne sait vraiment ce que je fais, c’est difficile à expliquer. Quand je dis technicien en signalisation tramway, ça ne parle pas. C’est quoi ?  Les panneaux ?  Les feux ? Même pour moi, avant, il y avait forcément quelques personnes dans un bureau quelque part qui regardaient comment ça se passait. Quand j’ai fini mon travail et que je vais acheter une baguette avant de rentrer, on me demande ce que je fais comme boulot parce que je suis encore en tenue de travail, je leur dis que je travaille dans les transports en commun et ça ne surprend personne que l’on travaille encore.

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“Le confinement c’est du pain béni”

Antoine, étudiant en classe préparatoire aux Beaux-arts

Parole du 16 avril 2020, mise en texte avec Jacques

Je suis étudiant en école d’art. Je suis dans une classe prépa qui dépend du ministère de la Culture. D’autres prépas dépendent du ministère de l’Education Nationale et d’autres encore sont privées. La prépa ne dure qu’une petite année car les concours ont lieu en mars, avril, mai. Je prépare les concours de plusieurs écoles des Beaux-arts.  Alors que dans les prépas de l’éducation nationale on passe un seul concours qui permet d’entrer dans plusieurs écoles, moi, je me présente aux écoles des Beaux-arts de Berlin, Bretagne (Rennes, Lorient, Quimper et Brest), Montpellier, Strasbourg, Nice et Cergy-Pontoise. Il faut que je m’inscrive au concours de chacune de ces écoles. 

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Inventer d’autres modalités de restitution et d’évaluation

Sophie, enseignante vacataire à l’Université

Parole du 11 avril 2020, mise en texte avec Christine

J’assure des enseignements en premier cycle de géographie dans une petite université. Avec les étudiants de deuxième année, je suis en charge d’un « atelier de mise en situation ». Je leur apprends à travailler sur un projet d’aménagement en partant d’un cas concret : un projet de restauration qui vise à redonner un cours plus naturel au Rhône. Suite à une visite sur le terrain et la rencontre d’acteurs du projet, ils doivent travailler par groupes, chaque groupe traitant d’un thème : biodiversité, risques d’inondation, débits du fleuve et usages de l’eau, déplacements des sédiments, aménagements pour les loisirs. Cette année les 30 étudiants inscrits se sont répartis en 5 groupes de six.

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“Depuis le confinement, je travaille beaucoup plus”

Anne, prof dans un lycée du 93

Parole du 11 avril 2020, mise en texte avec Jacques

Je suis enseignante dans un lycée professionnel du 93. C’est un lycée polyvalent de 600 élèves : 400 pour le lycée pro, 200 pour le lycée général. Les profs de lycée pro sont obligatoirement bivalents. Moi, je suis prof de français et d’anglais. Dans les faits je n’enseigne plus que l’anglais. J’ai des élèves de CAP : 2 classes, et de bac pro : 6 classes. Depuis le début du confinement je travaille beaucoup plus … je n’ai pas le temps d’aller aux fraises !

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Au pays des bisounours ?

Arielle, sage-femme hospitalière

Parole du 8 avril 2020, mise en texte avec Christine, Post Scriptum du 21 avril

A Thiers nous avons cinq-cents naissances par an, alors que la plupart des maternités en font entre deux et trois-mille. Ici, c’est donc particulier. Pour le Covid par exemple, les visites sont interdites, mais la direction du service a décidé que les pères peuvent être là avant, pendant et après la naissance. Dans certaines maternités le père ne peut venir que lorsque le travail est vraiment démarré et doit repartir après la naissance. Chez nous, cette mesure est réservée aux femmes suspectes de Covid. Il n’y en a pas eu pour le moment.

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“J’ai curieusement l’impression que les bébés comprennent la situation…”

Pauline, puéricultrice dans un CHU

Parole du 12 avril 2020, mise en texte avec Jacques

Je suis infirmière puéricultrice dans le  service de pédiatrie d’un CHU. Après avoir longtemps travaillé de nuit, je travaille de jour. Depuis le début de la crise sanitaire, toutes les interventions chirurgicales non urgentes ayant  été reportées, nous avons un peu moins d’enfants hospitalisés que d’habitude, sans que la situation globale n’ait vraiment changé. Nous avons toujours des enfants avec des pathologies lourdes.

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Bas les masques

Nanon, magasinière et cariste dans une usine de fabrication de moteurs électriques

Parole de mars 2020, mise en texte avec Roxane

 Je suis magasinière cariste. Quand je ne suis pas  sur le chariot élévateur, je suis devant mon ordi ou au téléphone. Je m’occupe des stocks des fournitures qui arrivent, et des commandes qui partent.  Dans mon usine, dans un petit village,  on fabrique des moteurs électriques. Nous sommes 3 sur ce poste …  et sur 4 m². 

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